Le niqab et le Sénat échauffent les esprits

Justin Trudeau et sa compagne devant l'immeuble de Radio-Canada, jeudi soir
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Justin Trudeau et sa compagne devant l'immeuble de Radio-Canada, jeudi soir

Le troisième débat de la campagne électorale fédérale, le premier en français, n’a pas échappé jeudi soir à la controverse sur le port du niqab. Les cinq leaders invités à croiser le fer à Montréal se sont attaqués avec virulence, les Mulcair, Trudeau et May reprochant aux Harper et Duceppe de monter en épingle à des fins partisanes un enjeu qui n’a aucune incidence dans la vie de tous les jours des citoyens. Seul l’avenir du Sénat a donné lieu à des échanges aussi musclés.

La question posée aux chefs allait plus loin que l’actuel débat sur la pertinence d’interdire le port du voile intégral pendant les cérémonies de citoyenneté. Il s’agissait de déterminer s’il fallait exiger que les services de l’État soient offerts et reçus à visage découvert. Le chef libéral Justin Trudeau a été le premier à accuser ses adversaires conservateur et bloquiste « de jouer sur la peur et la division » pour gagner des votes. « Si un homme ne peut pas imposer sa volonté sur la façon dont une femme s’habille, on ne devrait pas avoir un État qui impose la façon dont une femme ne devrait pas s’habiller. »

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a emboîté le pas à son rival en reprochant au chef conservateur Stephen Harper « de cacher son bilan derrière le niqab ». La chef du Parti vert, Elizabeth May, — invitée par M. Trudeau à se prononcer en tant qu’unique femme dans la mêlée — a parlé d’un « faux débat » qui n’a aucun impact sur l’économie, les changements climatiques ou le chômage.

Mais le chef bloquiste, dont c’était la première participation aux débats électoraux cette année, s’est rebiffé. « Moi je pense que l’égalité hommes-femmes n’est pas un faux débat. » Il a fait valoir que plus de 90 % de la population québécoise se dit opposée au niqab. « On ne divise pas, on respecte cette volonté fondamentale des Québécois. »

Lorsque Stephen Harper a voulu mettre son grain de sel, le débat a totalement dégénéré. « M. Mulcair, je ne vais jamais dire à ma jeune fille qu’une femme devrait se couvrir le visage parce qu’elle est une femme. » Piqué, le chef néodémocrate s’est mis à vociférer qu’il ne fallait pas s’attaquer à la femme derrière le voile, mais à l’oppression. Les deux hommes, qui étaient situés côte à côte, se sont alors matraqués de paroles inaudibles. La cacophonie a été totale pendant 30 longues secondes.

La constitution sur la table

Le débat a été tout aussi chaud lorsque les animateurs ont abordé l’abolition du Sénat. Justin Trudeau a reproché à Thomas Mulcair de vouloir « lancer une mégaronde de débats et de négociations sur la Constitution » alors que lui propose plus prosaïquement de rendre le Sénat non partisan en expulsant les sénateurs des caucus de parlementaires.

« À entendre les autres partis, on est pris avec la Constitution et les reliques de 1867. […] C’est passé, vétuste, c’est notre passé historique britannique », a déploré M. Mulcair. Quand il a fait valoir que la Constitution avait été modifiée avec succès pour permettre l’abolition des commissions scolaires confessionnelles au Québec, Gilles Duceppe a saisi la balle au bond.

« C’est Mme Marois qui a réussi à changer cette loi sur les commissions scolaires et c’était un changement bilatéral. Ce que vous proposez n’est pas du tout la même chose. Ça prend l’unanimité des provinces et le Québec a dit non, l’Ontario a dit non, les Premières Nations veulent avoir leur mot à dire. On ne pourra pas rouvrir la Constitution sans parler des demandes du Québec. » M. Duceppe a fini par dire que « la Constitution n’est pas amendable » et que la seule solution était la souveraineté. Ce à quoi Stephen Harper a lancé, du tac au tac : « M. Duceppe, c’est un débat passé date. » M. Harper a soutenu qu’en l’absence d’un consensus des provinces sur l’avenir du Sénat, « la meilleure chose à faire » est de laisser l’institution disparaître par attrition. « Il y a 22 vacances au Sénat et on peut laisser ces sièges vacants. On est en train de réduire les dépenses du Sénat. »

