Le NPD perd encore des plumes

Justin Trudeau reçoit l’accolade d’un militant libéral à Montréal. Le Parti libéral domine maintenant dans les intentions de vote des Canadiens.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Justin Trudeau reçoit l’accolade d’un militant libéral à Montréal. Le Parti libéral domine maintenant dans les intentions de vote des Canadiens.

La bataille électorale se transforme en lutte à deux entre Justin Trudeau et Stephen Harper. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) poursuit sa chute dans les intentions de vote, notamment au Québec, et s’éloigne du pouvoir, révèle un nouveau sondage Léger-Le Devoir-TVA-Le Journal de Montréal.

Le parti de Thomas Mulcair se trouve désormais au troisième rang dans les intentions de vote au Canada, à 26 %, après avoir perdu trois points en une semaine. Le Parti libéral du Canada (PLC) de Justin Trudeau domine avec 32 %, devant le Parti conservateur de Stephen Harper à 30 %. Ces résultats mèneraient à un gouvernement minoritaire.

La dégringolade du NPD est plus marquée au Québec, avec une chute de 10 points en une semaine — après une autre perte de 8 points la semaine précédente. Les troupes de Thomas Mulcair ont perdu une vingtaine de points au Québec depuis le début de la campagne électorale. Le NPD continue de dominer dans la province avec 28 % des intentions de vote, mais se fait talonner par le Parti libéral (24 %), le Bloc québécois (24 %) et le Parti conservateur (21 %).

Signe que le Bloc québécois revient dans la course, le parti de Gilles Duceppe mène désormais chez les francophones au Québec (30 % des intentions de vote), devant le NPD (27 %), les conservateurs (22 %) et les libéraux (18 %). Cette élection risque de se jouer au Québec, où les électeurs semblent plus enclins qu’ailleurs au pays à changer d’idée.

« Il y a du mouvement dans la campagne. Tranquillement, on se dirige vers une course à deux sur le plan national. Il y aura aussi des luttes à deux ou à trois au Québec », dit Christian Bourque, vice-président de la firme Léger.

À noter, même si le port du niqab et le terrorisme occupent beaucoup de place dans les propos des chefs, seulement 15 % des répondants au Québec nomment « la sécurité et le Canada dans le monde » comme l’enjeu le plus important de la campagne, la majorité préférant plutôt « l’économie et les finances publiques » (52 %) ou « les politiques sociales et la gouvernance » (28 %).

Un débat important

Le débat des chefs, ce vendredi soir à TVA — le dernier d’ici au scrutin du 19 octobre —, prend une importance cruciale pour la dernière portion de la campagne. Justin Trudeau et Thomas Mulcair doivent se démarquer comme la meilleure solution de rechange à Stephen Harper, estime Christian Bourque. Le gagnant du débat peut créer l’impression qu’il a le vent dans les voiles et obtenir l’appui des électeurs qui veulent se débarrasser du gouvernement Harper.

La majorité des répondants (57 %) ont l’intention de regarder le débat, selon le sondage. Parmi ceux-ci, 67 % affirment qu’ils n’ont jamais changé d’opinion après avoir regardé un débat des chefs.

« Le débat peut devenir un moment extrêmement important où les électeurs vont dire : “voici où la course s’en va”. Le vote stratégique devient important », dit-il.

Plus de quatre électeurs sur dix (43 %) peuvent encore changer d’idée, indique le sondage mené cette semaine entre le 28 et le 30 septembre. 2107 électeurs canadiens, dont 999 au Québec, ont répondu au questionnaire sur Internet.

Le Bloc québécois et le Parti conservateur ont les appuis les plus solides : 68 % des bloquistes et 61 % des conservateurs affirment qu’ils ne changeront pas d’idée, peu importe ce qui arrivera d’ici au scrutin. À l’inverse, 49 % des électeurs libéraux et néodémocrates indiquent qu’ils peuvent changer d’idée. Justin Trudeau est le deuxième choix des néodémocrates et Thomas Mulcair est le deuxième choix des libéraux. Bref, libéraux et néodémocrates veulent « voter du bon bord » pour battre les conservateurs.

Les libéraux en hausse

« Une bonne partie de cette campagne est un référendum sur le gouvernement Harper. Pour l’instant, ça joue en faveur des libéraux », explique Christian Bourque, de la firme Léger.

Le sondeur note que les libéraux montent lentement mais sûrement dans les intentions de vote depuis le déclenchement de la campagne électorale. Le NPD chute brutalement, tandis que les conservateurs reprennent le terrain qu’ils avaient perdu. Dans les derniers moments d’une campagne électorale, la tendance du vote est cruciale pour aider à prédire l’issue du scrutin.

