La nouvelle voix pour les Québécois?

Le candidat montréalais Daniel Green et la chef du Parti vert Elizabeth May ont rencontré le maire de Montréal, Denis Coderre, vendredi.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le candidat montréalais Daniel Green et la chef du Parti vert Elizabeth May ont rencontré le maire de Montréal, Denis Coderre, vendredi.

À quelques semaines du jour du scrutin, le Parti vert souhaite devenir la conscience du Parlement. « Nous voulons offrir aux électeurs une option différente, lance la chef, Elizabeth May. Une option qui leur garantira une certaine protection, une écoute aussi. »

Selon elle, sa formation politique a de très bonnes raisons de rêver à la balance du pouvoir et les Québécois auraient tout à gagner à ce qu’une importante délégation de députés verts fasse son entrée à la Chambre des communes. « Nous pouvons offrir une voix claire aux Québécois, assure-t-elle. Une voix qui leur ressemble. »

Car, bien qu’elle soit convaincue que la vague orange des dernières élections n’était pas qu’un coup de tête, mais plutôt un véritable désir de changement, la chef des verts estime que le Nouveau Parti démocratique n’a pas réussi à livrer la marchandise au cours des dernières années.

Quatre ans après être devenue la première députée verte élue à la Chambre des communes, la députée de Saanich–Gulf Islands en Colombie-Britannique espère donc que les Québécois feront à nouveau preuve d’audace, mais que, cette fois-ci, ils miseront sur les verts.

 

Parler environnement

Plus encore, les verts estiment qu’en votant pour eux, les Québécois opteront enfin clairement pour un parti qui a à coeur la protection de leur territoire.

« Les enjeux environnementaux en sont aussi d’économie, de santé, de sécurité publique, énonce l’environnementaliste québécois Daniel Green, candidat vert dans la circonscription montréalaise Ville-Marie–Le Sud-Ouest–Île-des-Soeurs. Avec ce qui s’est passé à Mégantic, on sait maintenant ce que 5 millions de litres de pétrole peuvent faire à une communauté. Pourtant, nous sommes le seul parti national qui s’oppose aux pipelines et au transport de pétrole d’exportation. »

Et même si l’environnement n’a jamais occupé une aussi grande place qu’au cours de cette campagne électorale, elle est encore trop peu présente. « Quand nous ne sommes pas là, on dirait que les autres partis oublient les enjeux environnementaux. Pourtant, rappelle Elizabeth May, à 40jours à peine de la Conférence de Paris sur le climat [qui s’amorcera le 30 novembre], les défis en matière de lutte contre les changements climatiques n’ont jamais été aussi urgents. »

Travailler ensemble

 

La chef du Parti vert espère aussi ramener un peu de collaboration au sein des institutions parlementaires canadiennes. « Il faut que les partis politiques réapprennent à se parler et à travailler ensemble pour le bien de la population », souligne-t-elle.

Ainsi, advenant l’élection d’un gouvernement minoritaire conservateur, la chef du Parti vert s’engage à travailler de concert avec ses homologues néodémocrate et libéral afin de renverser cette situation. « Stephen Harper est le pire premier ministre de l’histoire du Canada, déplore-t-elle. Il est essentiel qu’il parte parce qu’il représente une menace pour l’avenir du pays. »

Si une coalition est nécessaire, les verts comptent toutefois demeurer dans l’opposition pour forcer un véritable changement.

Repères démocratiques

 

Avec sa structure bien particulière — sans whip —, le Parti vert est la seule formation politique canadienne qui permet à ses députés de voter selon leurs convictions personnelles.

« Depuis l’arrivée de Bruce Hyer [élu pour la première fois en 2008 sous la bannière du NPD, il a ensuite siégé comme indépendant], nous n’avons pas toujours voté ensemble », indique Mme May en donnant comme exemple la première mouture de la mission en Irak proposée par le gouvernement Harper.

Lors de ce vote, le député Hyer avait même organisé un référendum auprès de ses électeurs avant de voter en Chambre.


« C’est ça, la vraie démocratie, quand les députés ont pour seule responsabilité celle de représenter fidèlement les intérêts de ceux qui l’ont élu,ajoute Elizabeth May avec un sourire. Et ça, je peux vous garantir que ça ne changera pas ! »

Le péage comme pomme de discorde

Après le chef libéral Justin Trudeau, c’était au tour d’Elizabeth May et du candidat Daniel Green, vendredi, de rencontrer Denis Coderre. Et si le Parti vert du Canada a répondu favorablement à bien des demandes du maire montréalais, la question du péage sur le futur pont Champlain demeure une épineuse question à laquelle la chef des verts s’est bien abstenue de donner une réponse claire.

« Le Parti vert n’a pas de position rigide à ce sujet », a avancé prudemment Mme May. « Avant de parler péage, il faudrait d’abord s’entendre sur l’offre de transport collectif que l’on veut mettre en place pour relier la rive sud à l’île, a ajouté M. Green. Peut-être que si on a un système efficace, l’achalandage sur le pont se fera naturellement et le péage ne sera pas nécessaire. »


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