Justin Trudeau s’impose partout

Questionnés à savoir si Justin Trudeau est prêt à diriger le gouvernement, 42 % des répondants ont dit oui.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Questionnés à savoir si Justin Trudeau est prêt à diriger le gouvernement, 42 % des répondants ont dit oui.

Difficile de dire s’il sera minoritaire ou majoritaire, mais le prochain gouvernement sera presque certainement libéral. À trois jours des élections, un nouveau sondage Léger confirme que Justin Trudeau termine cette longue campagne en pleine ascension. Et qu’il a toutes les raisons d’être confiant pour lundi.

Dans les faits, le chef libéral s’impose partout : intentions de vote au Canada et au Québec, meilleur premier ministre, parti qui incarne le plus le changement…

Le coup de sonde mené pour Le Devoir, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec accorde 38 % des intentions de vote aux libéraux de M. Trudeau, contre 30 % pour les conservateurs de Stephen Harper et 22 % pour les néodémocrates de Thomas Mulcair. Dans les trois dernières semaines, les libéraux ont volé sept points au NPD, alors que les conservateurs ont vu leurs appuis stagner.

La domination des libéraux se déploie un peu partout à travers le pays. Au Québec, d’abord, où les libéraux (31 %) disposent maintenant d’une avance de six points devant les néodémocrates. Le Bloc québécois se situe à 23 % (soit le même résultat qu’aux élections de 2011) et les conservateurs sont à 20 % — un vote principalement concentré dans la région de Québec.

Pour le NPD, il s’agit d’un recul spectaculaire dans la province responsable de la vague orange de 2011: le 2 septembre dernier, un sondage Léger accordait 46 % au parti de M. Mulcair, contre seulement 20 % pour les libéraux.

Mais prédire les résultats au Québec s’annonce ardu, et la carte électorale du Québec (78 sièges) pourrait ressembler à une pizza mardi matin. Raison ? Le vote francophone, déterminant dans une vaste majorité de circonscriptions, est actuellement parfaitement divisé entre libéraux (27 %), bloquistes (27 %) et néodémocrates (26 %). Les non francophones sont très majoritairement libéraux (51 %). Tout mis ensemble, « on peut parler d’une lutte à quatre », estime le sondeur Christian Bourque, vice-président de Léger.

Le PLC en Ontario

En enlevant le Québec des résultats nationaux, Léger crédite les libéraux d’un appui de 40 % dans le ROC, six points devant les conservateurs, et loin devant le NPD (21 %).

En Ontario (121 sièges), le PLC obtient 45 % des intentions de vote, devant les conservateurs (33 %) et le NPD (20 %). En Atlantique (32 sièges), le PLC pointe à 51 %, plusieurs longueurs devant le NPD (28 %) et les conservateurs (19 %).

La lutte est plus chaude en Colombie-Britannique (42 sièges), avec le PLC à 33 %, les conservateurs à 28 % et le NPD à 27 %. Le Parti vert d’Elizabeth May obtient 11 % dans cette province où elle a été élue en 2011. Les conservateurs maintiennent une avance de 20 points en Alberta (34 sièges), alors que les provinces des Prairies (28 sièges) sont plutôt pro-conservateurs (41 %, sept points devant les libéraux).

Selon Christian Bourque, trois scénarios sont envisageables pour lundi : un gouvernement libéral minoritaire ou majoritaire… et peut-être un gouvernement conservateur minoritaire, même si cette dernière hypothèse semble plus improbable. « Mais il y a une tendance lourde depuis le 14 août : une progression constante des libéraux », dit-il.

Les Canadiens se font d’ailleurs de plus en plus à l’idée d’un premier ministre Trudeau : 29 % des répondants du sondage pensent qu’il serait la meilleure personne pour occuper cette fonction, devant M. Harper (23 %) et M. Mulcair (19 %). 44 % des répondants pensent désormais que le Parti libéral formera le prochain gouvernement (16 points de plus qu’il y a une semaine), et 32 % pensent que c’est le parti qui incarne le plus le changement (une hausse de cinq points en une semaine).

