Consommation de crack: Harper ne juge pas Rob Ford

Stephen Harper refuse de porter un jugement sur la consommation de crack d’un de ses supporters alors que la campagne conservatrice fait des publicités prétendant que Justin Trudeau veut vendre de la marijuana aux enfants.

Le chef conservateur était en campagne à Brantford, en Ontario, mercredi. La veille, Rob Ford, l’ex-maire de Toronto, et son frère Doug étaient assis aux premières loges à l’événement de campagne de M. Harper à Etobicoke.

Depuis longtemps, les frères Ford claironnent leur appui au Parti conservateur fédéral. Les frasques de Rob Ford ont fait les manchettes en 2013 alors qu’il était maire et consommait alcool et drogue, sans s’en cacher.

Lorsque deux journalistes mercredi ont demandé, tour à tour, au chef conservateur de justifier son association avec l’ex-maire « fumeur de crack », M. Harper a répondu qu’il n’allait pas « porter ce genre de jugements » et que « l’appui de cette famille pour notre parti est de longue date et bien connu ».

Pendant ce temps, des publicités conservatrices sont apparues dans des médias de Toronto et Vancouver où on accuse, faussement, Justin Trudeau de vouloir ouvrir des bordels dans les quartiers et vendre de la marijuana aux enfants.

 

« Il mise toujours sur la division, les attaques, et ne s’empêche jamais de dire des faussetés aux Canadiens quand ça l’arrange », a dit M. Trudeau de son rival conservateur, répétant que ces tactiques « ne sont pas dignes d’un premier ministre ».

Interrogé sur ces publicités mensongères, M. Harper a répondu que les Canadiens devaient examiner le programme libéral. Mais il n’a cité, dans sa réponse, que les aspects économiques de ce programme. Au quartier général de son parti, on a redirigé les journalistes vers une déclaration officielle du 11 août dernier.

« Justin […] veut permettre la vente de marijuana à l’épicerie du coin et augmenter le nombre de sites d’injection d’héroïne, des politiques dangereuses qui ne feraient que rendre les drogues plus accessibles à nos enfants », disait alors M. Harper.

Il était aussi question de drogue sur la campagne néodémocrate, mercredi.

 

Thomas Mulcair s’était aventuré sur ce terrain, lors d’un passage, mardi soir, à Vice, un réseau Web très populaire auprès des jeunes. Même si la politique officielle de son parti prône la décriminalisation de la marijuana, il a ouvert la porte aussi à sa légalisation.

Invité à préciser sa pensée mercredi matin, il a repris son argument de la veille.

« De toute évidence, avec ce qui est en train de se passer en Amérique du Nord, […], on s’en va dans la direction de la légalisation complète. Mais ça va prendre du temps pour le faire correctement, pour ne pas compromettre ni la santé ni la sécurité des citoyens », a-t-il dit.

Il a répété qu’il est prêt à décriminaliser la marijuana dès son arrivée au pouvoir. La légalisation attendra. « Ce n’est pas quelque chose qui peut se faire en se levant et en claquant les doigts », selon le chef du NPD. Les libéraux, eux, promettent la légalisation de la marijuana.

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