Le duel Trudeau-Harper laisse Mulcair en plan

Thomas Mulcair a défendu sa place dans la course.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Thomas Mulcair a défendu sa place dans la course.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, avait les conservateurs dans sa mire lundi, alors que son rival Stephen Harper s’en est pris aux différentes mesures fiscales annoncées par les libéraux au cours des dernières semaines.

Alors que les partis entament la dernière ligne droite avant le jour du scrutin, les deux chefs, en avance dans les plus récents sondages, n’ont cessé de se renvoyer la balle tout au long de la fin de semaine, donnant l’impression d’un duel, au grand déplaisir du chef néodémocrate Thomas Mulcair, qui défend plutôt la lutte à trois.

Le chef libéral a donné le coup d’envoi à la dernière semaine de la campagne en invitant les électeurs d’allégeance conservatrice déçus par Stephen Harper à larguer ce dernier pour se rallier à sa formation.

La caravane libérale a roulé une bonne partie de la journée de lundi sur l’autoroute 401 entre Ottawa et Toronto, faisant escale dans trois circonscriptions remportées par le Parti conservateur avec de très fortes majorités frisant ou dépassant les 50 % aux dernières élections de mai 2011.

À chaque arrêt, le leader du PLC était néanmoins attendu par d’imposantes foules.

Le Parti libéral espère reconquérir ces circonscriptions — et bien d’autres — en courtisant le vote des conservateurs dits « mous » ou encore « rouges » ainsi que celui des nostalgiques progressistes-conservateurs, comme l’a clairement signalé son chef en matinée.

« Les conservateurs ne sont pas nos ennemis. Ils sont nos voisins, nos cousins, nos oncles, nos parents. Ils sont nos amis », a plaidé un Justin Trudeau débordant de confiance dans un discours livré en matinée devant une salle comble, dans un local électoral de l’ouest d’Ottawa.

« Nous n’avons pas besoin de les convaincre d’abandonner le Parti conservateur. Nous devons juste leur démontrer que c’est le parti de Stephen Harper qui les a abandonnés », a-t-il ajouté en prenant soin d’établir un net contraste entre le leadership et le parti de M. Harper et celui de ses prédécesseurs.

De passage à Waterloo en Ontario, le chef conservateur a tourné en dérision les mesures fiscales annoncées par le Parti libéral.

Parmi ces promesses décriées par Stephen Harper, notons les prestations universelles pour garde d’enfants — que les libéraux veulent remplacer par un programme qui dépend du revenu familial —, le fractionnement du revenu — que les libéraux ne préserveraient que pour les retraités — ainsi que certains crédits d’impôt.

« Avec les hausses d’impôt libérales, il y a moins d’emplois, et ceux et celles qui ne perdront pas leur emploi, vous aurez un salaire net beaucoup moins élevé », a répété Stephen Harper, sous les applaudissements de la foule.

Lutte à trois

Bien que délaissé par ses rivaux, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, refuse de s’avouer vaincu et soutient toujours que les Canadiens ont droit à une course à trois, en dépit des sondages qui le placent troisième sur le podium.

« Moi, j’étais là en 2011. J’ai vu les mêmes compagnies de sondage qui nous mettaient à une semaine des élections en quatrième place au Québec », a-t-il lancé lundi à Maple Ridge, en Colombie-Britannique. Pour le chef néodémocrate, l’actuelle campagne reste encore, à ce jour, une course à trois de laquelle son parti peut sortir gagnant. « Moi, je sais que le NPD offre l’espoir de rompre avec une mauvaise habitude vieille de 148 ans : lorsqu’on est tannés des conservateurs, on est obligés de retourner aux libéraux et ainsi de suite », a-t-il dit.

Alors que fusaient les questions des journalistes sur son plan pour tenter de renverser la vapeur, M. Mulcair ne s’est pas laissé ébranler, insistant sur l’importance pour les électeurs de saisir l’occasion qui s’offre à eux. « Pour la première fois de l’histoire du Canada, un autre parti que les deux vieux autres partis est l’opposition officielle et forme un gouvernement en attente », a-t-il rappelé.

Avec La Presse canadienne

«Avec les hausses d’impôt libérales, il y a moins d’emplois et ceux et celles qui ne perdront pas leur emploi, vous aurez un salaire net beaucoup moins élevé.»

Stéphen Harper, dont les attaques, lundi, ont été presque toutes dirigées contre le chef libéral
«Stephen Harper et Justin Trudeau peuvent bien s’entendre pour tenter d’imposer un accord secret qui menace nos emplois; un accord qui va faire baisser les salaires et monter le prix des médicaments d’ordonnance. Mais ils vont trouver le NPD sur leur chemin.»

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair, concernant le Partenariat transpacifique


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