Questionnés à savoir si M. Trudeau est prêt à diriger le gouvernement, 42 % des répondants ont dit oui. La même question au sujet de M. Mulcair lui donne 39 % d’approbation.

Ce sondage a été mené en ligne entre le 13 et le 16 octobre auprès de 2086 Canadiens, dont 996 au Québec. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 2,1 % dans 19 cas sur 20.

18 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 17 octobre 2015 07 h 36

    La sortie

    Elle est où, la sortie?

    • Robert Beauchamp - Abonné 17 octobre 2015 11 h 56

      Le parti libéral, le cas échéant, devra dire merci à beaucoup de journalistes du duo R.-C. / La Presse pour avoir constamment martelé des opinions négatives contre Harper depuis qu'il est au pouvoir. Observer le changement de vocabulaire, ils ne font plus référence à Justin Trudeau, ils font maintenant dans le «Monsieur Trudeau». Tout cela s'appelle
      «orienter l'opinion» de façon engagée. En effet où est la porte de sortie?

  • Maryse Veilleux - Abonnée 17 octobre 2015 08 h 03

    Bienvenue monsieur Trudeau!

    Ce climat politique autoritaire et dictateur du règne conservateur sera probablement bientôt du passé. Par contre que le NPD soit derrière les conservateurs comme intentions de vote est vraiment déplorable. Le chef a beau faire des erreurs, il faut quand même regarder l'ensemble de son idéologie. Monsieur Trudeau, bienvenue au pouvoir !!!! Par votre façon de faire et philosophie ces 10 dernières années depuis lesquelles nous avons honte d'être canadien. Je vous demande une réforme électorale pour que plus jamais un tel gouvernement ne puisse prendre le pouvoir.

    • Jacques Lamarche - Inscrit 17 octobre 2015 15 h 19

      Quelle honte, M. Bernier! Proposer une chartre visant l'égalité entre les sexes serait vouloir diviser la naton! Bien le contraire! Est-ce que la position de Trudeau et de Mulcair sur le niqab est là pour unir ou diviser? Qui divise qui? Quant à la peur de l'étranger, elle me semble de beaucoup moindre que celle que vous nourrissez envers les Québécois qui veulent leur propre pays! Le Québec est une des sociétés les plus tolérantes au monde, vantées par plus d'un, et elle le restera, souveraine ou pas!

      Bien triste de répandre de telles faussetés!

  • Gilles Gagné - Abonné 17 octobre 2015 08 h 13

    Il ne reste plus aucune raison pour certains souverainistes de voter npd, on va là où sont nos convictions politiques: le Québec et ses intérêts fondamentaux. C'est on ne peut plus clair.

    • Robert Bernier - Abonné 17 octobre 2015 09 h 24

      Si. J'en connais une de raison: la honte de voir que les souverainistes aient, encore une fois et comme dans le cas de la charte des valeurs, tablé sur la peur de l'autre. C'est sur le niqab que le Bloc s'est ressuscité. On se serait cru de retour à Hérouxville. Désolant.

      Robert Bernier
      Mirabel

    • Jean-Francois Forget - Inscrit 17 octobre 2015 09 h 40

      Isoler le Québec dans le repli collectif que propose le Bloc et sa vision de la souvraineté comme un geste de rejet du Canada ne fait aucun sens. À ce stade-ci du développement du prochain référendum, voter massivement pour un parti qui n'a aucune résonance à travers le Canada nuit plus qu'autre chose au prochain référendum. Le but fondamental du Bloc était de forcer le Canada à négocier un éventuel référendum où le Oui le remporterait et le NPD a clairement exprimé la volonté de faire respecter la décision de la cours suprême sur la clarté référendaire, donc au contraire du slogan du Bloc, collectivement on n'a rien à gagné à s'isoler derrière un parti qui n'influence en rien le vote du reste du Canada... D'ailleurs on pari combien qu'un gouvernement minoritaire Libéral va survivre avec l'appui du Bloc? Entre visage à deux faces on se reconnait... comment Justin Trudeau a appellé Duceppe au débat? ''mon amour''...

