Débattre pour conquérir les jeunes

Des représentants des partis fédéraux ont participé à un débat organisé à l'UQAM.
Photo: Annick MH De Carufel Le Devoir Des représentants des partis fédéraux ont participé à un débat organisé à l'UQAM.

Leur macaron partisan bien en vue, cinq candidats d’autant de partis débattaient mardi soir à l’UQAM devant un public relativement jeune.

Politique étrangère, réfugiés, changements climatiques, entreprises, paradis fiscaux et même référendum sur l’indépendance du Québec : le débat organisé par la Faculté de science politique et de droit, en collaboration avec l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) a offert un bon condensé des positions des partis. Les candidats sont visiblement bien rodés après plusieurs exercices du genre depuis le début de cette longue campagne électorale.

Les cinq représentants, contrairement à leurs chefs lors du débat télévisé de jeudi dernier, n’ont pas digressé une seule fois à propos du niqab. Appelé à décrire la place du Canada dans le monde, le candidat conservateur Rodolphe Husny a remis de l’avant la volonté de son chef d’intervenir militairement en Syrie et en Irak. Une proposition qui n’a trouvé aucun écho chez les autres candidats, qui ont unanimement déploré que le Canada soit devenu « un cancre » sur la scène internationale.

« C’est une diplomatie de cowboys », a affirmé énergiquement Hélène Laverdière, candidate du NPD dans Laurier–Sainte-Marie, la circonscription également briguée par Gilles Duceppe. Le bloquiste Gilbert Paquette a quant à lui regretté que le Canada déploie un « appareil bureaucratique extrêmement tatillon » au détriment d’une vision humanitaire, qui lui permettrait à son avis d’accueillir plus rapidement des réfugiés de Syrie ou d’ailleurs.

Daniel Green, du Parti vert, a élargi le leitmotiv, qualifiant le Canada de « cancre de la responsabilité collective », un avis partagé par le candidat libéral Marc Garneau. « Le Canada va péter la balloune et nous ferons partie de la condamnation du globe », a prédit M. Green, tout en dénonçant à nouveau l’ambiguïté du NPD par rapport au projet Énergie Est. La dépendance au pétrole aura pour une rare occasion déclenché davantage les passions que l’économie, qui a ensuite occupé les discussions.

Conquérir le jeune électorat

Lors des élections fédérales de 2011, seulement 39 % des jeunes de 18 à 24 ans ont exercé leur droit de vote, contre 70 % pour les électeurs plus âgés. Malgré ce faible pourcentage, les candidats des partis présents pour le débat assurent pourtant que les plus jeunes représentent un segment à conquérir.

Interrogés par Le Devoir sur cette question, tous les candidats ont énuméré les débats organisés dans les universités, les collèges et même les écoles secondaires. Même s’ils sont presque quotidiens à cette étape de la course électorale, ils sont insuffisants aux yeux de M. Husny, qui mise sur les médias sociaux.

Cette fois, l’invitation dépassait aussi les affiliations partisanes. « L’important est que les jeunes votent », a affirmé en ce sens Mme Laverdière. « Je vois des gens qui s’engagent, qui sont super actifs dans leur société, mais cet engagement doit s’accompagner du vote », a-t-elle ajouté.

Deux étudiantes questionnées parmi le public promettaient de participer au scrutin. « Je sais déjà pour qui voter, je suis allée par élimination », a par exemple confié Laurie Corria, étudiante de 19 ans, qui se rendra aux urnes pour la première fois le 19 octobre prochain.

La citation du jour

«Avec trois députés à la dissolution du Parlement, le Parti vert en compte un de plus que le Bloc. Comment dès lors justifier la présence du Bloc et l’absence du Parti vert ? Est-ce que la proximité et l’amitié déclarée entre Pierre Karl Péladeau, toujours lié à TVA, et Gilles Duceppe peuvent expliquer ce favoritisme?»

Daniel Green, candidat du Parti vert dans Ville-Marie–Le Sud-Ouest–Île-des-Sœurs, à propos de l’absence de la chef Elizabeth May au débat de TVA ce vendredi.


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