Le niqab, au-delà de l’enjeu électoral

Zunera Ishaq a toujours accepté de se dévoiler pour être identifiée. Elle a toutefois défendu en cour son choix de porter le niqab lors d’une cérémonie de citoyenneté.
Photo: Chris Young La Presse canadienne Zunera Ishaq a toujours accepté de se dévoiler pour être identifiée. Elle a toutefois défendu en cour son choix de porter le niqab lors d’une cérémonie de citoyenneté.

Son visage, même voilé, est maintenant connu à travers le pays et le niqab qu’elle porte est devenu le symbole du virage abrupt qu’a pris cette campagne électorale au Québec. Jamais Zunera Ishaq n’aurait cru que le parti au pouvoir transformerait en os électoral sa bataille pour le port du voile intégral lors des cérémonies de citoyenneté.

Elle le déplore et dit en souffrir personnellement. Depuis la décision de la Cour d’appel fédérale qui a invalidé à la mi-septembre la directive ministérielle interdisant de participer à cette cérémonie le visage couvert, elle se sent moins en sécurité qu’avant, a-t-elle confié au Devoir lors d’une entrevue téléphonique. On l’invective, lui lance des regards mauvais, même lorsqu’elle est avec ses enfants, ce qu’elle n’avait jamais vécu auparavant.

« Je n’aurais jamais imaginé que [le niqab] puisse être utilisé de façon aussi négative pour marquer des points politiques. […] Cette question n’a rien à voir avec les affaires de l’État, c’est un choix personnel fait par un individu et ils en ont fait un enjeu électoral pour cacher d’autres faits et détourner l’attention des gens », dit-elle.

Liberté de religion

Née au Pakistan, la jeune femme de 29 ans est arrivée au Canada en 2008 accompagnée de son mari et du premier de ses quatre fils. Elle était persuadée qu’elle pourrait continuer à y porter le niqab puisqu’on disait y respecter la liberté de religion. Elle savait par contre qu’elle devrait dévoiler son visage pour des raisons de contrôle d’identité et de sécurité, ce qu’elle a toujours accepté de faire.

En vertu de la Loi sur la citoyenneté et les règlements qui en découlent, c’est tout ce qu’elle devait faire, se dévoiler pour s’identifier. Rien ne l’exigeait pour la cérémonie. La directive ministérielle adoptée en décembre 2011 disait toutefois le contraire. Elle l’a donc contestée. Avec succès jusqu’à présent et sans l’aide d’un quelconque groupe, précise-t-elle à notre demande.

Elle avoue que sa perception du Canada sort ternie du tumulte des dernières semaines. Elle note aussi que son mari n’était pas d’accord avec sa démarche. « Il était de l’opinion de la majorité, à savoir que ce n’était pas une bien grande préoccupation pour une femme musulmane de se dévoiler quelques minutes », raconte-t-elle. Mais elle a persisté et attend d’être convoquée à une cérémonie qui, l’espère-t-elle, aura lieu avant les élections, ce qui lui permettrait de voter.

Les valeurs canadiennes

Mme Ishaq tenait à rencontrer les médias pour partager son point de vue et ne pas laisser tout le terrain à ceux qui dépeignent négativement les femmes portant le niqab. Elle ne croit pas que le porter soit contraire aux valeurs canadiennes, comme le dit le chef conservateur Stephen Harper, ni qu’il provoque un malaise, comme l’affirme le chef néodémocrate Thomas Mulcair.

Elle cite le respect de la diversité et de la liberté de religion pour démontrer que c’est M. Harper, finalement, qui « nie les valeurs canadiennes avec le genre de déclarations » qu’il a faites, dont celle d’associer le niqab à une culture antifemme ou à une pratique barbare. Quant au malaise soulevé par M. Mulcair, elle dit ne l’avoir jamais ressenti avant ces dernières semaines. Active dans sa communauté de Mississauga, elle a participé à la collecte de fonds pour son hôpital, planté des arbres, soutenu un refuge pour femmes battues et jamais on ne lui a fait sentir qu’elle n’était pas à sa place.

« Au cours des dernières semaines, le vent a tourné. On sent comme une haine alimentée par ce discours négatif à l’endroit d’un groupe particulier. Je nous sens ciblées », dit-elle en parlant des femmes portant le niqab et de toute la communauté musulmane. Elle tient le gouvernement conservateur responsable de ce glissement.

