Campagne au leadership conservateur - Un ex-ministre conservateur ontarien fera la lutte à Stephen Harper

Ottawa - L'ancien ministre de la Santé de l'Ontario, Tony Clement, s'est engagé hier dans la course à la direction du nouveau Parti conservateur fédéral en proposant un programme qui vise essentiellement à contrer son adversaire Stephen Harper.

M. Clement aura fort à faire car l'ex-chef de l'Alliance canadienne dispose d'importants appuis dans l'ouest du pays. Il devra aussi batailler ferme dans sa province d'origine, où la femme d'affaires Belinda Stronach se prépare à lancer sa campagne.

«Au cours des dernières semaines, j'ai constaté que le parti veut avoir le choix et souhaite choisir un nouveau chef», a dit M. Clement hier, au moment où il a annoncé sa candidature. Selon le candidat, le parti nouvellement formé a besoin «de nouveauté, de crédibilité et d'expérience».

M. Clement, 42 ans, est le deuxième candidat à sauter dans l'arène, après M. Harper en début de semaine. Mme Stronach annoncera la semaine prochaine qu'elle prendra part à la course. Cette millionnaire de 37 ans ferait ainsi ses premiers pas en politique active, neuf semaines avant le vote qui déterminera le chef de la nouvelle formation, issue de la fusion du Parti progressiste-conservateur et de l'Alliance canadienne.

Le député Chuck Strahl devrait renoncer à entrer dans la course, comme l'ont fait avant lui les conservateurs Peter MacKay et Jim Prentice, entre autres.

M. Clement et Mme Stronach devront affronter la puissante organisation de Stephen Harper. Les règlements électoraux devraient toutefois offrir un contrepoids aux bastions dont dispose l'ex-chef allianciste dans l'ouest du pays.

Ainsi, les conservateurs de chacune des circonscriptions disposeront d'un total de 100 points qui seront répartis entre chacun des candidats selon le nombre de voix qu'ils auront recueillies localement. Une circonscription du Québec comptant 50 membres du parti aura le même poids qu'une autre de l'Alberta qui en compte 2000, le Québec étant composé d'un plus grand nombre de comtés que les provinces de l'Alberta et de la Colombie-Britannique combinées.

Lors de l'annonce de sa candidature, Tony Clement a clairement évoqué les disparités régionales. «Notre nouveau chef doit prendre la tête d'un parti qui est actuellement fort dans certaines régions pour le transformer en parti dont le discours rejoindra toutes les régions du Canada, de l'est et de l'ouest, rurales et urbaines, anglaises et françaises», a-t-il dit.

M. Clement a évité une question selon laquelle M. Harper ne pourrait pas être élu en Ontario, au Québec et dans les Maritimes. «Les Canadiens et les membres de notre parti auront l'occasion de comparer pour se faire leur propre opinion», a répondu le candidat.

M. Harper a émis un communiqué affirmant que la candidature de M. Clement «offrira un choix significatif» aux membres du parti. Mais les déclarations de M. Clement ont enflammé certains partisans de M. Harper. «Il devra faire des propositions plus élaborées que "nous avons besoin d'un nouveau chef et me voici"», a déclaré le député Scott Reid, qui appuie M. Harper.