Quelque 27 % des électeurs canadiens croient que le parti de Justin Trudeau incarne le mieux le changement, tandis que 25 % croient que c’est le NPD, 13 % le Parti vert et 8 % le Parti conservateur. Les chefs des trois principaux partis se trouvent à égalité statistique quand il s’agit de déterminer qui serait le meilleur premier ministre.

Même s’ils se maintiennent dans les intentions de vote, les conservateurs ont un désavantage sur leurs adversaires : 56 % des électeurs canadiens seraient déçus si Stephen Harper remportait l’élection. Par contre, les conservateurs sont perçus comme des gagnants même s’ils déplaisent à une majorité d’électeurs. Le tiers (30 %) des Canadiens croit que le Parti conservateur formera le prochain gouvernement, comparativement à 25 % pour le Parti libéral et 16 % le NPD. Au Québec, 34 % des électeurs croient que le prochain gouvernement sera conservateur, 22 % libéral et 19 % néodémocrate.

32 %
Parti libéral

30 %
Parti conservateur

26 %
Nouveau Parti démocratique
15 commentaires
  • Hélène Gervais - Abonnée 2 octobre 2015 06 h 16

    Est-ce que les Québécois ....

    finissent par s'apercevoir que seul le Bloc peut vraiment les représenter? Peut-être, mais il reste encore deux semaines et demie à la campagne. Espérons que le Bloc continuera à remonter la pente au détriment des 3 autres.

    • Nicole Delisle - Abonné 2 octobre 2015 11 h 08

      Je vous appuie à 100% Mme Gervais. C'est le seul parti qui peut ralentir et faire obstruction aux 3 autres partis, qui ne veulent pas vraiment notre
      bien, mais beaucoup plus nos votes. Leur plan ou programme vise l'intérêt du Canada d'abord, ce qui est normal, mais aussi leur réélection
      éventuelle. Alors, ce qui est bon pour le reste du Canada n'est pas nécessairement aussi bon pour le Québec, qui est le plus souvent complètement oublié dans "leur plan"! Voyons clair enfin et cessons d'être
      "le dindon de la farce" ou le "con de service"!

    • J-Paul Thivierge - Abonné 2 octobre 2015 11 h 42

      Je suis en faveur de l'écologie et des idées du parti Vert et la position du Bloc selon la boussole électorale est très proche de celle du parti vert
      MAIS au Québec j'espère que les quelques candidats vedettes du P V ne prendront pas des votes en divisant le vote...
      ce qui feraient passer des candidats fédéralistes nuisibles aux orientations anti exportation pétrolière du Québec

    • Yves Corbeil - Inscrit 2 octobre 2015 11 h 44

      Ils sont sur la bonne voie, la seule pour une représentation sûre et valable à Ottawa.

      Go bloc go!

  • Jacques Boulanger - Inscrit 2 octobre 2015 06 h 50

    Pourquoi Diable, voter NDP ?

    Le PCC et LPC sont les deux partis pan-canadiens en mesure de prendre le pouvoir. Oubliez le NDP qui ne doit sa troisième place qu'avec l'appui massif des Québécois. Ailleurs au Canada, le NDP est resté ce qu'il a toujours été, i.e. une force morale plutôt qu'une force politique. Si l'on devait suivre la logique du vote stratégique pour se débarasser du PCC, c'est Liberal qu'il faudrait voter et non pas NDP. Un vote NDP ne contribue en fait qu'à affaiblir le LPC et au contraire, contribuer à maintenir le PCC au pouvoir ! C'est l'envers du bon sens et l'envers de la position initiale du vote stratégique qui tablait sur la faiblesse du LPC. La réalité donne tort à cette prétendue stratégie qui n'avait pour but en fait que d'éloigner les Québécois du Bloc québécois. On reconnaît bien là, le discours fourbe des stratèges solidaires néo-démocrates.

    • - Inscrit 2 octobre 2015 09 h 34

      Vous tombez tout à fait dans le mille M. Boulanger. La logique de nos tacticiens du dimanche se tourne contre eux. La seule stratégie réaliste est de toujours voter pour nos intérêts. Koutouzov n'aurait pas donné des munitions à Napoléon comme les bonnes âmes qui se prétendent de gauche en ont donné aux partis fédéralistes. Je ne serais pas surpris de les voir maintenant nous demander de voter liberal !

  • Alain Lavallée - Inscrit 2 octobre 2015 07 h 50

    Le vote stratégique est mort. Le Bloc québécois est la meilleure solution.

    Le vote stratégique est mort. Une nouvelle campagne est commencée suite au premier débat en français, où Duceppe a gagné et Mulcair s'est coulé.

    Le Québec doit maintenant voter authentique, pour un parti qui défend ses intérêts (contre le pipeline et le feluve changé en autoroute à étrolier) et ses valeurs (visage découvert pour actes de citoyenneté) et seul le Bloc québécois le fait.