Un choix

Selon elle, l’opinion des gens changerait s’ils entendaient un autre message, parlaient aux musulmans et écoutaient les femmes portant le niqab. Elle ne nie pas que certaines puissent être forcées de se voiler le visage, mais elle est persuadée que c’est une minorité, ce qui ne justifie donc pas de l’interdire, dit-elle, soulignant que les femmes musulmanes sont généralement instruites. Elle-même a une maîtrise en littérature anglaise et étudie pour devenir professeure.

« Je sais que des gens voient le niqab comme un symbole d’oppression, mais pour moi, c’est un choix », martèle-t-elle. Enfant, elle avait une autre opinion. « Comme la plupart des gens, je croyais que les femmes qui portaient le niqab étaient des femmes peu éduquées et opprimées », raconte-t-elle. Jusqu’au jour où elle a eu une enseignante qui le portait. Inspirée par cette dernière, elle a décidé de l’imiter. Elle n’avait que 15 ans. Le reste de sa famille, éduquée et plutôt libérale, n’approuvait pas, surtout à un si jeune âge.

Zunera Ishaq insiste. C’était son choix et parce que c’était le sien, le reste de la famille ne l’a pas forcée à reculer. Si, au départ, elle n’était pas trop sûre de l’existence d’une obligation religieuse, elle a fini, après des recherches personnelles, à adhérer à cette interprétation et à considérer comme un devoir de se voiler le visage en public. Une seule de ses quatre soeurs, l’aînée, l’a imitée. Leur mère ne l’a jamais porté.

Et même si un symbole religieux dérange, conclut-elle, « si la personne qui le porte estime que c’est son devoir de le faire et que cela ne fait de tort à personne, je ne vois pas pourquoi l’État ou les autres devraient s’en préoccuper ».

111 commentaires
  • Marc Tremblay - Abonné 9 octobre 2015 00 h 33

    L'incompréhension

    Dans une société civilisée, nul ne devrait publiquement porter un masque qui lui couvre le visage.

    C'est une question de civisme et de vivre en société.

    Cette Pakistanaise d'origine ne comprend pas que les gens éprouvent un malaise face au niqwab et du même souffle, elle admet qu'elle a des problèmes en public parce qu'elle porte le niqab.

    Que pense t'elle de l'Égypte, un pays musulman à 90%, qui interdit de voter avec un niqab????

    • Robert Beauchamp - Abonné 9 octobre 2015 10 h 48

      «L'opinion des gens changerait s'ils entendaient un utre message» dit-elle. Mais non madame, je suis capable de me faire une opinion par moi-même.
      Vous n'etes pas encore assermentée et vous affrontez de plein front le chef de votre futur gouvernement où vous voulez vous insataller à demeure. Il faut le faire.

    • Robert Beauchamp - Abonné 9 octobre 2015 11 h 11

      Pour un nouvel arrivant, peu importe le pays, c'est de s'adapter à l'autre pour se faire accepter le plus rapidement possible. C'est à la fois une question de respect et de survie.

    • Alexis Lupien-Meilleur - Inscrit 9 octobre 2015 11 h 32

      Vous dites: «Dans une société civilisée, nul ne devrait publiquement porter un masque qui lui couvre le visage.»

      Et pourquoi donc? Votre interprétation, et c'est bien la vôtre, me semble exagérée. Pourquoi est-ce qu'une société civilisée passerait par un visage découvert? Qu'est-ce qu'une bouche et un nez peuvent bien ajouter au caractère civilisée d'une société? Si une femme voilée vous ouvre la porte, vous fait réaliser que vous avez échappé votre porte-monaie ou vous souhaite une bonne journée, ne sont-ce pas là de vrais exemples d'une civilisation fonctionnelle?

      Sinon, dequoi avez-vous peur?
      «Ah... voilée, elle pourrait commettre des méfaits sans être attrappée!». Bof. Croyez-vous vraiment qu'il faille être masqué pour être un malfaiteur? Bien honnêtement, si je devais voler quelque chose, je m'assurerais de me fondre dans la masse et de porter des vêtements m'autorisant une plus grande libertée de mouvement.

      Alors donc, de quoi avez-vous peur?

      Certains éprouvent des malaises, certes, face aux vêtements religieux. Je les inviterais à se promener dans Outremont par un bel après-midi. Ils seront surpris de voir ces communautés juives hassidiques, habillées tout aussi religieusement. Hommes, femmes, enfants... Fermés à notre langue, notre monde, notre culture. Il faudrait combattre les malaises par l'éducation, et non pas par le rejet et la dénonciation.