    • Gilles Théberge - Abonné 17 octobre 2015 10 h 04

      C'est la démonstration univoque que vous n'avez rien compris monsieur Bernier.

      Mélanger hérouxville et l'élection fédéfale comme vous le faites, c'est une malhonnêteté!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 octobre 2015 11 h 29

      Je voterai pour le Bloc Québécois.

      Finalement.

      Parce qu'il est désormais évident que même avec un vote massif des québécois, le NPD n'a aucune chance de former le prochain gouvernement.

      Parce que je n'aurai pas à me boucher le nez par crainte que ses appuis ne soient pas suffisants, ailleurs, pour battre Harper.

      Parce que le fait que des gens votent pour le BQ pour les mauvaises raisons évoquées par monsieur Bernier n'aura que peu d'incidence sur la façon dont les députés du BQ s'acquitteront de leur mandat, comme en témoigne en leur faveur toutes les années où ils ont été au parlement. Le racolage électoral pour capturer le vote anti-niqab n'est que tactique et non idéologique.

      Parce que les québécois n'ont aucun compte à rendre concernant la façon dont ils exercent les droits démocratiques dont ils jouissent tant qu'ils appartiennent à la fédération. Que le Bloc ne puisse aspirer à former un gouvernement ne soustrait rien à sa légitimité. Un député est un député est un député. Et c'est cela qu'on élit : des députés pour avoir part à la formation des lois pour lesquelles nous payons encore taxes et impôts. Faire cela, monsieur Forget, ce n'est pas « s'isoler » dans un geste de « rejet » hostile. C'est seulement une autre manière de se tenir debout. Présumez-en comme vous le revendiquez pour vous-même.

      Parce que je n'ai plus du tout à balancer entre la nécessité de battre Harper et mes convictions souverainistes, dont je ne me suis jamais caché, même si je ne les ai pas brandies comme une pancarte pour être sûr d'être vu sans avoir à regarder.

    • Sylvain Auclair - Abonné 17 octobre 2015 11 h 30

      Ça dépend des comtés. Chez moi, malheureusement, ni le NPD ni le Bloc ne peuvent l'emporter. Il ne reste qu'à voter libéral pour empêcher le conservateur (et ex-Parti égalité) de gagner.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 octobre 2015 11 h 48

      Je comprends donc que tout faux espoir est tombé finalement et nous revenons à la case départ où nos aspirations ne peuvent être protégées que par un représentant qui nous «représente». Les masques des aspirants sont tombés. Le 50+1 du NPD ne vaut pas plus que la reconnaissance de ma nation par Harper.

      P.S. Ceci est écrit par un nationaliste même pas sûr d’être indépendantiste. Mon idée n’est pas faite là non plus.
      Être nationaliste est suffisant pour voter Bloc.

      PL

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 17 octobre 2015 15 h 56

      Précision. Quand je disais

      « Parce que je n'aurai pas à me boucher le nez par crainte que ses appuis ne soient pas suffisants, ailleurs, pour battre Harper. »

      j'ai malencontreusement oublié de dire que je parlais de Trudeau et du PLC.

      Quant à dire que seuls les candidats du BQ nous représentent, je crois qu'il serait plus juste de dire que seuls les candiats du BQ s'engagent à ne représenter QUE les québécois. Le NPD ne faisait pas preuve de duplicité, comme on le suggère ici. Il se comportait comme un parti désireux de gouverner toute la fédération en conciliant des intérêts apparemment contradictoires. Peut-être ce pari était-il intenable. Peut-être le glissement progressif du vote vers le PLC en est-il la preuve, mais je laisserai à d'autres le délicat plaisir de dénoncer ceux qui jamais ne leur avait fait perdre leur bon sens, etc.