    À 24 % du vote et à 30 % chez les francophones, le BLOC est assuré d'une douzaine de députés... il faut continuer à le renforcer....

    J'annonçais le début de cette nouvelle campagne le lendemain du 1er débat et la fin de la vague orange... dans un billet du Huff Post

    http://quebec.huffingtonpost.ca/alain-lavallee/son


    Et maintenant le Québec a besoin d'un raz de marée Bloc québécois

    • Clermont Domingue - Abonné 2 octobre 2015 09 h 34

      Oui monsieur!

    • J-Paul Thivierge - Abonné 2 octobre 2015 11 h 34

      Comme on peut constater ce sont les 121 sièges de l'Ontario qui vont montrer ce que sera le prochain gouvernement que j'espère MINORITAIRE mais qui durera quand même 3 ans environ comme les parties auront a refaire leur caisse électorale.
      Cependant pour le Québec une quinzaine ou plus de député-e-s du Bloc Qc pourront jouer les troubles fêtes en détenant une certaien forme de balance du pouroir sur des questions stratégiques et surtout sur l'exploitation et l'exportation de sale bitumineux .
      Je suis en faveur de l'écologie et la position du Bloc selon la boussole électorale est très proche de celle du parti vert MAIS au Québec j'espère que les quelques candidats vedettes de PV ne feront pas passer des candidats fédéralistes nuisibles au Québec en divisant le vote...

  • Colette Pagé - Inscrite 2 octobre 2015 09 h 42

    Le niqab et la mise en échec du NPD .

    Sans la position discutable voire déraisonnable du NPD sur le port du niqab, une véritable pelure de banane du machiavélique Stephen Harper, il est raisonnable de penser que le NPD aurait pu prendre le pouvoir. Maintenant, le pari est perdu !

    Et ce d'autant plus que lorsque 93% des électeurs sont opposés à ce vêtement, le NPD est identifié comme un Parti qui n'est pas à l'écoute des électeurs.

    Heureusement, au Québec, le BQ permet aux électeurs de voter pour un parti qui défend l'égalité hommes/femmes et qui défend exclusivement les intérêts du Québec.

    • Jacques Gagnon - Inscrit 2 octobre 2015 13 h 01

      La position du NPD et des Libéraux sur le niqab est tout sauf une simple pelure de banane ou un sujet insignifiant et divisif comme les laisse croire François David. Au contraire on est dans le vif du sujet de la Charte des droits et libertés du Canada. Cela illustre que le temps venu, ces deux partis vont se réfugier derrière les juges comme ils l'ont clairement dit. Quand viendra le temps de défendre les intérêts de plus de 90% de la population québécoise, ils se défileront derrière la loi, cette loi qui ne définit même pas ce qu'est une religion et les limites que l'on pourrait imposer aux religions. On est dans l'absurdité totale.

      Qu'est-ce qui empêche Mulcair de dire qu'il s'oppose à la Charte ? Autre question intéressante. Il veut prouver au ROC qu'il se rangera derrière eux quand viendra le temps de mettre le Québec à sa place, à la différence du Bloc. Il faut le voir jouer la comédie de l'homme embarassé par la question du niqab. «Moi aussi je suis mal à l'aise». On ne te demande pas d'être à l'aise Thomas, on te demande simplement de reconnaître la volonté des Québécois et de faire de toi un Tom.

  • Robert Boucher - Abonné 2 octobre 2015 09 h 47

    Vivement une Charte de la Laïcité au Canada

    Une Charte de la Laïcité, claire et précise, au Canada, comme au Québec, serait la meilleure façon de permettre d'éviter à l'avenir que le pouvoir politique manipule les valeurs religieuses de ses citoyens actuels et futurs, comme le fait actuellement le gouvernement conservateur en bernant la population sur la question du niqab pour parvenir à ses fins politiques qui sont actuellement seulement de se faire réélire, peu importe les conséquences sur les grands enjeux que sont les changements climatiques, notre environnement global qui se détériore à vue d'oeil, notre réputation et notre influence au niveau international, le chômage, la pauvreté, les guerres, les souffrances et les déplacements de populations qui s'en suivent, etc...Durant le peu de temps qui nous reste avant les élections du 19 octobre, ce serait la moindre des choses que les partis politiques en présence s'occupe de cette vraie affaire, soit promettre une consultation et un vrai débat public sur la question de l'affirmation de la laïcité du Canada et sa manifestation dans une Charte. Une telle charte nous permettrait avec le temps d'atteindre une paix sociale nécessaire pour continuer notre développement dans un climat plus harmonieux.
    Robert Boucher Saguenay Jonquière