      Finalement, la question du vote à visage ouvert. C'est à se demander si vous avez lu l'article. Elle explique clairement que pour raison d'identification, elle n'a aucun problème à se dévoiler. Par la suite, une fois identifiée, qu'est-ce que sa peut bien changer, qu'elle vote à visage découvert ou non? Sérieusement?

    • Yves Corbeil - Inscrit 9 octobre 2015 13 h 54

      Notre société court à sa perte en ne prenant pas position contre ces symboles qu'on veut nous imposer chez nous. Que ces gens demeurent chez eux si ils veulent vivre en marge des autres. On ne les forces pas à venir vivre chez nous. Ici c'est un état laique qui rejete tous les symboles dans l'espace publique, qu'ils en prennent note avant de se présenté au porte du pays.

    • Loraine King - Abonnée 9 octobre 2015 15 h 20

      Pour Alexis Lupien-Meilleur : sur la question du vote à visage ouvert, au Canada, l'électeur doit prouver qu'il réside dans la circonscription où il se présente pour voter. Il n'a pas à prouver qu'il est la personne qu'il prétend être. C'est pour celà qu'on peut voter par la poste.

      Lisez bien attentivement les exigences d'Élections Canada. Vous devez soit présenter (1) une pièce avec photo, ou (2) deux pièces d'identité ou (3) être assermenté. Pour la deuxième option, Élections Canada fournit dans leur feuillet l'exemple d'un état de compte bancaire et d'une carte de crédit. Si je passais ma carte de crédit et un état de compte bancaire à une amie et que je lui demandais de voter pour moi, elle pourrait le faire puisque ni ma carte de crédit ni mon état de compte bancaire ne comportent ma photo. Le scrutateur n'a qu'à établir la preuve que les documents qu'on lui présente comportent mon nom associé à une adresse, tel qu'ils apparaissent sur la liste électorale.


      Il en est autrement pour les élections de la Province de Québec car vous avez ni plus ni moins qu'une carte d'identité obligatoire, votre carte de la RAMQ qui comporte votre nom et votre adresse. Chez-moi en Ontario, l'adresse n'apparaît pas sur notre carte d'assurance-maladie la prestation des services n'étant pas liée à la résidence (vous pouvez être hospitalisé à Thunder Bay si vous vous y cassez une jambe, même si vous vivez à Toronto) et que tenir compte des changements d'adresse est une dépense jugée inutile. Élections Canada, pour cette raison, ne mentionne pas spécifiquement la carte d'assurance-maladie comme carte d'identité photo dans l'option (1).

      http://www.elections.ca/content2.aspx?section=id&a

      Zunera Ishaq n'a pas à se dévoiler pour s'identifier en tant qu'électeur; elle n'a qu'à fournir deux documents à son nom, dont l'un comporte aussi son adresse.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 9 octobre 2015 23 h 21

      Moi ce qui me désole le plus de cette saga, c'est que pour pouvoir pratiquer son droit de voter une fois contre Harper, elle lui a finalement presque fait gagner ses élections.

      S'il gagne, c'est en grande partie grâce à sa lutte obstinée, il fallait se dépêcher de statuer en sa faveur pour qu'elle puisse exercer son si important droit de vote à temps, cet automne. Pas le temps d'en discuter tous ensemble, fini le temps béni de l'Antiquité grecque quoi que seuls les hommes étaient conviés à échanger leurs opinions.

      C'est comme si on lui avait donné non pas un mais des dizaine de milliers de vote et qu'elle les avait tous donné aux conservateurs, tout ça pour ajouter une voie dans l'urne destinée à chasser Harper.

      C'aurait été mieux qu'elle attende et fasse son procès en catimini, il me semble, si elle voulait nuire à Harper.

      Stéphane est Léviathan et l'enfer est pavé de bonnes intentions...

