Trudeau juge « inacceptables » les actions de Daniel Gagnier

Justin Trudeau trouve « inacceptables » les actions de son ex-coprésident du comité de campagne nationale, Daniel Gagnier, qui a été forcé de démissionner mercredi soir après qu’il eut envoyé de précieux conseils à la compagnie TransCanada sur les actions à entreprendre avec le prochain gouvernement.

En point de presse à Montréal jeudi matin, le chef libéral a répété que les Canadiens réclament les plus hauts standards éthiques et qu’il a agi dans ce sens. « Nous reconnaissons que les actions de M. Gagnier étaient tout à fait inappropriées. M. Gagnier a pris la responsabilité de ses actions et s’est retiré de notre campagne. Je m’attends à ce que les gens dans mon entourage, dans mon équipe, dans notre parti aient un extrêmement haut niveau de comportement éthique et c’est pour ça que nous avons pris des actions responsables. »

Questionné à maintes reprises sur le changement de ton — les journalistes lui rappelant que le parti avait pris la défense de Daniel Gagnier mercredi —, l’aspirant premier ministre évite la question en répétant qu’il a agi rapidement « en moins de 24 heures » après avoir été mis au fait. Ainsi, son équipe s’est assise avec M. Gagnier mercredi après-midi et ce dernier a accepté de remettre sa démission.

À l’écart des discussions

Justin Trudeau assure que son ancien bras droit n’a jamais été impliqué dans l’élaboration de la stratégie énergétique du parti. « M. Gagnier n’a jamais contribué à nos politiques énergétiques. On savait qu’en tant que bénévoles, il avait des clients de toutes sortes de différents secteurs. Et nous, on l’a toujours gardé à l’écart de nos discussions sur les politiques énergétiques. »

Quant à savoir pourquoi ces actions « inappropriées » ont pu survenir au sein de son équipe, il soutient que M. Gagnier a un « long historique » de travail avec les gouvernements et qu’il avait, jusqu’à ces derniers jours, toujours agi « de façon responsable ».

Justin Trudeau refuse de se prononcer sur le projet Énergie Est, affirmant que ce n’est pas le rôle d’un gouvernement de le faire, mais plutôt à la population.

« Ce n’est pas la position d’un gouvernement d’être en train d’approuver et de pousser pour un projet ou un autre, c’est au gouvernement d’établir un processus par lequel les gens peuvent être rassurés que c’est un projet qui va être dans leur intérêt à long terme et pas juste dans l’intérêt d’une compagnie ou d’un gouvernement. »

Il en profite pour frapper sur le gouvernement Harper, qui a « complètement bousillé » le processus d’évaluation environnemental en « marginalisation les communautés qui posent des questions et en refusant d’écouter les scientifiques et les environnementalistes. »

Ainsi, il répète que le rôle du gouvernement est d’amener les ressources canadiennes vers les marchés, car il faut créer de l’emploi et développer l’économie, mais qu’il faut le faire de façon responsable avec l’aval des communautés impliquées.

« Après 10 ans de Stephen Harper, nous avons besoin d’un gouvernement qui établit un processus [d’évaluation environnementale] ouvert et clair pour que ce ne soit pas les gouvernements qui donnent des permis, autant que les communautés qui vont donner la permission. »

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