Faire l’indépendance plutôt que faire campagne

Claudette Carbonneau a présenté la campagne auprès de l’artiste Simon Beaudry, à l’origine du concept.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Claudette Carbonneau a présenté la campagne auprès de l’artiste Simon Beaudry, à l’origine du concept.

« Si Justin Trudeau était élu, ça risquerait d’être la balle dure sur la question constitutionnelle, car il s’est défini comme étant le digne fils de Pierre Elliott Trudeau. » C’est à tout le moins ce que pense Claudette Carbonneau, présidente des Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec), autrefois le Conseil de la souveraineté du Québec, qui a dévoilé jeudi à Montréal une campagne de sensibilisation pour dénoncer l’actuelle campagne électorale fédérale sur le territoire du Québec. Baptisée « Une élection de trop », l’offensive publicitaire est l’oeuvre de l’artiste transdisciplinaire Simon Beaudry.

« Nous ne devons plus dépendre du reste du Canada pour être en mesure d’élaborer notre propre politique industrielle », a ajouté l’ancienne syndicaliste, citant en exemple le comportement du fédéral lors de la crise qui a touché le secteur des pâtes et papiers ou encore les investissements orientés vers l’économie du pétrole plutôt que dans l’industrie manufacturière québécoise.

Renaissance indépendantiste

Claudette Carbonneau affirme que la flamme souverainiste est loin d’être éteinte, et cela, même si le NPD et les autres partis fédéralistes obtiennent encore plus de voix que le Bloc québécois dans plusieurs sondages. « Nos comités OUI Québec se multiplient en région, le Parti québécois s’affirme de plus en plus, le débat est plus présent au Bloc québécois, Québec solidaire a lancé des campagnes pour en parler l’été dernier… », a-t-elle voulu rappeler.

Dans le camp fédéraliste, la promesse de « répliquer systématiquement aux arguments pour l’indépendance du Québec » du premier ministre Philippe Couillard prouve que le débat est plus présent qu’on ne le pense, tranche la présidente de l’organisation, écorchant également au passage le chef de la Coalition avenir Québec : « Même François Legault, qui s’était promis de vivre dix ans dans un no mans land sur la question de l’indépendance, veut désormais se doter d’un programme plus autonomiste. »

Simon Beaudry, l’artiste derrière les panneaux revendicateurs grands formats qui habillent désormais le Quartier latin, dit partager les mêmes convictions souverainistes, même si les enjeux s’expriment autrement pour lui. « Pour moi, tous ceux qui habitent ici sont des Québécois, peu importe les vêtements qu’ils portent, et même la langue qu’ils parlent. Je pense d’ailleurs qu’il manque d’indépendantistes anglophones dans le mouvement », a conclu l’artiste.

7 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 16 octobre 2015 04 h 34

    Notre choix...

    "Pour moi, tous ceux qui habitent ici sont des Québécois", dit l'artiste.
    Sans vouloir l'offenser, pour moi, ne sont Québécois que les gens qui tiennent à ce que la langue française et notre culture ne soient pas absorbées par la langue et la culture dominantes d'Amérique du Nord.
    Celles et ceux qui n'en voient pas la nécessité, sont Canadaiens.
    Se dire d'identité québécoise et canadienne est tout simplement devenu une hérésie.
    Persister à confondre l'identité d'une personne et sa nationalité, sa propre identité personnelle et sa propre nationalité obligée, est dorénavant consommée pour quiconque voit clair un minimum...
    C'est d'adopter l'idée qu'il est légitime que le français soit la langue de communication au Québec et celle que la culture québécoise n'est pas un folklore secondaire et/ou accessoire du Canada, qui fait de moi un Québécois.
    Sans cet élément identitaire fondamental, je suis autre.
    L'être ou ne pas l'être n'est ni mal ni bien; l'un et l'autre n'étant que les versants séparés de la ligne de fracture imposée de nos existences propres, on ne peut logiquement plus se dire de ces deux identités.
    Confondre entre nationalité et identité ne fait que mener au cul-de-sac. Celui-ci ne rendant service qu'à ce Canada qui a intérêt d'entretenir au mieux ses confusions identitaires et symboliques nationales.
    Et cela, surtout, en premier pour finir d'abattre l'identité québécoise et sa langue; ne valorisant que l'identité canadienne et sa seule langue commune, en réalité : l'anglaise.
    Clivage nationaliste canadien si bien voulu pour dépasser les partisaneries politiques de genre, que la présente campagne électorale n'a cessée d'en montrer une unité d'esprit sans aucune distorsion ni nuance...
    Sauf, bien entendu, pour ce qu'il est fut du Bloc Québécois.
    Lui qui néanmoins, a navigué dans une absence évidente et triste d'un projet de société clair...
    Mais bon, pour nous, ne vaut-il pas mieux un gros coup de gueule qu'un ridicule pas de mouton ?