  • Denis Paquette - Abonné 9 octobre 2015 02 h 32

    Le niqab

    Parce qu'il revient a la société d'établir des règles pour tous, enfin c'est la perception que nous en avons, si le niqab est permis en société, les autres formes de recouvrements seront-ils permis, les foulards, les capuchons les bonnets, les masques, les chapeaux, les pelisses, tous ces accoutrements ne sont-il pas défendus lors de manifestations, va t il falloir amender les règlements

    • Alexis Lupien-Meilleur - Inscrit 9 octobre 2015 11 h 56

      En revient-il vraiment à la société d'établir des règles pour tous? Qu'en est-il des chartes des droits de l'homme? Si c'eut été qu'un choix de la majorité, je peine à croire que l'homosexualité aurait été «acceptée» dès 1977.
      Non, la majorité populiste n'est pas garante d'égalité, ni même de légitimité, dans certains cas.

      Vous faites le dangereux amalgame entre «manifestations» et «vie de tous les jours». Votre argumentaire a autant de sens que la phrase suivante: 'Les cannifs sont interdits à l'école; devrait-on les interdir en camping?'
      Non seulement l'interdiction de participer masqué à des manifestations est décriée par de nombreux organismes militant pour la liberté d'expression, votre intégration de ce sujet ici est un faux pas. Je ne m'y attarderai pas plus.

      Je vous inviterais, M. Paquette, si l'accoutrement religieux forcé vous dérange, à vous promener dans le quartier Outremont par un bel après-midi. Vous y verrez une population fortement religieuse avec des vêtements prononcés obligatoires portés par les hommes, les femmes et les enfants. Pourquoi parlons-nous uniquement du Niqab?

      Deux mots: Islamo et phobie.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 9 octobre 2015 16 h 25

      @M. Lupien-Meilleur - Vous défendez la Charte de Trudeau (père) alors que l'opinion personnel de M. Paquette parle de sécurité lors d'une manifestation, donc loin que ce qui devrait faire l'objet du débat juridique actuel au Québec.

      L'article 2 de la Charte Canadienne des Droits et Libertés garantit, entre autres, la liberté de religion et d'expression (culturelle) dans la vie privée. Mais, la question est de savoir si les services gournementaux doivent se donner et être reçus à visage découvert pour, entre autres, une raison d'efficacité dans la procédure. En exagérant l'exemple, imaginons que tout le monde ait sa propre version pour se présenter à visage couvert pour aller voter, etc. Le gros bon sens demande d'arrêter "ça" au plus vite, mais avec des arguments juridiques qui permettraient d'amender la CCDL.

    • Yves Corbeil - Inscrit 9 octobre 2015 17 h 26

      M.Meilleur,

      Tolérance et inclusion, est-ce que ça ne veut pas dire d'accepter d'accommoder sans réfléchir ceux qui se permettent de revendiquer en arrivant chez nous. Votre position idéaliste me laisse perplexe sur un sujet aussi politique, soit une personne qui confronte le gouvernement qui s'apprête à lui octroyer sa citoyenneté.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 9 octobre 2015 02 h 43

    Bravo !

    Enfin, l’envers du décor. Je remercie Le Devoir de donner la parole à la première concernée par cette affaire et de nous donner à lire à sujet autre chose qu’un ramassis de clichés.

    Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Depuis qu’il est au pouvoir, le gouvernement Harper a fait de la persécution religieuse un des critères principaux d’acceptation des demandes d’immigration au Canada.

    Au Pakistan, la secte musulmane des Ahmadis est persécutée parce que jugée hérétique. Comme la majorité des Pakistanaises, les femmes ahmadies portent le niqab.

    En vertu de sa politique migratoire, le gouvernement Harper a accueilli entre 25 000 et 35 000 Ahmadis au pays. Ceux-ci se sont installés principalement en Ontario. Une fois admises, ces personnes ont des droits constitutionnels, notamment au chapitre des croyances religieuses.

    En écho à l’idéologie gouvernementale, le quotidien National Post (d’allégeance conservatrice) estimait cette année-là que les Ahmadis représentaient « un symbole des valeurs canadiennes ».

    Mais à la suite de nombreuses plaintes, le gouvernement Harper a fait volte-face. Lors de son passage à Victoriaville en février dernier, M. Harper a osé qualifier le jugement de première instance de « contraire aux valeurs canadiennes ».

    Er parce que les dirigeants conservateurs sont des génies de la manipulation de l’opinion publique, ils ont réussi à détourner l’attention de leur politique migratoire discutable en transformant les Canadiennes portant le niqab en chair à canon électoral.

    Au nom de la défense de la liberté des femmes, voilà un premier ministre despotique qui en est rendu à dicter ce que les femmes doivent porter.

