La frontière américaine reste fermée

Washington - Le ministre canadien de l'Agriculture, Bob Speller, a affirmé, hier, que le Canada et les États-Unis reprendront bientôt le commerce de bétail vivant, sans toutefois préciser dans combien de temps.

La reprise du commerce du boeuf entre les États-Unis et le Mexique contribuerait certainement à faire évoluer la situation, a indiqué M. Speller, qui a dit ne pas comprendre pourquoi la frontière américaine était toujours fermée.

«J'ai demandé à la secrétaire américaine à l'Agriculture, Ann Veneman, de faire enquête pour savoir pourquoi la frontière demeure fermée», a dit M. Speller après sa rencontre avec Mme Veneman et le secrétaire à l'Agriculture du Mexique, Javier Usabiaga.

Ils se sont tous les trois entendus pour mettre à jour les normes internationales afin d'assurer que le commerce de bétail s'appuie sur des données scientifiques lorsqu'un cas de vache folle se présente.

Le Mexique a déjà repris ses importations de boeuf canadien en octobre mais a interdit tous les produits bovins provenant des États-Unis, après la découverte d'un cas de vache folle dans l'État de Washington le mois dernier. Plus tard, l'origine de l'animal a été attribuée à une ferme de l'Alberta.

M. Usabiaga a déclaré que le Mexique serait disposé à rouvrir sa frontière au boeuf américain quand Washington aura adopté des mesures sanitaires qui satisfont les autorités et les consommateurs du Mexique. «La question n'est pas de savoir quand mais plutôt comment le commerce reprendra», a dit le représentant mexicain.

Mme Veneman a indiqué que les autorités américaines ont déjà adopté toutes les mesures sanitaires promises, sauf le système d'identification des animaux, qui n'apparaît pas au nombre des conditions préalables à la reprise du commerce.

Le Canada subissait encore les conséquences de son propre cas de vache folle, découvert en mai, quand les États-Unis ont annoncé le leur le 23 décembre. Les pertes de revenus de l'industrie bovine sont évaluées à 1,9 milliard $ CAN.

Lors d'une rencontre cette semaine au Mexique, le premier ministre Paul Martin et le président George W. Bush ont insisté sur l'importance de développer une étroite coordination entre les deux pays au sujet des cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

Les industries bovines canadienne et américaine disposent désormais d'une réglementation sanitaire commune. Les deux pays ont interdit l'utilisation de nourriture pour animaux fabriquée à partir de certains tissus du cerveau et de la moelle épinière, soupçonnés de transmettre l'ESB.

Les deux pays ont aussi promis d'augmenter les tests, en plus d'introduire des mesures pour traiter les animaux qui sont plus susceptibles d'être atteints par la maladie.