Controverse autour d'un sondage dans Papineau

Un sondage interne du Nouveau Parti démocratique (NPD) qui place Justin Trudeau en difficulté dans la circonscription de Papineau soulève la controverse.

Ce coup de sonde, mené par la firme CROP, indique que le chef libéral tire de l’arrière par 11 points derrière la néodémocrate Anne Lagacé Dowson. La candidate du NPD récolterait 46 % des intentions de vote, devant le chef libéral à 35 %. Le Bloc québécois, qui a détenu la circonscription montréalaise de 2006 à 2008, suit loin derrière avec 10 %. Le candidat conservateur amasse 5 % des intentions de vote, et le Parti vert, 4 %.

Le sondage téléphonique a été mené entre le 11 et le 14 septembre auprès de 375 répondants. Le coup de sonde comporte une marge d’erreur de 5 %, selon CROP.

Le parti de Justin Trudeau soulève des doutes sur la fiabilité des données, parce que le profil des 375 répondants diffère considérablement par rapport aux résultats de l'élection de mai 2011. Cela aurait pour effet de surestimer le vote pour le NPD et de sous-estimer le vote pour le Parti libéral et pour le Bloc québécois, selon des stratèges libéraux.

De plus, le NPD a transmis à des médias, dont Le Devoir, une version abrégée du rapport de sondage qui passe sous silence ces données jugées cruciales. Un tableau, que Le Devoir a obtenu d'une autre source, indique que 14 % des répondants au sondage disent avoir voté pour le Parti libéral dans Papineau en 2011. Justin Trudeau avait pourtant remporté 38 % des voix. De même, 14 % des répondants disent avoir voté pour le Bloc québécois en 2011. Le Bloc avait obtenu 26 % des voix.

À l'opposé, 32 % des répondants au sondage disent avoir voté pour le NPD en 2011, alors que le parti avait amassé 28 % des voix.

Marc-André Viau, porte-parole du NPD, indique que le parti a entièrement confiance en la méthodologie du sondage. « Il ne faut pas oublier que les limites de la circonscription ont changé depuis 2011, ce qui a aussi une incidence sur les réponses », souligne-t-il.

Le NPD a fait parvenir aux médias une version abrégée du sondage pour une question de simplicité, explique-t-il.

Les trois principaux partis nationaux sont engagés dans une lutte à trois sur le plan national, avec chacun à peu près le tiers des intentions de vote, selon les plus récents sondages. Le Parti conservateur domine dans l’Ouest, le Parti libéral semble plus fort en Ontario et dans les provinces de l’Atlantique, et le NPD semble en voie de répéter son exploit de mai 2011 et de remporter une majorité de sièges au Québec.

1 commentaire
  • Michel Blondin - Abonné 18 septembre 2015 09 h 53

    Vivement une loi de protection de l'électeur.



    L'effet de contagion: un vol qui paie ou un vol de vote!

    Les deux, quand le sondage ou l'enquête est mal utilisé, dis-je,

    Le marché des sondages est rendu un marché qui ne s'auto régule pas suffisamment.
    Ce sondage comme celui dans le comté de Duceppe annonce de la tricherie d'intention du NDP par manipulation de l’esprit scientifique.

    Les maisons de sondages sont payées rubis sur ongle pour faire une expertise biaisée sinon parsemée de contre-indications méthodologiques ou tout simplement de contradictions. La rigueur scientifique ne semble pas au rendez-vous. Trop de marges sont laissées au « spin doctor » qui travestit et maquille les portraits.

    Ce sondage semble faire dire et faire croire à quelque chose qui par l'effet de contagion influence l'action politique du citoyen.

    Il s'ensuit que par maquillage, l’électeur non informé tombe dans le panneau du sens du prétendu vent. Le sens commun et le sens du vent sont souvent confondus et amplifient une vérité qui n'en est pas une. L'impression de la vague emporte le raisonnement à la dérive.

    Le phénomène est connu et bien documenté.

    Le Québec doit, comme d'autres pays, légiférer sur les activités de sondage.

    Ce n'est pas d'hier qu'il y a excès, mais l'usage de ce moyen devient systématiquement un élément central dans intentions de tordre la réalité. Favoriser le mensonge, au point que l’éthique d’une démocratie bien vivante n’y est plus, devient un comportement sociétal à bannir.
    Dans une société de droit c'est de la tromperie, une fausse publicité.
    Vivement une loi de protection de l'électeur, pour empêcher des gens peu scrupuleux de se servir d'une science à mauvaise fin.