    • Robert Bernier - Abonné 17 octobre 2015 16 h 15

      @ Gilles Théberge

      Non, il n'y a pas malhonnêteté de ma part. Il y a bel et bien un lien entre Hérouxville et la présente élection fédérale. Le lien est que, dans les deux cas, on a cru bon de jouer sur la peur de l'autre et les sortes d'inquiétudes soulevées à Hérouxville pour tenter d'aller chercher le vote des souverainistes. En 2014, c'était Marois-Drainville et leur charte des valeurs. En 2015, c'est Duceppe et le niqab. Et c'est d'une tristesse!

      Les souverainistes auront à se questionner sur leur degré d'ouverture à l'autre s'ils aspirent encore à obtenir l'indépendance du Québec.

      Robert Bernier
      Mirabel

  • Jean Lapointe - Abonné 17 octobre 2015 08 h 26

    Il est plus important que jamais que de voter pour le Bloc

    « Le vote francophone, déterminant dans une vaste majorité de circonscriptions, est actuellement parfaitement divisé entre libéraux (27 %), bloquistes (27 %) et néodémocrates (26 %). » (Guillaume Bourgault-Côté)

    Si ces pourcentages sont conformes à la réalité actuelle, il est d'autant plus important que les Québécois soient plus nombreux à voter pour le Bloc pour empêcher au moins que le Parti libéral du Canada de Justin Trudeau soit majoritaire.

    C'est qu' il n'y a pas plus anti-Québec et anti-indépendance que les libéraux et si jamais Justin Trudeau était élu premier ministre du Canada, il faudrait un bon nombre de députés du Bloc pour défendre nos intérêts et pour défendre l'idée d'indépendance au sein du parlement d'Ottawa.

    Autrement nous risquerions de nous faire manger tout crus.

    Ce ne serait évidemment pas drôle de revoir entre autres Stéphane Dion comme ministre à Ottawa.

    Il ne faudrait quand même pas que les Québécois oublient le scandale des commandites et s'imaginent que ce serait différent avec le fils de l'autre qui nous a imposé une constitution que nous ne voulions pas au Québec et que nous ne voulons pas plus encore aujourd'hui à l' exception des libéraux de Couillard.

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 17 octobre 2015 10 h 37

    La prudence est de mise

    Le sondage de Léger comporte deux caveas: le premier, c'est le choix méthodologique d'utiliser des répondants provenant d'une liste d'internautes devant représenter la population, ce qui ne permet pas de respecter une distribution probabiliste, tout au mieux de l'approcher; le second, à mon avis plus pernicieux, consiste à redistribuer proportionnellement les intentions de vote des répondants discrets (ne sais pas, refus de répondre, etc.) selon les proportions obtenues auprès de ceux ayant fourni leurs intentions de vote, en retirant du calcul de l'échantillon ces répondants discrets. Or, rien ne nous permet de conclure que ceux-ci adoptent le même comportement électoral que les répondants ayant donné leur choix électoral: car la composition du sous-groupe des "discrets" diverge habituellement de celle de l'ensemble de l'échantillon, par exemple on y trouve souvent plus de personnes âgées. Aussi, il faut prendre avec prudence les pourcentages avancés par la firme de sondage. Au Québec, le BQ, le PLC et le NPD se trouvent nez à nez chez les francophones, distançant le PCC, mais il est fort possible que ces chiffres camouflent des différences chez les "discrets" qui pourraient favoriser l'un ou l'autre parti. Ainsi, les sympathisants du NPD ont sans doute plus de facilités à déclarer leur choix, comparativement à ceux du PCC ou du PLC. Or qu'en est-il pour ceux du BQ? Je serais porté à penser que les résultats du BQ seront plus près de 30% chez les francophones que de 27%, s'approchant ainsi de ceux obtenus par le PQ en 2014 auprès de cette clientèle.