Lac-Mégantic pourrait attendre encore

Photo: Olivier Zuida Le Devoir

Tous les partis politiques fédéraux semblent avoir entendu l’appel de l’ex-curé de Lac-Mégantic, Steve Lemay, qui réclame la construction d’une voie de contournement pour éloigner les trains du centre-ville de la municipalité, mais demeurent parfois évasifs lorsque vient le temps d’expliquer comment ils entendent mettre le pied sur l’accélérateur.

Plus de deux ans après la tragédie de Lac-Mégantic, les trains circulent toujours à l’endroit où s’est produit l’accident qui a secoué la communauté locale et le Québec tout entier. La firme AECOM a été mandatée en mars dernier pour étudier la faisabilité d’une voie de contournement, mais ses conclusions finales ne sont attendues que dans trois ans. En entrevue au Devoir, M. Lemay a donc réclamé haut et fort l’intervention des partis politiques, qui ont offert leurs réponses lundi.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) s’était déjà engagé à construire une voie de contournement à Lac-Mégantic. Le candidat néodémocrate dans la circonscription Mégantic-L’Érable, Jean-François Delisle, le répète depuis des semaines et promet d’accélérer le dossier, sans entrer dans le détail.

«Promesse vide»

Son adversaire libéral, David Berthiaume, juge pour sa part qu’il est « prématuré » de s’engager à financer une voie de contournement avant le dévoilement des conclusions de l’étude de faisabilité. « C’est une promesse vide », juge-t-il.

Lorsque Le Devoir lui a fait remarquer que l’ensemble des conclusions de cette étude ne seront connues que dans trois ans, M. Berthiaume est apparu surpris. « C’est beaucoup trop long. Il va falloir accélérer les choses », a-t-il réagi, sans plus de précisions.

Entre-temps, il mise plutôt sur l’application des recommandations du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST).

Il n’a pas été possible de parler lundi au candidat conservateur, Luc Berthold, mais la porte-parole du Parti conservateur, Catherine Loubier, a tenu à souligner l’implication du gouvernement fédéral dans le dossier. « Notre gouvernement est fier du soutien donné aux Méganticois à la suite de la tragédie », a-t-elle déclaré par courriel. « Nous attendons les résultats de l’étude qui permettront d’établir la faisabilité et le coût de la voie de contournement. »

Intervention de Transports Canada

La plateforme électorale du Parti vert prévoit déjà le financement de voies de contournement loin des zones peuplées pour éviter qu’une tragédie comme celle de Lac-Mégantic ne se reproduise. Le chef adjoint du parti, Daniel Green, a toutefois reconnu lundi qu’il y a « urgence d’agir ». Voilà pourquoi il exige l’intervention de Transports Canada pour empêcher le transport de pétrole dans le centre-ville de Lac-Mégantic en attendant la construction de la voie de contournement envisagée.

En point de presse, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s’est également prononcé en faveur de la voie de contournement, en précisant qu’« il faut aller plus loin ».

« Les [wagons] DOT-111, ce sont des bombes sur rail. Quand le NPD dit qu’il faut s’en débarrasser en 2025, c’est dans 10 ans, et les DOT-111 de deuxième génération ne sont pas tellement plus sécuritaires, a-t-il dit. Il faut interdire immédiatement le pétrole sur ça et toutes les matières toxiques au plus tard en 2018. »