Les esprits déjà échaudés ont poursuivi sur leur lancée lorsqu’il a été question du seuil nécessaire d’appui pour que le Canada reconnaisse un vote favorable à la sécession du Québec. Gilles Duceppe a proposé sa question idéale : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant ? […] Avec une question aussi claire que celle-là, je ne vois pas comment le Canada pourrait refuser de négocier. »

Justin Trudeau a reproché à Thomas Mulcair de ne pas tenir le même discours sur la règle du 50 % +1 selon qu’il parle en français ou en anglais. Les deux hommes se sont obstinés sur ce que la Cour suprême avait voulu dire dans son avis sur la clarté référendaire. Gilles Duceppe est entré dans la mêlée pour reprocher à M. Mulcair sa participation au camp du Non en 1995, dont les agissements ont été critiqués. Stephen Harper a fini par trancher : « Veut-on vraiment d’un Parlement qui radote sur ce sujet ? »

D’infrastructures et d’environnement

Le débat a été l’occasion pour les chefs de parler d’économie. La question des infrastructures a occupé plusieurs des échanges. Justin Trudeau a rappelé à plusieurs reprises que la congestion routière avait un coût important et qu’il fallait profiter des bas taux d’intérêt. Thomas Mulcair a reproché au chef libéral de « revenir aux vieilles formules » consistant à « laisser une dette monumentale sur le dos des générations futures ». Ce à quoi M. Trudeau a répliqué : « un nouveau métro, c’est pas une dette, M. Mulcair ».

Pour sa part, le sort des réfugiés syriens a mis Stephen Harper en opposition avec ses quatre rivaux. Le chef conservateur a répété son discours : « Ce n’est pas le moment de juste ouvrir les vannes. Ce n’est pas responsable. On doit maintenir notre système de sélection des groupes prioritaires et assurer notre sécurité. »

Justin Trudeau lui a rétorqué que « c’est son gouvernement qui est en train de refermer les portes du Canada ». Les chefs néodémocrate, libéral, bloquiste et du Parti vert lui ont tour à tour répliqué que le Canada pouvait, et devait, faire plus.

Quant à la mission militaire que Stephen Harper a entamée en Irak et en Syrie, sans l’appui des partis d’opposition, là encore le chef conservateur a été attaqué de toutes parts. Le NPD s’oppose à tout engagement militaire, le Parti libéral plaide qu’il faut cesser les bombardements et plutôt miser sur la formation des forces locales. Elizabeth May a de son côté noté que « la crise humanitaire, la guerre civile sont causées par Bachar al-Assad et son bilan meurtrier » qui ont tué « huit fois plus de gens qu’État islamique ».

M. Harper avait tout de même un allié : Gilles Duceppe, qui a fait valoir que le Canada ne pourrait pas livrer d’aide humanitaire simplement en cognant à la porte d’État islamique en espérant qu’il nous laisse entrer.

Sujet inattendu, les chefs ont aussi discuté de l’Arabie saoudite, à savoir si Ottawa devrait imposer des sanctions au régime au bilan en matière de droits de la personne désastreux, ou encore refuser de signer des contrats de ventes d’armes avec eux. « M. Harper ne le fait pas », a accusé M. Mulcair. Le chef conservateur lui a répliqué que « ce n’est pas juste de punir pour ça des travailleurs à London [où se trouve une usine de fabrication de blindés vendus au régime saoudien] ».

Stephen Harper a aussi été la cible d’attaques dans le dossier de l’environnement. « Ça fait dix ans que M. Harper ne fait rien sur les changements climatiques », a scandé M. Trudeau. « C’est clair qu’on doit se préparer aux négociations à [la Conférence de Paris, en décembre]. Et ce n’est pas possible si vous restez, M. Harper », a renchéri Mme May.

