Un face-à-face Duceppe-Laverdière s’échauffe

La candidate libérale Christine Poirier était au débat en compagnie de sa petite fille, Florence, née en pleine campagne électorale.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La candidate libérale Christine Poirier était au débat en compagnie de sa petite fille, Florence, née en pleine campagne électorale.

Le sort des chômeurs et des retraités a donné droit à de vigoureux échanges mercredi midi entre le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et la candidate néodémocrate Hélène Laverdière lors d’un débat organisé dans Laurier–Sainte-Marie, où ils tentent de se faire élire.

Réunis dans les locaux d’Action centre-ville, un centre communautaire pour les personnes âgées de 50 ans et plus, tous les candidats de la circonscription — à l’exception du conservateur Daniel Gaudreau — ont répondu pendant plus d’une heure aux questions du public. Mais ce sont les échanges entre M. Duceppe et Mme Laverdière qui ont surtout retenu l’attention.

Le chef bloquiste a accusé le NPD de « piger » dans la caisse de l’assurance-emploi et de renier ainsi une promesse formulée par son défunt chef, Jack Layton.

« On ne propose pas d’aller piger dans la caisse d’assurance-emploi, a répliqué Mme Laverdière. On propose même d’avoir un organisme indépendant pour gérer la caisse d’assurance-emploi et s’assurer que non seulement on ne le ferait pas, mais que plus personne ne pourrait jamais aller piger dans la caisse d’assurance-emploi. »

Dans les faits, le candidat néodémocrate Guy Caron a affirmé il y a quelques semaines que le cadre financier du NPD tenait compte des surplus de la caisse d’assurance-emploi, mais qu’en enregistrant un surplus budgétaire plus élevé, le parti ne pigerait pas dans cette caisse. Le NPD s’engage par ailleurs à mettre sur pied un comité indépendant pour fixer les taux de cotisation.

«Scandale silencieux»

Gilles Duceppe a également profité du débat pour interpeller les aînés. « Si rien ne change, dans 40 ans, la valeur des pensions fédérales va être coupée de moitié. Et pourtant, personne n’en parle », a-t-il déclaré.

Il a appuyé ses dires sur les conclusions du rapport D’Amours, publié en 2013, sur l’avenir du système de retraite. On y expliquait qu’en 2012, une personne gagnant 40 000 $ par année voyait son salaire remplacé à 51 % (25 % par le Régime des rentes du Québec et 26 % par la pension de la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti du gouvernement fédéral). En 2052, cette même personne verra toujours son salaire remplacé à 25 % par le gouvernement provincial, mais à seulement 13 % par le fédéral.

« Tout ça parce que le gouvernement fédéral a une méthode d’indexation fondée sur l’inflation, alors que la RRQ [Régie des rentes du Québec] a une méthode d’indexation fondée sur les salaires », a précisé M. Duceppe.

Il s’agit selon lui d’un « scandale silencieux » auquel il veut répondre en revoyant la méthode de calcul utilisée.

M. Duceppe a noté au passage que l’effritement de la portion fédérale du système de retraite, combinée à la diminution des transferts en santé, profite à Ottawa. « Le gouvernement fédéral rembourse sa dette sur le dos des personnes qui vont prendre leur retraite », a-t-il fait valoir.

Supplément bonifié

De son côté, le NPD a promis de bonifier le programme de Supplément de revenu garanti de 400 millions sur quatre ans et de ramener l’âge de la retraite de 67 à 65 ans. Mercredi, Hélène Laverdière a indiqué que ce supplément serait octroyé « automatiquement » à ceux qui y sont admissibles.

Elle est cependant demeurée prudente quant à la proposition du Bloc québécois. « C’était la première fois que j’entendais les calculs de M. Duceppe », a-t-elle dit en point de presse.

La candidate libérale, Christine Poirier, a quant à elle rappelé que le Parti libéral du Canada entend bonifier de 10 % le Supplément de revenu garanti pour les aînés vivant seuls et créer un nouvel indice des prix à la consommation spécialement adapté à la réalité des aînés.



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