    Si le port d’un masque sur la voie publique constitue un danger sécuritaire, qu’on légifère contre les hommes et les femmes qui sont masqués sur la voie publique (autrement que pour des motifs médicaux ou climatiques) plutôt que de focaliser sur les femmes exclusivement.

    • Berthe Fortier-A - Abonnée 9 octobre 2015 09 h 50

      Bien dit Monsieur Martel.

    • Loraine King - Abonnée 9 octobre 2015 10 h 03

      Les conservateurs sont des génies de la manipulation de l'opinion publique et font dans tout, et avec une technique bien connue: nommer une chose par son contraire. Je demeure surprise qu'après dix ans de manipulation tant de mes concitoyens s'y laissent encore prendre.

      La Loi sur les élections à date fixe, qui ne change en rien le pouvoir d'un premier ministre de demander la dissolution quand celà lui plaît.
      La réforme du Sénat, le fondement de l'action politique de Harper qu'il ne poursuit pas une fois élu.
      L'amendement à la Loi électorale pour s'assurer de l'identification de l'électeur, alors que cette semaine Élections Canada m'envoie son pamphlet m'informant qu'encore cette année je pourrai voter en montrant ma carte de crédit et mon compte d'hydro, ce qui ne m'identifie pas en tant que personne mais qui établit un lien entre mon nom, mon adresse et ma circonscription électorale, ce qui fut toujours le seul critère requis. On a ajouté l'identification des électeurs à la loi, mais celà ne veut rien dire.

      J'ai le droit de voir qui m'accuse lors d'un procès, la police a le droit de publier photos ou croquis de personnes qu'on recherche. Ces droits n'auraient aucun sens dans une société où les gens sont libres de se couvrir le visage.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 9 octobre 2015 12 h 59

      Monsieur Martel, je me reconnais dans l'ensemble des propos que vous tenez. Comme vous, je félicite la journaliste qui "n'a pas craint" de rencontrer cette femme.
      Il y a quelques jours, les médias nous apprenaient le nom de cette jeune résidente canadienne. Maintenant, grâce à cette tardive entrevue, je sais que Zunera est une bonne personne! Elle me semble aussi aimable et respectueuse des autres que peut l'être ma voisine Mary, témoin de Jéhovah! Zunera et Mary ont bien des points en commun. L'une a émigré du Pakistan pour vivre à Toronto où elle s'efforce de vivre en anglais, Mary a émigré d'une province anglophone et s'efforce de vivre en français au Québec. Les deux croient au même dieu, mais sous des noms et des pratiques rituelles différentes. Connaissant Mary, je puis affirmer que malgré l'isolement social dont elle est victime à cause de son accent et de sa croyance, elle est une voisine charmante, souriante et toujours disponible à rendre service même à moi... un agnostique humaniste, sans retour!

      C'est heureux que ce fut une femme qui ait rencontré Zunera... Jusqu'ici, avec la question du niqab, trop d'"hommes" ne cessent de parler des valeurs et de la culture canadienne, s'appuyant sur le droit des femmes à l'égalité! Harper et Duceppe sont les premiers à s'être cachée sous le jupon "féministe" pour rejeter les femmes qui sont voilées. "Comment un père admettrait-il que sa fille... etc". Qui ne se souvient de ce ton paternaliste du premier ministre sortant, s'opposant aux choix de SA fille. Cela dit tout.

      Espérons Madame Cornellier que le fait d'ouvrir un dialogue avec Zunera nous aidera tous et toutes à nous humaniser et à contrebalancer les effets des autres discours dogmatiques et a priori qui disent "sauver" nos valeurs qui, pour certains seraient canadiennes... et pour d'autres féministes et québécoises!

  • André Chevalier - Abonné 9 octobre 2015 03 h 23

    Le niqab n'est pas neutre

    Le niqab est un étendart, il est donc normal qu'il mettent beaucoup de gens mal à l'aise. Il n'est donc pas qu'une affaire de choix personnel.

    • Cyr Guillaume - Inscrit 9 octobre 2015 15 h 15

      Vous avez raison, c'est une croisade, et c'est contre nous que cette croisade se fait en ce moment, et ce n'est que le début, j'en ai bien peur.

    • Yves Corbeil - Inscrit 9 octobre 2015 17 h 48

      Surtout pas sur le visage de quelqu'un qui affronte le gouvernement qui s'apprête à lui octroyer sa citoyenneté. Si ce n'est pas un geste politique je me demande ce que c'est cette revendication encore.

