Le Québec pourrait déterminer l’issue des élections, estiment les sondeurs

L’impasse politique annoncée par les sondages nationaux au cours de la majeure partie de la campagne électorale fédérale semble être chose du passé à deux semaines des élections du 19 octobre, ont affirmé des sondeurs, jeudi.

Les sondages effectués depuis la mi-septembre par une grande variété de firmes laissent entendre que le Nouveau Parti démocratique (NPD) a perdu des appuis alors que le Parti conservateur a en gagné et que le Parti libéral a apparemment bénéficié de la dégringolade du NPD de la première à la troisième place.

Les intentions de vote relativement stables à l’échelle nationale, ont ajouté les sondeurs, cachent toutefois les importantes divisions présentes au Québec, où les leaders néodémocrate, conservateur, libéral et bloquiste se réuniront vendredi pour le second et dernier débat en français de la campagne.

« Le Québec est le seul endroit où les choses bougent vraiment », a indiqué Darrell Bricker d’Ipsos Reid, notant que la lutte demeurait forte entre le NPD, le Parti conservateur et le Parti libéral en Ontario.

La controverse concernant une directive qui obligerait les musulmanes portant le niqab à prêter serment le visage découvert durant la cérémonie de citoyenneté — une politique qui n’aurait touché que deux femmes depuis 2011, selon les données du gouvernement fédéral — est généralement vue comme la raison derrière la remontée des conservateurs au détriment des néodémocrates, particulièrement au Québec.

« Il semble que les conservateurs aient remporté un franc succès en adoptant la ligne dure par rapport au niqab la semaine dernière, a déclaré Lorne Bozinoff de Forum Research dans un communiqué publié jeudi. Cela a clairement eu un impact au Québec et a même ressuscité le Bloc québécois menacé de mort politique presque certaine. »

Le NPD en mauvaise posture

Peu importe les influences, après des semaines d’impasse durant lesquelles les trois principales formations politiques se sont battues dans les marges d’erreur des sondages, le modeste mouvement national pousse les médias à opter pour un ton différent qui pourrait potentiellement jeter le chef du NPD, Thomas Mulcair, en dehors de la course.

« Le NPD peut dire adieu à ses chances de former le gouvernement », a tranché le chroniqueur Lawrence Martin dans The Globe and Mail.

D’après Chantal Hébert, chroniqueuse au Toronto Star, ce n’est pas le niqab que M. Mulcair devrait craindre, mais bien cette nouvelle tendance alimentée par les sondages et la presse.

À la dissolution du Parlement, 54 des 95 députés néodémocrates provenaient du Québec. Christian Bourque, de Léger, a révélé qu’au début de la campagne, le NPD récoltait de 45 à 51 % des intentions de vote en sol québécois. Mais depuis 10 jours, le parti recueille plutôt 30 % dans la plupart des sondages, alors que le soutien envers les conservateurs, les libéraux et les bloquistes tourne autour de 25 % pour chaque parti.

M. Bourque a prévenu que cette situation pourrait provoquer une dilution du vote néodémocrate à travers la province et déclencher des luttes à quatre qui ouvriraient la voie à la victoire des députés conservateurs et libéraux locaux.

8 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 1 octobre 2015 20 h 58

    On se calme les anglos

    Le Québec décide pas du gouvernement à Ottawa, c'est l'Ontario qui décide qui elle veut. Nous on va appuyé celui qui va défendre les Québécois, et c'est certainement pas Harper donc faites votre job si vous voulez vous en débarasser autant que nous.

    Soyez stratégiques, nous, nous allons être pratique.

    Go bloc go!

    • Pierre Vincent - Inscrit 1 octobre 2015 21 h 08

      Juste un problème, voter Bloc québécois risque d'aider Harper à gagner...

    • Cyr Guillaume - Inscrit 1 octobre 2015 23 h 00

      Effectivement vive le Bloc Québécois, et à 25% et +(car cela va surement encore remonté), j'ai bien hâte de voir le nombre de sièges qu'ils vont obtenir!

  • Alain Lavallée - Inscrit 1 octobre 2015 21 h 35

    Avec le NPD 3e au Canada, c'est le vote stratégique qui est mort au Québec, pas le Bloc

    Le NPD a glissé en 3e place au Canada. En Ontario, il accuse plus de 12 % de retard sur les COnservateurs et les libéraux, C'est l'Ontario qui décide car elle a une quarantaine de comtés de plus que le QUébec... et là bas le NPD n'est plus dans la course. Mëme dans l'Ouest le NPD est 3e.

