Le NPD sommé d’éclaircir sa position sur la clarté

Thomas Mulcair, lors de la fête nationale, en 2014. La proposition néodémocrate reconnaissant une victoire référendaire de 50 % + 1 voix, indispose un comité spécial pour l’unité canadienne.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Thomas Mulcair, lors de la fête nationale, en 2014. La proposition néodémocrate reconnaissant une victoire référendaire de 50 % + 1 voix, indispose un comité spécial pour l’unité canadienne.

Face à la perspective de l’élection d’un gouvernement néodémocrate, des militants pour le Non bien en vue somment Thomas Mulcair de préciser sa position sur une éventuelle séparation du Québec. Car avec le flou actuel, le NPD est plus dangereux que le Bloc québécois, selon eux.

Le Parti libéral a beau détenir une majorité à Québec, le risque d’un troisième référendum est bien réel, selon des membres d’un comité spécial pour l’unité canadienne qui se sont rendus à Ottawa mardi pour dénoncer le manque de clarté du NPD. Le fondateur du Parti égalité, Keith Henderson, et Stephen Scott, qui milite avec lui contre la séparation du Québec, ont tiré à boulets rouges sur un projet de loi néodémocrate déposé il y a deux ans pour remplacer la « loi sur la clarté ».

Parmi leurs reproches, le fait que la proposition néodémocrate reconnaisse une victoire référendaire de 50 % + 1 voix. Le projet de loi C-470, annoncé par Thomas Mulcair lui-même en 2013 et mort au feuilleton, exigerait par ailleurs une question claire, approuvée par le gouvernement fédéral.

« Pour changer la Constitution du Canada, sur des sujets très importants, ça prend une super-majorité, pas une majorité simple », a scandé M. Henderson. « Personne ne peut lire de bonne foi le jugement de la Cour suprême [auquel répondait la loi libérale sur la clarté] et croire qu’une majorité d’un vote suffit », a renchéri M. Scott.

Le Bloc « moins dangereux »

Autre problème, à leurs yeux, que ce projet de loi n’ait pas parlé des frontières qu’aurait un Québec souverain ni de la part de la dette canadienne qu’il assumerait. « Il n’y a pas de clarté là-dedans », a accusé M. Henderson, qui s’inquiète qu’un gouvernement fédéral néodémocrate soit trop clément avec les souverainistes au moment de négocier. Et que les indépendantistes aient un passe-droit face à un gouvernement NPD à Ottawa.

« Il y a un danger [à élire M. Mulcair] », a tranché le militant du droit des Anglo-Québécois. « Pour moi, le Bloc québécois est moins dangereux que le NPD », a renchéri M. Scott en expliquant que la position des bloquistes est bien connue. Le NPD, de son côté, a adopté une politique « inacceptable […] pour se faire réélire […] pour avoir une grande majorité au Québec », a-t-il accusé.

MM. Scott et Henderson n’en sont pas à leur première sortie sur le sujet. C’est eux qui contestent en Cour supérieure la loi 99 du Québec qui, en guise de réponse à la loi fédérale sur la clarté, est venue statuer que les Québécois ont le droit de décider seuls de se séparer du Canada. Les deux hommes veulent savoir si Thomas Mulcair poursuivrait la participation du fédéral à leur cause, ou s’il s’en retirerait.

M. Mulcair n’a pas répondu à leurs questions mardi, par la voix de ses attachés de presse. Le NPD a préféré faire suivre la réaction d’une députée sortante.

La citation du jour

«Quand j'étais à Québec, j'avais un chèque dans ma poche de 10 000$ pour une entreprise de Montréal qui bien franchement n'aurait pas été mis à la poste si le "Oui" l'avait remporté. Et il y aurait eu des milliers de gens comme moi à travers le pays. Pas pour être vindicatif. C'était juste une question de business.»

Peter Goldring, député conservateur sortant d'Edmonton-Est, à propos du référendum 1995 sur la sécession du Québec. Son chèque était destiné à payer du matériel économique qu'il avait déjà reçu.
1 commentaire
  • Bernard Cooper - Abonné 23 septembre 2015 23 h 26

    Des Rhodésiens ignorent ce que ferait Westminster

    Quand des anciens «Angryphones » du Parti égalité trouvent que les Québécois ferait un choix moins pire en favorisant le Bloc, on voit comment ils travaillent main en main avec les Conservateurs. Effectivement un des leurs, Robert Libman, est candidat Conservateur dans le comté de Mont-Royal. Sa prendrait pour eux une « super majorité » dans le cas de la sécession du Québec, mais ils ne critiquent pas le processus de Westminster, le premier parlement, dans le récent cas du référendum écossais.