Gilles Duceppe a profité du thème pour attaquer une fois de plus MM. Mulcair et Trudeau, qui s’opposent aux pipelines Keystone XL ou Northern Gateway, dans l’Ouest, mais qui restent plus vagues sur celui d’Énergie Est, qui traverserait le Québec. Les deux chefs ont répété qu’ils réclameraient une nouvelle évaluation environnementale, plus robuste. Mme May leur a rappelé que cette opposition n’est pas unique au Québec. « Les peuples de Colombie-Britannique sont en solidarité avec les peuples du Québec, en disant non aux pipelines. »

Niqab: Duceppe dit défendre la position du Québec

Au terme d’une soirée animée en bonne partie par la question du niqab, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s’est défendu d’utiliser cet enjeu sensible pour marquer des points. «Ce n’est pas parce que peu de femmes portent le niqab que cette question n’est pas fondamentale, a-t-il fait valoir en point de presse après le débat. C’est un droit sacré, c’est fondamental l’égalité homme-femme. Il n’y a pas de division au Québec, 90 % des Québécois et Québécoises sont contre [l’assermentation à visage voilé] À l’opposé, le chef libéral Justin Trudeau a une fois de plus accusé le Bloc et le Parti conservateur de tenter de capitaliser sur cet « enjeu de division ». « Ce n’est pas ce qui préoccupe les gens. Ce qui préoccupe les gens, ce sont les emplois, l’avenir de leurs enfants », a-t-il affirmé. Tenant un discours semblable à celui de M. Trudeau, le chef néodémocrate Thomas Mulcair s’est dit persuadé que le niqab ne lui coûtera pas de votes au Québec. « Je pense que si vous regardez notre situation à travers le Québec, on continue d’aller très bien, a-t-il soutenu. J’ai la confiance des Québécois qui me connaissent depuis très longtemps. » Le chef conservateur Stephen Harper ne s’est pas adressé aux médias après le débat. Karl Rettino-Parazelli
410 000 $
C’est la somme dépensée par le Conseil privé pour mener des sondages en 2014-2015, une année préélectorale. Il s’agit du montant le plus élevé depuis 2008. Les résultats d’un sondage sur le niqab menés en mars ont d’ailleurs été publiés jeudi, quelques heures avant le débat.
81 commentaires
  • Stéphane Laporte - Abonné 25 septembre 2015 01 h 52

    ?

    On fabrique des blindés pour l'Arabie saoudite à London? Je ne savais pas.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 25 septembre 2015 09 h 53

      Eh oui! Et le principal client: Arobie Saoudite... pays le plus intégriste...
      Et l'arobie Saoudite soutient à son tour le fameux EI... Et d'autre part, Harper serésente comme le champion pour combattre l'Islam intégriste!

      Allons donc comprendre la cohérence de Harper!

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 25 septembre 2015 11 h 05

      money talk...et la dessus Mr Harper a bien raison , je doute fort que si par chance ces blindes seraient contruits dans votre province... il y aurait un tolle de protestations... anyway autant leur en vendre , ils en auraient achete ailleurs...

    • Yves Corbeil - Inscrit 25 septembre 2015 13 h 33

      Vous avez raison M.de Ruelle,

      C'est comme les politiciens qui nous volent après avoir été élus, autant continué à voter pour eux sinon ce serait d'autres qui nous voleraient à leur place et ça pourrait être pire ou plus cher.

  • Roland Dussault - Inscrit 25 septembre 2015 02 h 05

    LES FAUSSES PRÉMISSES DE THOMAS MULCAIR

    Thomas Mulcair a répété au débat d’hier ce qui est clairement de la flatterie de sa part. Il avait, il y a quelques jours, comparé l’incomparable : le droit du journaliste d’ici et celui du candidat à l’immigration. « Ce n’est pas en privant ces femmes de leur citoyenneté et de leurs droits… », commençait-il chaque fois ses interventions. Mais, de quels droits parlait-il ? Un immigrant non encore assermenté aux fins de son acceptation ici, n’a pas de droits. Il n’a que des obligations dont celles de s’identifier, à visage découvert, pour être assermenté, selon les us et coutumes d’ici. C’est l’obligation de tous les candidats à l’immigration. Il a encore moins le droit de pouvoir faire triompher ses idées sur les modalités des assermentations. Cette prérogative viendra après son assermentation dans le cadre des droits reconnus. M. Mulcair, arrêtez de chercher à nous confondre.
    Roland Dussault, Montréal.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 septembre 2015 09 h 00

      Monsieur Mulcair ne leur reconnaît aucun droit préalable à l'accession à la citoyenneté, qui demeure pour lui comme pour tout le monde un privilège laissé entièrement à la discrétion de la terre d'accueil.

      Mais on ne fait peut accorder la pleine citoyenneté à quelqu'un en lui imposant comme condition de renoncer d'entrée de jeu à un droit qu'on reconnaît aux autres.

