Duceppe accuse Trudeau de mentir aux Canadiens

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, accuse Justin Trudeau d’avoir menti sur la vente de matériel militaire canadien à l’Arabie saoudite.

De passage à l’émission Tout le monde en parle diffusée à Radio-Canada dimanche soir, le chef libéral a laissé entendre qu’il ne mettrait pas un frein à la vente de véhicules blindés par le Canada à l’Arabie saoudite s’il est élu premier ministre parce qu’il s’agit seulement de « Jeeps », à son avis.

M. Trudeau s’était fait demander s’il annulerait le contrat de vente de véhicules blindés légers fabriqués à London par l’entreprise canadienne General Dynamics Land Systems, un contrat d’une valeur de 15 milliards de dollars. Ce contrat a été vertement critiqué par des groupes tels qu’Amnistie internationale, estimant qu’un pays avec un si piètre bilan en matière de respect des droits de la personne ne devrait pas être approvisionné en armes par l’Occident. M. Trudeau n’adhère pas à cette thèse, semble-t-il.

« Ce ne sont pas des armes, ce sont des Jeeps ! » a-t-il lancé sur les ondes de Radio-Canada. Le chef libéral reprend ainsi l’argument qu’avait servi le chef conservateur Stephen Harper il y a quelques jours. « Soyons clairs, ce contrat n’est pas un contrat d’armement », avait dit M. Harper en entrevue avec une radio de London. « C’est en fait pour des véhicules de transport militaire. »

Justin Trudeau a expliqué qu’il était trop tard pour annuler ce contrat. « Ce n’est pas un accord entre le Canada et l’Arabie saoudite, c’est un accord entre une compagnie manufacturière ici au Canada et l’Arabie saoudite. Je déplore que le gouvernement n’ait pas été transparent. Je ne vais pas annuler un contrat signé, mais nous serons plus attentifs à l’avenir. »

Critique bloquiste

Devant un auditoire militant d’environ 70 personnes à Mont-Laurier, lundi, le chef bloquiste a vertement critiqué son adversaire libéral, insistant sur le fait que l’affirmation de Justin Trudeau voulant qu’il s’agisse d’un contrat entre le royaume saoudien et une compagnie privée est fausse.

« Quand il nous dit que c’est une compagnie privée seulement, il nous ment, parce que ç’a été fait sous les auspices de la Corporation commerciale canadienne, une société d’État. Donc, le gouvernement canadien est directement impliqué dans cette transaction », a-t-il martelé.

Plus encore, il a reproché au chef libéral d’induire la population en erreur en soutenant également qu’il ne s’agit pas d’armes, mais de « Jeeps ».

Il a brandi une photo du véhicule blindé léger en question, un véhicule à huit roues qui est habituellement équipé de canons, de mitraillettes ou de mortiers, selon le cas. « C’est ça, les Jeeps. En voyez-vous, des Jeeps du genre sur la 117 ? Avez-vous déjà vu passer un Jeep de même ? C’est du Jeep, ça, mes amis. Je pense que ce n’est pas fait pour aller à la chasse, ça », a-t-il raillé devant ses partisans ravis.

Pas de précision

Questionné à maintes reprises lundi par les journalistes, le chef libéral a refusé de préciser les propos qu’il a tenus sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle concernant la vente de « Jeeps » à l’Arabie saoudite. Justin Trudeau s’est contenté de répéter qu’il ne résilierait pas un contrat signé par le Canada, mais qu’un gouvernement libéral agirait différemment.

« Je me suis engagé à respecter les contrats signés, mais à aller de l’avant avec un niveau d’ouverture et de transparence que les Canadiens méritent d’avoir d’un gouvernement », s’est-il borné à répondre chaque fois que la question a été soulevée par les représentants des médias en matinée.

Avec La Presse canadienne

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