Le Bloc veut une caisse protégée

Pierre Céré a accusé Stephen Harper d’équilibrer le budget avec les surplus de la caisse de l’assurance emploi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Pierre Céré a accusé Stephen Harper d’équilibrer le budget avec les surplus de la caisse de l’assurance emploi.

Pour protéger les travailleurs, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a réitéré jeudi qu’il faut empêcher le fédéral de piller la caisse d’assurance-emploi en créant un système de caisse autonome.

Le Bloc a été le premier parti politique à répondre à l’invitation de la Coalition des sans-chemise qui demande que cesse « la démolition de l’assurance-emploi », comme l’indiquent les 4000 pancartes de sa campagne faite sur mesure pour les élections de 2015. Les discussions se poursuivent avec le Parti libéral, mais le Nouveau Parti démocratique (NPD) n’a pas encore donné suite à la demande de rencontre, ni le Parti vert, a indiqué la Coalition.

Gilles Duceppe s’est ainsi rendu au bureau des Sans-chemise jeudi à Montréal pour écouter leurs revendications.

Le chef bloquiste a répété les positions de son parti envers l’assurance-emploi, celles qu’il fait valoir vigoureusement depuis la grande réforme du système présentée par les conservateurs en 2012. « Le cadeau de Stephen Harper », a lancé à ce sujet de façon cynique Pierre Céré, le porte-parole de la Coalition des sans-chemise.

Il souhaite que les partis fédéraux s’entendent pour mettre en place une politique pour l’assurance-emploi qui « transcende le clivage partisan », pour le bien de tous.

Une caisse autonome ferait en sorte que les contributions des travailleurs et des employeurs ne serviraient qu’à payer des prestations aux chômeurs et non à fournir des fonds au gouvernement fédéral pour qu’il équilibre son budget ou couvrir d’autres dépenses, a expliqué M. Duceppe.

« On doit en faire une véritable assurance, pas l’utiliser pour arrondir les fins de mois », a fait valoir le chef.

Surplus inacceptables

Selon M. Céré, l’accès aux prestations diminue sans cesse, car Ottawa a resserré les règles. Pourtant, des surplus sont engrangés, a-t-il souligné. Pour lui, le fait que la caisse des travailleurs soit aussi bien pourvue mais que si peu de chômeurs — seulement 38 % d’entre eux, dit-il, ce qui représente « un plancher historique » — ont droit aux prestations n’a pas de sens.

Selon le rapport 2015 du Bureau de l’actuaire en chef du Canada, la caisse affichait un surplus de 4 milliards en 2014 et l’estimation pour 2015 était de 4,6 milliards.

« M. Harper a utilisé la caisse pour éponger son déficit. C’est un vol de cotisations ! » s’est exclamé M. Céré.

Pour Gilles Duceppe, le système est brisé. « C’est devenu moins une assurance qu’une taxe sur l’emploi », a-t-il tranché.

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