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Leadership conservateur - Vers une lutte à trois

Ottawa — La course au leadership du nouveau Parti conservateur du Canada s'annonce comme une lutte à trois entre un flegmatique idéologue de droite, un conservateur ontarien toujours d'attaque et l'héritière d'un empire de plusieurs centaines de millions de dollars.

Le champ s'est rétréci hier lorsque le député allianciste Chuck Strahl, qui semblait sérieusement vouloir poser sa candidature, a finalement annoncé qu'il passerait son tour.

Il n'est pas le premier à se désister: le leader conservateur, Peter MacKay, l'avocat de Calgary Jim Prentice, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, et l'ex-premier ministre ontarien Mike Harris ont fait de même.

Les deux seuls candidats déclarés sont l'ancien chef de l'Alliance canadienne, Stephen Harper, et l'ancien ministre de la Santé de l'Ontario, Tony Clement.

Belinda Stronach, la dirigeante du géant des pièces d'automobile Magna International, devrait annoncer officiellement sa candidature la semaine prochaine.

M. Strahl a affirmé qu'il n'a pas été capable d'amasser l'argent et les ressources nécessaires pour organiser une candidature sérieuse.

«Malheureusement, si j'ai reçu un appui généreux de plusieurs personnes, je n'ai pas été capable d'atteindre tous mes objectifs à temps pour lancer et assurer ma candidature», a affirmé le député dans un communiqué.

M. Clement et Mme Stronach entrent dans la course avec un handicap évident face à la solidité de l'organisation de M. Harper, mais les règles du parti pourraient jouer en leur faveur. Les membres du parti voteront pour le chef de leur choix entre le 19 et le 21 mars. Chacune des circonscriptions vaudra 100 points, ce qui signifie qu'une circonscription du Québec comptant 50 conservateurs aura autant de poids qu'une circonscription albertaine de 2000 membres. Et le Québec compte davantage de circonscriptions électorales que l'Alberta et la Colombie-Britannique réunies.

Alors que les candidatures ne sont pas légion pour la direction du Parti conservateur — né de la fusion de l'Alliance canadienne et du Parti progressiste-conservateur —, la formation a dû encaisser quelques défections de personnalités ces derniers temps.

Mercredi, le député allianciste Keith Martin a annoncé qu'il quittait le parti et qu'il avait l'intention de se présenter sous la bannière libérale aux prochaines élections. La veille, le seul député du PC au Québec, André Bachand, a dit qu'il siégera comme indépendant jusqu'au déclenchement des élections et qu'il quittera alors la politique.

L'ancien premier ministre Joe Clark et le député John Herron ont tous deux quitté le caucus progressiste-conservateur pour siéger comme indépendants en disant qu'ils ne se présenteront pas du côté des nouveaux conservateurs. Un autre député conservateur, Scott Brison, s'est lui aussi joint aux libéraux.