Faire le plein d’appuis avant le jour J

Charlie passait devant un bureau de vote par anticipation jeudi, au centre-ville de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Charlie passait devant un bureau de vote par anticipation jeudi, au centre-ville de Montréal.

Le vote par anticipation qui débute ce vendredi permettra à des centaines de milliers d’électeurs d’exercer leur droit de vote avant le jour du scrutin, et aux partis politiques de mettre en banque le plus grand nombre d’appuis possibles en prévision du jour J, le 19 octobre.

Entre le 9 et le 12 octobre, tous les Canadiens inscrits sur la liste électorale pourront appuyer le parti de leur choix en se rendant au bureau de vote par anticipation désigné sur leur carte de l’électeur. La période consacrée au vote par anticipation compte cette année une journée de plus qu’en 2011.

Pour les différents partis politiques engagés dans des courses serrées à travers le pays, il s’agit d’une période déterminante, explique le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études électorales de l’Université de Montréal, André Blais.

« Tous les partis tentent d’inciter leurs partisans à aller voter le plus tôt possible pour avoir la certitude qu’ils voteront et se donner une plus grande marge de manoeuvre le jour de l’élection pour faire sortir le vote des indécis », explique-t-il.

Le professeur note que, de manière générale, l’électeur qui vote par anticipation est plus âgé et plus politisé que la moyenne.

Chaque vote compte

 

« On prend cet événement-là au sérieux sur le plan de l’organisation et on va être actif pendant le week-end, c’est clair, explique le porte-parole du Parti libéral du Canada au Québec, Pierre Choquette. Comme la campagne est très serrée, chaque vote compte dans plusieurs cas. »

Le vote par anticipation représente également une période importante pour tenter de faire voter les jeunes, qui seront de retour à la maison pour la longue fin de semaine, fait remarquer le porte-parole du Bloc québécois, Dominic Vallières. « Le vote par anticipation permet de faire voter nos bénévoles et de tester notre organisation sur le terrain », ajoute-t-il.

Du côté du NPD, on profitera des jours qui viennent pour augmenter l’achat de publicités sur toutes les plateformes et marteler les principaux messages du parti : l’expérience de Thomas Mulcair et l’importance de déloger Stephen Harper.

« Que ce soit le jour du vote ou avant, tu veux que tous les gens que tu as identifiés comme partisans votent », résume le directeur adjoint des médias pour le NPD, Marc-André Viau.

Les conservateurs ont refusé de discuter de leur stratégie.

 

En 2011, 2,1 millions de Canadiens ont voté par anticipation, soit 14 % du total des votes exprimés, ce qui représentait une augmentation de 38 % par rapport à 2008. Rappelons que le 2 mai 2011, 61,1 % des électeurs se sont prévalus de leur droit de vote.

Le professeur André Blais précise que le taux de participation des Canadiens lors du vote par anticipation est de loin inférieur à celui observé aux États-Unis. Dans certains États américains, ce taux dépasse même les 50 %, dit-il.

Projet-pilote

 

En plus de pouvoir voter le jour du scrutin, par anticipation, par la poste ou jusqu’au 13 octobre dans l’un des bureaux d’Élections Canada, les électeurs ont pu se rendre dans quelque 70 bureaux ouverts à travers le pays entre le 5 et le 8 octobre.

Ce projet-pilote mis sur pied pour stimuler le vote des jeunes et des communautés autochtones a permis à plusieurs Canadiens de voter dans des centres communautaires et dans les campus des universités ou des cégeps. Au Québec, ce fut notamment le cas à l’Université de Montréal, à McGill, au cégep du Vieux-Montréal et au Centre d’amitié autochtone de Montréal.

Carte de l’électeur: peu de plaintes au Québec

Élections Canada affirme qu’un nombre « marginal » d’électeurs québécois a pu recevoir une carte de l’électeur comportant une erreur. « Je n’ai pas eu vent de situations qui ont fait l’objet de plaintes massives au Québec, a expliqué jeudi la porte-parole de l’organisme Francine Bastien. Ce qui est important, si vous recevez un tel carton avec une erreur, c’est de le rapporter le plus vite possible aux bureaux d’Élections Canada. » Mercredi soir, la CBC rapportait que des milliers de Canadiens ont reçu une carte sur laquelle apparaissent des informations erronées ou les dirigeant vers un bureau de scrutin se trouvant parfois à des centaines de kilomètres de leur lieu de résidence. « Sur les quelque 26,5 millions de cartes qui sont envoyées, c’est bien dommage, mais il y a toujours quelques erreurs qui se glissent », a fait remarquer Mme Bastien.


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