      Par conséquent, s'il faut interdire le port du niqab dans l'espace public, il faudra le faire de manière à ce que cela ne serve pas à des fins de profilage ethnique, culturel, religieux compromettant la reconnaissance de la dignité de citoyen.

      S'il faut le sanctionner, que toutes le soient. La question: le faut-il? L'avis de monsieur Mulcair et du NPD, c'est que ce qu'il faut sanctionner, c'est l'obligation qui serait faite aux citoyennes au mépris de leurs droits, par dessus les lois qui protègent ici l'égalité hommes/femmes... et non les comportements qui heurtent les préférences des uns ou des autres, qu'ils soient islamissses ou laïcisssses.

    • Gilles Théberge - Abonné 25 septembre 2015 11 h 36

      Mulcair est mal pris avec sa logique.

      Si tous, ont des droits égaux de quoi servent les simagrées de l'assermentation. Si on ne peut affirmer sa spécificité dans un geste premier qui est l'assermentation, à quoi sert l'assermentation.

      Ah oui, c'est vrai, ici c'est "le multiculturalisme". Autrement dit, c'est tout, et n'importe quoi.

      Il vaut mieux se faire discret sur nos propres valeurs. Elles sont dépassées.

    • Raymond Labelle - Abonné 25 septembre 2015 12 h 04

      Je ne comprends pas pourquoi le respect du décorum de la cérémonie où une immigrante se fait attribuer la citoyenneté canadienne émeut tant certains indépendantistes. Les indépendantistes québécois sont-ils si attachés au Canada?

      Cela émeut plus le Bloc que, par exemple, le caractère progressiste des mesures proposées par le NPD pour améliorer l'Assurance-emploi, et l'élimination des mesures régressives du gouvernement Harper par exemple. Mesures du gouvernement Harper qui ont fait souffrir des milliers, peut-être des millions de nos concitoyens au cours des années passées. Cela laisse le Bloc parfaitement indifférent, ne soulève aucune émotion – n’amène aucune reconnaissance ou félicitation de sa part.

      Mais l’immigrante sur 10 millions qui porte le niqab à la cérémonie de citoyenneté, après s'être montré le visage en privé à l'agent-e d'assermentation, soulève les passions les plus vives.

      L'humain est bien étrange.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 septembre 2015 14 h 15

      Monsieur Théberge, je comprends bien vos arguments, que vous avez déjà exposés à plusieurs reprises.

      Cependant, on peut très bien concevoir que ce qui fait « notre spécificité », dans le Canada actuel ou dans un éventuel Québec indépedant, ce soit justement ce multiculturalisme dont le seul nom sonne désormais comme une injure. En l'occurrence, reconnaître le droit de porter le niqab ne nous force peut-être à nous faire « discret » sur nos valeurs que si nous rêvons de pouvoir les imposer à tous, comme nous en convervons peut-être une nostalgie héritée des temps catholiques.

      Mais je le répète, je comprends votre inquiétude, même si je ne la partage pas.

  • Cyr Guillaume - Inscrit 25 septembre 2015 02 h 14

    Très bon débat M.Duceppe

    Et il a visé juste encore une fois avec le niqab et le pipeline, en plus de remettre le passé référendaire de M.Mulcair, et son opportunisme politique.

    • Pierre M de Ruelle - Inscrit 25 septembre 2015 11 h 03

      oui... mais la cassette est vide, quand a gouverner, il se trompe de parlement... et des gens vont peut etre voter pour une personne qui n'aura aucun effet sur les changements politiques, la mouche du coche, mais bon respectons la democratie.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 25 septembre 2015 11 h 40

      Oui, Gilles Duceppe a bien débattu, parce qu'il a en général posé de bonnes questions et avancé d'excellents chiffres. Je pense en particulier sur la question de la péréquation et la caisse de solidarité à l'emploi. Oui, très bonne contribution au débat sur ce point. Également, sa remarque concernant la prochaine question référendaire... Très claire et excellent.

      Par contre concernant les 2 points que vous mentionnez, particulièrement le Niqab, Duceppe a sans doute flatté un certain auditoire, mais son discours est populiste et démagogique.

