Le Bloc compte sur Ottawa pour faire du Québec un leader

De passage à Longueuil lundi matin, le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a fait valoir l’importance de miser le transport électrique pour permettre au Québec de se défaire de sa dépendance au pétrole.<br />
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir De passage à Longueuil lundi matin, le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a fait valoir l’importance de miser le transport électrique pour permettre au Québec de se défaire de sa dépendance au pétrole.

Le Bloc québécois veut faire du Québec un leader nord-américain en matière d’électrification des transports et compte sur Ottawa pour y parvenir.

De passage à Longueuil lundi matin, le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a fait valoir l’importance de miser le transport électrique pour permettre au Québec de se défaire de sa dépendance au pétrole.

« Notre avenir économique ne se trouve pas dans les sables bitumineux, mais plutôt dans les énergies propres», a-t-il déclaré, flanqué de la porte-parole du Parti québécois en matière d’électrification des transports, Martine Ouellet.

« En substituant l’électricité propre produite chez nous au pétrole importé, c’est tout le Québec qui va s’enrichir », a-t-il ajouté.

Le plan du Bloc propose d’abord d’intensifier le soutien à la recherche et au développement dans le domaine de l’électrification des transports. La formation politique veut notamment mettre sur pied un programme d’investissement pour les recherches liées à la mobilité électrique et permettre aux PME du secteur de l’électrification des transports d’être admissibles au Fonds d’innovation pour le secteur de l’automobile.

Entreprises et particuliers

Le parti souhaite également qu’Ottawa soutienne le Québec et les autres provinces canadiennes dans l’implantation de bornes de recharge en offrant un crédit d’impôt pour l’installation de ces bornes dans les entreprises et les résidences.

Pour stimuler l’achat de véhicules électriques ou hybrides rechargeables par les particuliers, le Bloc demande au fédéral d’offrir un rabais pouvant aller jusqu’à 5000 $, qui s’ajouterait à celui déjà offert par le gouvernement du Québec (jusqu’à 8000 $).

Gilles Duceppe compte finalement sur le dépôt d’un projet de loi pour forcer les concessionnaires à réserver une part de leur parc automobile à des véhicules électriques.

« On envoie 45 milliards à Ottawa année après année. Ça serait le temps que cet argent-là revienne au Québec pour créer des emplois à valeur ajoutée », a fait remarquer Mme Ouellet.

Rappelons qu’au Québec, la nouvelle Stratégie d’électrification des transports du gouvernement Couillard se fait toujours attendre. « L’annonce est imminente », a récemment affirmé au Devoir Anne-Catherine Couture, l’attachée de presse du ministre québécois des Transports, Robert Poëti.

5 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 21 septembre 2015 15 h 30

    Y a quelque chose qui cloche?

    Pourquoi Ottawa veillerait-il au progrès du Québec? Et, s'il le fait, pourquoi se séparer?

  • Robert Deragon - Inscrit 21 septembre 2015 20 h 02

    Manchette douteuse

    Ce qui cloche, c'est la manchette du journaliste. Duceppe n'a jamais dit une telle chose. Le Bloc fait des propositions en ce domaine comm dans bien d'autres.

  • Roger Arbour - Abonné 21 septembre 2015 20 h 47

    Rien d'illogique

    M. Auclair, je ne trouve rien d'illogique de faire une telle demande à Ottawa, que ce soit demandé par M. Duceppe ou non. Si Ottawa refuse catégoriquement nous verrons encore une fois de plus son non sens de la réalité. Travaille-il pour une partie du pays ou pour tout le pays? Si nous reçevons un refus ce sera une raison de plus pour nous séparer. Nous devons aller jusqu'au bout de nos demandes sensées, n'est-ce pas?
    Roger Arbour abonné.

  • Pierre Desautels - Abonné 22 septembre 2015 09 h 07

    "Le Bloc compte sur Ottawa pour faire du Québec un leader"

    "Gilles Duceppe compte finalement sur le dépôt d’un projet de loi pour forcer les concessionnaires à réserver une part de leur parc automobile à des véhicules électriques."

    Venant d'un chef indépendantiste, c'est un peu spécial de voir ces demandes, qui resteront lettre morte quand elles seront présentées devant les 308 députés du parlement fédéral. À tout le moins, il serait plutôt préférable pour Gilles Duceppe de profiter de l'occasion pour parler d'électrification des transports dans un Québec indépendant...

  • Jean Richard - Abonné 22 septembre 2015 11 h 21

    Mathématiques 101 monsieur Duceppe

    Le Québécois moyen parcourt 14 000 kilomètres par année. Des voitures capables de faire 100 km avec 7 litres de carburant, il y en a plein les cours des vendeurs. Des voitures de 15 000 $ (avant taxes), tous les constructeurs asiatiques en offrent déjà. Ça veut dire qu'un budget individuel d'environ 1000 $ d'essence, c'est possible.

    Sur le 1,08 $ payé à la pompe pour chaque litre d'essence, il y a près de 0,30 $ de taxes fixes, fédérale et provinciale, 0,03 $ de taxe pour les transports en commun régionaux, 0,!7 $ de TPS et TVQ. Nous sommes rendus à 0,50 $ de taxes, de l'argent qui reste au pays (ou du moins devrait rester au pays).

    Ajoutez-y un peu d'économie locale : le transport, le raffinage et les revenus de la station service et vous êtes rendus autour de 0,45 $. Alors, ce qui sortira du Québec pour aller enrichir les pétrolières à l'étranger, c'est environ 450 $ par année. C'est beaucoup, mais beaucoup moins que...

    Beaucoup moins que l'achat d'une voiture individuelle électrique qui, au minimum (avec des chiffres de 2015 et probablement des quelques années à venir) coûtera au moins 20 000 $ de plus que sa vis-à-vis à pétrole. Le Québécois moyen gardant sa voiture pendant 7 ans, faites le calcul : on envoie de 4 à 5 fois plus d'argent à l'étranger en achetant une voiture électrique. Ça pourrait être un désastre économique si on n'en prend pas conscience.

    Alors l'urgence monsieur Duceppe, ce n'est pas la dépendance au pétrole, mais la dépendance à l'automobile. Nous avons derrière nous presque 100 ans d'histoire où l'automobile a été mise en avant-plan dans l'économie mondiale, 100 ans où on lui a donné la priorité dans l'aménagement du territoire pour commencer à constater qu'on s'enlisait dans un cul-de-sac. Ces 100 ans d'histoire ont créé une dépendance à laquelle le moment est venu de s'attaquer, car la route sera longue. Il faut bien partir quelque part, mais M. Duceppe, il semble que vous préfériez la vieille route, celle de la dépendance suic