    Cela fait que le QUébec n'a plus rien a gagné dans ce marketing illusoire du "vote stratégique car le prochain gouvernement du Canada sera minoritaire... dans ce contexte vaut mieux avoir des députés du Bloc qui eux défendront les intérêts et valeurs du QUébec... dans un gouvernement minoritaire c'est important

    Je montre dans une analyse de la campagne, que le premier débat en français a coulé le NPD au QUébec. Et que le Bloc, est bien en vie au niveau de 20 % . Avec un NPD à 30 % et un Bloc à 20 %, l'expert Bryan Breguet de Too close to call, montre que pour chaque point de % que le NPD perd aux mains du Bloc, le Bloc gagne 5 députés... à 23 % le Bloc peut aller chercher les 12 députés pour être reconnu.

    Vaut mieux voter authentique au QUébec... à savoir selon nos valeurs et intérêts... Non au pipeline Energy East , et seul le BLOC nous défendra sur cette question (Conserv ' Libéraux et NPD sont pour) ... quant à la position du NPD et des Libéraux sur le niquab, elle est inacceptable pour plus de 90 % des QUébécois, alors le Bloc se lèvera debout


    pour les intéressés par cette analyse qui déconstruit les propagandistes du vote stratégique voir mon billet sur le Huffington Post QUébec

    http://quebec.huffingtonpost.ca/alain-lavallee/son

  • André Demers - Abonné 1 octobre 2015 21 h 42

    Là où se décidera le gouvernement...

    Ce n'est pas au Québec que se décidera le sort du gouverneent, mais en BC, et la soirée électorale sera longue. Au Québec il serait douteux que le NPD ne perde pas 15 comtés ou plus, à répartir entre + 4 conservateurs, + 8 libéraux et + 3 blocs. Ces 4 additionnels aux conservateurs ne compenseront pas les pertes subies partout ailleurs.
    Les libéraux gagneront plusieurs sièges en Ontario, à cause de la volonté de changement et du faible charisme de Mulcair, notamment. Le NPD est troisième partout, ce que ne considère pas encore l'électeur québécois moyen qui ne peut plus sentir Harper et croit pouvoir lui trouver une alternative en le NPD, nonobstant le hidjab.
    Donc plus de libéraux un peu partout au pays produira probablement un nouveau gouvernement conservateur minoritaire, mais peut être une surprise libérale si le BC
    se pince le nez et se dit qu'un gouvernement libéral minoritaire (même mené par Trudeau jr) négociant avec le NPD serait mieux que la réélection de ces bornés-toqués-manipulateurs-corrompus qui nous gouvernent depuis trop longtemps et handicapent l'avenir du pays et celui de la planète!
    «Come on, guys! ». C'est à votre tour de décider.

  • Claude Poirier - Abonné 1 octobre 2015 22 h 51

    "Votez stratégique"

    Voilà le message 'subliminal' que nous envoie un tel titre: "Le Québec pourrait déterminer l’issue des élections, estiment les sondeurs."

    En plus, que des références de sondeurs du ROC.

    Aucune subtilité, quoi!

    Est-ce un traduction?

  • Diane Gélinas - Inscrite 2 octobre 2015 00 h 53

    Québec : élections fédérales = 3 contre 1

    « Le NPD peut dire adieu à ses chances de former le gouvernement », a tranché le chroniqueur Lawrence Martin dans The Globe and Mail.

    La seule chance pour le NPD de remonter dans le ROC serait que le Québec se prononce majoritairement pour le Bloc Québécois avant le 19 octobre. Cet appui démesuré du Québec est, entre autres, une cause évidente de son peu d'appui au Canada anglais.

    Au Québec, le vote progressiste ira au Bloc et les fédéralistes inconditionnels auront l'embarras du choix entre le «plus» pire, le pire et le moins pire.

    À part quelques ilôts conservateurs - et on commence à entendre que certains ministres conservateurs seraient en difficulté dans leur comté - les Québécoises et Québécois ne voteront pas pour Stephen Harper à cause, entre autres, de :

    1. L'imposition du pipeline bitumineux sur notre territoire sans acceptabilité sociale;
    2. La perte de contrats de construction navale à la Davie dans la région de Québec;
    3. La Loi C-51 contre le terrorisme... ou Loi du bâillon de la liberté de parole;
    4. Les millions à l'industrie automobile ontarienne et des miettes au Québec;
    5. Le mépris pour la démocratie par l'adoption de Lois Mammouth;
    6. La subvention de l'électricité à Terre-Neuve, en concurrence à celle du Québec;
    7. La dénonciation de la volonté du PM Couillard de signer la Constitution de 1982. Etc.

    Le Bloc Québécois est notre seule assurance que le Québec retrouvera son droit de parole à Ottawa et assurera une représentation sûre si le Québec décidait, en 2018 ou avant, d'élire le PQ et d'entamer sa procédure de divorce «Québec vs Canada».