      - Sur le niqab, il a réfleté des "sentiments" et les émotions mesurées par des sondages! D'ailleurs, les panélistes ont été gentils de ne pas lui rappeler que le Bloc, par sa propagande négative contre Mulcair, a moussé " ce sentiment" aux limites du rejet ethnique.
      M. Duceppe en est resté sur des affirmations de "sentiments" de rejet du niqab au Québec, comme si c'était un consensus législatif! Faisant même un amalgame avec le droit à l'égalité!
      Tout d'abord, puisque le litige est lié aux critères d'immigration. Jusqu'à présent, le Québec n'empêche au une femme qui porte un Niqab d'obtenir un certificat se sélection pour vivre au Québec. Duceppe voudrait-il que ce devienne un motif de refus? Et inclure un tel critère de sélection, qu'est-ce qui pourrait le justifier? Or, dans le discours de Monsieur Duceppe, le motif serait " le sentiment unanime" mesuré par des sondages. Et à partir de cette peur bien entretenue au Québec, Duceppe voudrait dicter à Ottawa la ligne à suivre: Si tu te dévoiles devant tout le monde tu es canadienne! Sinon, tu ne le mérites pas, tu heurtes les valeurs du Québec!
      peut-être que cette démagogie de Monsieur Duceppe sur le niqab et les peurs ethniques pourront servir la campagne du Bloc ainsi que celle de Harper. C'est pourtant malheureux qu'il le fasse en se basant sur nos peurs de l'autre et en utilisant des procédés de salissage de celui qu'il considère son adversaire, le NPD.

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 25 septembre 2015 03 h 27

    La Femme au niqab...

    Il y avait eu une foire des religions a mon école quand j'avais 12 ans. Le niqab était alors un sujet sur toutes les lèvres car ils venaient de l'interdire en France, ou voulaient le faire, c'était un sujet chaud alors là-bas.

    Donc je me suis rendue expressément a la table de la Femme qui portait un niqab. Je lui ai demandé très très sincèrement, si elle, ça la gênait d'avoir ce truc dans le visage à longueur de journée.

    Elle m'a répondue super zen, et très librement que c'était son choix a elle de le porter et non celui de son mari.

    Alors je lui ai demandé ses raisons, je lui ai dit qu'elle ne pouvait nier que c'était un signe de soumission de la Femme envers l'homme.

    Elle m'a répondu que j'avais tout faux. ELle s'exprimait très bien, avait l'air d'une Femme Épanouie et Intelligente qui fait connaître aux autres sa réalité pour qu'on cesse de la prendre en pitié. J'ai parlé une bonne demie-heure avec elle a son kiosque, étant la seule jeune ayant envie d'aborder une de ces Femmes qui mettent tant mal-a-l'aise.

    La raison pourquoi elle portait le niqab depuis sa jeunesse était parce qu'elle voulait être certaine que son mari l'aime pour son regard et ce qui s'y cache au fond et non pour sa voluptueuse poitrine ou ses babines suggestives. C'est une façon d'être sûre, en effet!

    C'était juste pour ça. Et elle était vraiment sincère. Même si cette culture lui venait de sa religion.

    Je me suis dit diantre alors, ce n'est même pas de l'oppression de la Femme, son mari lui dirait de l'enlever, elle sentirait sa spiritualité violée.

    Il faut arrêter de penser à la place des autres parfois et se dire davantage vivre et laisser vivre!

    • Diane Guilbault - Abonnée 25 septembre 2015 09 h 02

      Le choix individuel de cette personne n’enlève rien au caractère odieux de ce linceul imposé exclusivement aux femmes. Sans compter que son mari la voit sans son niqab dans la maison! Son explication ne tient pas la route une seconde…
      Imaginez un instant que seules les personnes handicapées ou noires se voient imposer le niqab, seriez-vous aussi indulgente? Partout dans le monde, des femmes se battent et meurent parfois pour pouvoir s’en débarrasser. Le niqab est une insulte faite aux femmes et appuyer cellles qui le portent ici est une trahison de celles qui luttent vraiment pour leurs droits.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 septembre 2015 09 h 15

      Il parait d'ailleurs que bien des femmes se privent de se balader les seins nus sur la plage, même si elles en ont le droit... Doit-on interpréter cela comme un signe ostentatoire de soumission de ces femmes aux diktats imposés par des mâles soucieux d'exprimer par là leurs titres de propriété?