    VLQL !

  • Jacques Boulanger - Inscrit 16 octobre 2015 08 h 42

    Un angélisme lénifiant

    « Pour moi, tous ceux qui habitent ici sont des Québécois, peu importe les vêtements qu’ils portent, et même la langue qu’ils parlent. Je pense d’ailleurs qu’il manque d’indépendantistes anglophones dans le mouvement » Simon Beaudry. Plus naïf et plus angélique que ça, tu meurs. Pour ma part, je veux bien reconnaître que tous ceux qui habitent le Québec soient Québécois, mais eux se sentent-ils Québécois ? Il serait plus juste de dire qu'ils se considèrent d'abord et avant toute chose, Canadians. Et, je dirais même exclusivement Canadians, d'autant qu'ils ont pour la plupart un sentiment très vif d'anti-Québec. Faut arrêter de se conter des histoires. Ce gros rassemblement universel souhaité par certains ne se fera pas.

    Nous devrons compter que sur nos propres forces, nos propres moyens d'autant que plusieurs de nos compatriotes nous ont abandonnés.

    • Albert Nsamirizi - Inscrit 16 octobre 2015 13 h 12

      Ha oui, ils sont anti-Québec? Vous les avez tous intérrogés personnellement? Vous avez des chiffres pour soutenir votre thèse? Tant qu'à traiter les autres de naïfs, donnez l'exemple avec des chiffres, des statistiques. Des "je pense qu'ils sont tous ci ou ça", ça ne vaut pas grand chose.

      Et vous pensez que "compter sur vos propres forces" ce n'est pas dérisoire? Vous allez faire comment votre indépendance si vous excluez tout ce beau monde? Vous allez leur donner un statut d'étranger une fois l'indépendance faite, sur leur propre territoire (c'est aussi le leur, que vous le vouliez ou pas)?

    • Jacques Boulanger - Inscrit 16 octobre 2015 18 h 00

      Alors, M. Nsamirizi, faites la preuve du contraire si vous y tenez. Moi, la globalité me suffit, mais si vous voulez vraiment avoir des chiffres, allez sur le site de la DGE et analysez, mettons, les résultats du dernier référendum en les confrontant avec la composition démographique des comtés et faites-nous part de vos découvertes.

      Comme disait le narrateur de la fable « Les animaux malades de la peste » : ils n'en mourraient pas tous, mais tous en étaient atteints.

      Allez, bonne recherche !

  • Yves Corbeil - Inscrit 16 octobre 2015 10 h 50

    Un souhait pour la décennie à venir

    On arrête les chicanes partisanes gauches, droites. On fait le pays ensemble une fois pour toute. Puis après on reprendra le débat gauche, droite.

    Aujourd'hui parler de la couleur des murs pis de la tapisserie c'est dévié le débat du but premier de tous ceux qui veulent le pays. Et surtout ça fait rire les défenseurs du fédéraliste Canadien et probablement les autres à l'extérieur de ce pays. Une bande d'innocents qui se chicanent sur le type de sonnette sur la porte d'entrée, avant d'avoir acheter la cabane.

  • Guy Lafortune - Inscrit 16 octobre 2015 16 h 25

    On arrête les chicanes partisanes gauches, droites. On fait le pays ensemble une fois pour toute. Puis après on reprendra le débat gauche, droite.

    C'est bien ça un vrai indépendantiste, un gourou du j'ai raison et vous vous êtes tous des ethnies, des étrangers, des ci et des ça, nous les de souche nous avons la vérité absolue et nous allons vous dire, quoi penser, comment penser et vous allé faire les faibles. Nous allons conquérir nous les blancs de souche, nous allons aussi tant qu'à y être mettre les indiens à leur place comme nous l'avons fait on octobre 1990...
    Vous toutes et tous, dans votre bulle identitaire, vous êtes zélé de haine de hargne et d'ignorance!
    Nous sommes les descendants de Jacques Cartier et ça ne l'oubliez jamais!!!

    • Yves Côté - Abonné 17 octobre 2015 03 h 15

      Monsieur Lafortune, désolé de vous le dire mais vous êtes le champion de la concision lorsqu'il s'agit de dire tout et en même temps, son exact contraire...
      Vous commencez par vilipander chaque indépendantiste en le traitant de gourou et cinq courtes lignes plus bas, vous concluez en agissant vous-même en gourou !
      J'avoue que comme exploit, c'est spectaculairement prodigieux.
      Mes salutations, Monsieur.