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 9 octobre 2015 03 h 45

    Enfin le point de vue d'une femme concernée.

    Je trouve qu'on pense beaucoup à la place des autres au Québec...

    Mais comme je peux le constater, Zunera n'a pas fini de faire parler d'elle!

    Ou ira le débat quand elle voudra un emploi de professeur?

    Surtout lorsqu'on apprend qu'elle fut inspirée elle-même par une prof et non par ses parents ou son mari et qu'elle a ensuite inspiré sa sœur...

    Ça fait plus d'une québécoise que j'entends à la radio dire qu'elle a choisi de porter le niqab malgré son éducation bien locale...il y a des filles qui se cherchent parfois on dirait.

    Il y aura-t-il une mode de niqab un jour? C'est parce que c'est absurde que je le crois!

    Je trouve ça bien qu'on expose enfin le point de vue de la principale intéressée, qui bien que j'ai une certaine admiration pour les gens de principes, je n'arrive pas à chasser la pensée selon laquelle elle aurait accepté de se dévoiler juste quelques minutes et son action aurait eu beaucoup plus de poids contre Harper qu'un simple vote et elle aurait encore aujourd'hui la paisibilité et l'acceptation dont elle bénéficiait autrefois.

    Je ne crois pas que ce sont tellement les conservateurs qui l'ont stigmatisée dans notre société, je crois que c'est davantage une sorte d'écoeurite d'usage de nos très coûteux tribunaux pour un bout de tissu "sacré" dans la face dans une cérémonie qui dure le temps d'un éclair et dont le litige a concerné deux citoyennes en quatre ans au Pays.

    C'est vraiment dommage que ce jugement soit tombé pendant la campagne. Quoi que au final, celui qui s'en tire le plus fort en ce moment dans les sondages est celui qui était confortable avec l'idée de l'autoriser, comme quoi je crois que le débat à davantage mis un spot sur le manque de Courage ( je parle comme Legault!!!) et la duplicité de Thomas " Tom" Mulcair.

    Au fond, ce débat sans fin dont tous ne sont plus capables d'en entendre parler va peut-etre me faire gagner mes élections... Très ironique!!!

    • Serge Morin - Inscrit 9 octobre 2015 09 h 06

      Non PKP est intervenu pour te plaire

    • Clermont Domingue - Abonné 9 octobre 2015 10 h 43

      Chère Catherine.Avez-vous pensé que Zunéra est une militante courageuse et que le niqab est son étendard?
      Zunéra est une femme qui connait bien la misère des femmes et des enfants dans de nombreux pays.Elle sait que si nous vivions selon les préceptes de sa religion, il y aurait moins d'injustices et la planète s'en porterait mieux.J'admire son combat et je crois que son niqab cachera ses rides de vieille femme avant que nous soyons attentif à son message.

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 9 octobre 2015 15 h 05

      Serge, je peux t'appeler Serge après tant d'échanges fougueux, pour une fois je la trouve réellement bonne. Je vais même vous " liker" je crois.

      Mais il me semble que j'ai toujours trouvé que c'était un trait très féminin d'avoir besoin d'en avoir une à écœurer.

      Vous devez être un genre de sentimental au fond...

      Mais vous êtes mon lecteur le plus assidu, comment vous mépriser?

      Hasta la Proxima, mon drôle d'" ami"...

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 10 octobre 2015 16 h 18

      M. Domingue, je suis sidérée par ce que vous faites dire à cette femme qui sert de cheval de Troie dans notre système judiciaire : "elle sait que si nous vivions selon les préceptes de sa religion, il y aurait moins d'injustices et la planète s'en porterait mieux." Il est évident que vous ne savez absolument rien sur la charia, la loi islamique qui décrète que la vie et la parole des femmes valent la moitié de celles de l'homme, qui forcent les non musulmans à payer la taxe "jyzya" pour acheter leur protection et avoir le droit de vivre dans un quartier, de faire des affaires, etc. Les non-musulmans, dans un pays régit par un régime islamique, sont considérés ouvertement et sur le plan juridique, comme des citoyens de seconde classe. Renseignez-vous avant de dire que cette religion rendrait justice à tous, surtout à l'égard des femmes. Vous ne savez rien des réelles intentions de telles revendications auxquelles notre système judiciaire ne fait que commencer à être confronté. Cette femme est l'arbre qui cache la forêt.