      Sans doute pas. Mais comme il n'y a pas de fumée sans feu, mutatis mutandis, si on considère que le niqab doit être interdit (sauf dans l'intimité) au cas où il aurait un tel sens quoi qu'en disent les femmes, la prudence nous commanderait d'en faire autant avec les poitrines cachées... ou au contraire mises en vitrine comme des marchandises. Sous couvert de protéger la liberté des femmes, ne continue-t-on pas au contraire de la soumettre à des exigences extérieures qu'on n'oserait pas imposer aux hommes?

      La question : la libre disposition des femmes de leurs armes de séduction massive constitue-t-il un enjeu de sécurité nationale?

      (J'ai l'air de badiner. Pas du tout)

    • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 25 septembre 2015 10 h 35

      À Catherine Bouchard.

      Pourquoi les hommes de cette religion ne cachent-ils pas leur attributs masculins pour être certains que leur épouse '' l'aime pour son regard et ce qui s'y cache au fond et non pour sa voluptueuse poitrine ( musclée ou poilue ) ou ses babines suggestives. C'est une façon d'être sûre, en effet!'' ?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 septembre 2015 12 h 02

      Votre question est très pertinente, monsieur Mailhot. Ma réponse toute simple, c'est que toutes ces questions de niqab, de tchador et de burka ne sont que l'expression du sexisme ordinaire pour lequel les femmes font partie de ces objets symboliques dont on peut se servir à toutes les sauces, soit pour leur imposer nos codes masculins, soit pour empêcher les autres de faire de même... ce qui au bout du compte revient au même.

      Mais ce n'est que ma lecture. Elle est féministe autant qu'un mâle puisse y prétendre. La jeune femme dont parle madame Bouchard a peut-être simplement intégré les mâles prescriptions des mâles de son groupe au point d'avoir le sentiment d'y adhérer librement. On peut trouver cela bête si on veut, mais on ne peut légiférer contre la bêtise. Tout ce qu'on peut et doit faire, c'est créer une société où l'égalité homme/femme peut être effective et aider les femmes à accéder librement à la liberté, pour leurs raisons et non pour celles de garçons qui se chicanent autour de « leurs » femmes.

    • Serge Morin - Inscrit 25 septembre 2015 13 h 14

      Son ouverture aux autres pour leur permettre de se cacher
      Une interprétation fleur bleue d'une naïveté stupéfiante
      De là à tout gober les explications de cette citoyenne
      Tout ca pour etre multiculturel.Quel beau paradoxe

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 25 septembre 2015 14 h 56

      Ne permettons aux femmes de cacher que ce que nous décidons qu'elles doivent le cacher. Ainsi, elles seront libres, qu'elles le veuillent ou non!

  • André Nadon - Abonné 25 septembre 2015 05 h 43

    Les sceptiques seront confondus.

    Ceux qui pensaient pouvoir modifier la Constitution qui nous fut imposée devront se rendre à l'évidence.
    Pour le Canada anglais,'' c'est un débat passé date ''.
    Avis aux fédéralistes qui essayent de nous endormir.
    Le choix est simple: vous demeurez minoritaire dans ce Canada, à la merci d'une autre nation à qui vous payez 60% de vos taxes et impôts et sur lesquels vous n'avez aucun contrôle ou vous devenez indépendant et contrôlez 100% de vos taxes et impôts.
    Bien que Gilles Duceppe eut à quelques reprises, de la difficulté à obtenir le droit de parole ou de réplique. il n'eut aucune réponse claire à ses questions touchant le Québec de la part des autres chefs.

    • Raymond Labelle - Abonné 27 septembre 2015 11 h 36

      En réponse à M. Duceppe:

      M. Mulcair a réitéré ses engagements envers l'assurance-emploi - dont celles de ne pas piger dans la Caisse - lequel engagement avait été fait au Nouveau-Brunswick l'année précédente. En réponse à M. Duceppe.

      M. Mulcair a précisé que l'engagement de suivre les règles du gouvernement du Québec dans un référendum était la position du NPD depuis 2005 (déclaration de Sherbrooke) et qu'il maintenait cette position.

      M. Mulcair a précisé que la position du NPD était qu'un vote de 50%+1 à un référendum sur la souveraineté du Québec forcerait le gouvernement fédéral à la négocier.

      M. Mulcair a précisé qu'il abrogerait purement et simplement la loi C-51.

      M. Mulcair a précisé qu'il n'abandonnerait pas le principe de la gestion de l'offre dans les négociations de traités de libre-échange.

      Entre autres.