Mulcair veut rapprocher les «deux Canada»

Thomas Mulcair s’est entretenu avec le grand chef Warren White, à Whitefish Bay, en Ontario.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Thomas Mulcair s’est entretenu avec le grand chef Warren White, à Whitefish Bay, en Ontario.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, s’engage à transformer radicalement les relations d’Ottawa avec les peuples autochtones. Il offre comme garantie de son engagement la création, s’il est élu premier ministre, d’un comité du cabinet qu’il présiderait lui-même et qui s’assurerait que toutes les décisions prises par son gouvernement respectent les droits inhérents et ceux issus de traités avec les Premières Nations.

M. Mulcair a évoqué la piètre qualité de l’eau et des écoles dans les réserves comme autant de preuves qu’il existait deux Canada. Celui des autochtones, digne des pays sous-développés, et l’autre. « Il y a un choix : d’un côté, il y a les vieilles manières de diriger ce pays qui creusent les écarts entre les deux Canada, et de l’autre, il y a une nouvelle approche, un nouveau gouvernement, une nouvelle ère de respect. En tant que premier ministre, je transformerai la relation entre le gouvernement du Canada et les Premières Nations, les Inuits et les Métis », a lancé M. Mulcair alors qu’il s’adressait à une réunion de l’Assemblée des Premières Nations à Enoch, en Alberta.

Le comité du cabinet, a-t-il expliqué, s’assurerait aussi que les décisions fédérales sont conformes à l’esprit de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Il a indiqué que Romeo Saganash, son député cri québécois qui cherche à se faire réélire, siégerait aussi à ce comité.

« Un gouvernement néodémocrate respectera aussi l’obligation faite à la Couronne de consulter les peuples autochtones sur toutes les décisions qui ont un impact sur vous. C’est une responsabilité sacrée », a soutenu M. Mulcair. En fait, le chef néodémocrate est allé plus loin en disant vouloir se rendre toujours disponible pour les leaders autochtones. « Je veux ouvrir les portes du 24 Sussex [la résidence officielle du premier ministre]. Les portes du bureau du premier ministre à l’édifice Langevin seront toujours ouvertes. »


Éducation

M. Mulcair a par ailleurs multiplié les promesses de financement à l’égard des peuples autochtones. Ainsi, il abolirait le plafond de 2 % qui limite la croissance des transferts fédéraux pour les programmes sociaux autochtones. M. Mulcair promet une somme additionnelle de 1,8 milliard de dollars, sur quatre ans, pour l’éducation des Premières Nations.

À titre de comparaison, le Parti libéral de Justin Trudeau promet 2,6 milliards sur la même période pour l’éducation autochtone. La promesse libérale comprend toutefois 1,7 milliard de dollars déjà mis de côté par les conservateurs à cette fin, mais qui n’ont jamais été versés à cause d’un conflit entre Ottawa et les leaders autochtones sur les moyens d’administrer cet argent. L’argent frais libéral ne représente donc que 900 millions. La somme néodémocrate, elle, n’est faite que d’argent frais. Elle représente donc le double de la promesse libérale.

Logements et infrastructures

Le NPD s’engage à consacrer dès la première année de son mandat 100 millions de dollars pour doubler la construction ou la rénovation de logements dans les réserves amérindiennes. Un autre montant de 275 millions pour le reste du mandat serait dédié à la restauration d’infrastructures critiques dans les réserves.

Un gouvernement du NPD consacrerait un total de 68 millions de dollars sur quatre ans pour créer un Fonds national de revitalisation des langues autochtones et un Institut national des langues autochtones.

M. Mulcair a par ailleurs recyclé quelques-unes de ses promesses passées (en matière d’infrastructures, de prêts et bourses ou de santé) pour illustrer comment elles pourraient aussi s’appliquer aux communautés autochtones. Ainsi, il a vanté son plan de consacrer 2,7 milliards en quatre ans pour le logement abordable comme quelque chose qui aiderait les Premières Nations.

La citation du jour

«Récemment, un candidat conservateur a dit que peut-être ils devraient s’en prendre à ma citoyenneté. Je les invite à essayer!»

Thomas Mulcair, à propos de Brad Butt, qui, pour illustrer la loi C-24, a expliqué que le chef du NPD pourrait perdre sa citoyenneté canadienne s’il commettait un acte de haute trahison puisqu’il a aussi la citoyenneté française. Après s’y être longtemps refusé, M. Mulcair s’est engagé dans sa récente autobiographie à renoncer à sa citoyenneté française s’il est élu premier ministre.
3 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 8 octobre 2015 01 h 15

    La seule et unique vision du monde

    Pauvres aurtochones qui ont adhérer de bonne foi au NPD et qui croient que Mulcair peut y changer quelque chose, il ne faut pas mélanger social démocratie et les gens qui utilisent la politique comme passeport, enfin, ca va juste etre, au niveau de leur histoire une déception de plus, peut etre, qu'un jour, ils découvrirons que pour les européens ayant émigrés au CANADA que les intérêts priment toujours sur tout le reste, que c'est la seule et unique vision, qu'ils ont du monde

  • - Inscrit 8 octobre 2015 15 h 51

    Les deux Canadas ? Les huit fromages d'ici !

    Pour Thomas-Tom il n'y a que deux Canadas. Il me fait penser à Benoît, celui de l'annonce qui connait tout ... et ses huit fromages d'ici.

  • Yves Graton - Abonné 9 octobre 2015 17 h 01

    2 Canada

    le ROC et le Québec .
    La tentative de rapprochement : L'échec de MEECH