Gilles Duceppe se défend d’adopter une politique de peur

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, se défend d’instrumentaliser l’enjeu du niqab pour gagner la faveur de davantage d’électeurs.

En conférence de presse à Longueuil, lundi, il a soutenu qu’il s’agissait là d’un « enjeu social », et qu’il était donc tout à fait légitime qu’elle soit débattue dans le cadre de la présente campagne.

Le leader bloquiste a par ailleurs qualifié d’« inacceptables » les propos d’un candidat qui avait encensé le Front National, un parti d’extrême droite français, sur Facebook.

Le candidat Jacques Tremblay, qui se présentait dans Montcalm, a annoncé qu’il retirait sa candidature dimanche après que La Presse eut informé son parti des commentaires controversés qu’il avait tenus.

Selon M. Duceppe, « il n’y a aucune communion d’idées entre le Bloc québécois et le Front national ».

L’annonce du départ du candidat Tremblay survient quelques jours après qu’un stratège néodémocrate eut comparé sur Twitter la formation souverainiste à celle dirigée par Marine Le Pen.

Il réagissait à une publicité mise en ligne par le Bloc québécois en lien avec la position du Nouveau Parti démocratique (NPD) sur le port du niqab lors de la prestation du serment de citoyenneté.

Gilles Duceppe a profité de son passage à Longueuil pour rencontrer la mairesse Caroline Saint-Hilaire, qui a été l’une de ses députées à la Chambre des communes pendant une dizaine d’années.

Il doit ensuite faire un saut dans une résidence de personnes âgées de la circonscription limitrophe de Montarville. Il consacrera le reste de la journée à la préparation en vue du premier débat des chefs en français.

Ce sera la première joute oratoire à laquelle M. Duceppe participera — il avait été exclu des deux premières qui se déroulaient en anglais.

Justin Trudeau critique

À Toronto,  Justin Trudeau accuse conservateurs et bloquistes d’utiliser le niqab pour diviser les citoyens.

Selon le chef libéral, le port de ce voile par quelques femmes musulmanes est bien loin des vraies préoccupations des citoyens en cette période électorale.

Et si Stephen Harper et Gilles Duceppe en parlent tant, selon lui, c’est parce qu’ils n’ont rien à offrir aux électeurs pour répondre à ces vraies préoccupations.

De passage à Toronto, lundi matin, M. Trudeau a accusé M. Harper de jouer le jeu de la peur, tandis que le Bloc, a-t-il dit, existe pour diviser les Canadiens. Il reproche donc aux deux partis d’accorder trop de place dans leurs discours au niqab.

Le chef libéral a essuyé les critiques de son rival conservateur à cause de sa promesse d’annuler l’achat des F-35 prévu par le gouvernement Harper et de reprendre l’exercice de l’achat d’avions militaires à zéro.

M. Trudeau a maintenu que les F-35 coûtent trop cher et ne sont pas l’avion dont le Canada a besoin.

Et puis M. Trudeau a promis, dans les 100 premiers jours d’un gouvernement libéral, de consulter les provinces pour mettre sur pied un nouveau «cadre national en matière d’éducation préscolaire et de garde d’enfants». Les libéraux assurent que ce «cadre» n’empiéterait pas sur les compétences des provinces.

 

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