Le vent dans les voiles

Le chef néodémocrate, Thomas Mulcair
Photo: Chad Hipolito La Presse Canadienne Le chef néodémocrate, Thomas Mulcair
La campagne électorale fédérale en cours, la plus longue de l’histoire canadienne récente, a maintes fois été comparée à un marathon. Si cette analogie devait être prise au pied de la lettre, alors les politiciens dans la course en seraient aujourd’hui au kilomètre 19, presque à mi-parcours. Bien que ces cinq premières semaines de campagne se soient déroulées dans une relative indifférence, les électeurs étant encore trop accaparés par leurs projets de vacances et de BBQ, elles n’ont pas été sans événement. Au contraire. Les promesses ont plu, les milliards ont valsé et les positions se sont campées. Le Devoir propose un survol de ce que chacune des principales formations a proposé depuis le 2 août dernier.
 

Il a le vent dans les voiles ; pourtant, le parti de Thomas Mulcair a fait peu d’annonces coûteuses depuis le début de la campagne. Et pour cause : le NPD avait divulgué de larges pans de son programme avant que les hostilités électorales ne soient entamées.

Au chapitre des nouveautés, l’annonce la plus considérable concerne les retraités. M. Mulcair s’est engagé à bonifier le supplément du revenu garanti versé aux moins nantis à hauteur de 400 millions par année. Dans les six premiers mois de son mandat, il réunirait les provinces pour discuter d’une bonification du Régime de pensions du Canada. Il ramènerait aussi l’âge de la retraite à 65 ans.

Thomas Mulcair entend fournir 250 millions sur quatre ans pour embaucher 2500 policiers de plus. Il propose d’instaurer un crédit d’impôt pour les entreprises manufacturières faisant de l’innovation, au coût de 40 millions par année. Il a promis 40 millions pour financer les maisons d’hébergement pour les femmes victimes de violence.

M. Mulcair consacrerait 30 millions sur trois ans pour faire aux États-Unis la promotion du Canada comme destination touristique. Il allouerait 28 millions à Sport Canada pour encourager l’activité physique des jeunes issus de familles à faible revenu.

M. Mulcair s’est par ailleurs engagé à présenter des budgets équilibrés dès la première année de règne, quoi qu’il arrive. Ce qui fait dire à ses adversaires qu’il devra revoir ses promesses à la baisse. C’est que les plus gros éléments de la plateforme électorale néodémocrate — qui étaient déjà connus — coûtent cher. Ainsi, M. Mulcair promet lui aussi un vaste programme d’infrastructures, quoique deux fois moins ambitieux que celui de Justin Trudeau : 8,2 milliards en quatre ans.

Autre promesse phare du NPD : la création d’ici huit ans d’un million de places en garderie à 15 $ par jour, ou 370 000 places et 1,9 milliard par année au terme d’un mandat de quatre ans. Seule condition, et de taille : les provinces devront payer 40 % de la facture finale. Déjà, on sait que le Québec serait exempté d’y contribuer davantage parce que son système est jugé suffisant.

M. Mulcair promet aussi d’instaurer un salaire minimum de 15 $ l’heure pour les travailleurs oeuvrant dans des secteurs sous juridiction fédérale tels que l’aéronautique. Seulement 135 000 travailleurs seraient affectés, mais le NPD croit que cela amènera les provinces à augmenter leur salaire minimal général.

Le NPD promet de hausser le taux d’imposition des entreprises, abaissé à 15 % par les conservateurs. Mais de combien ? On l’ignore toujours, mais la campagne a fourni un indice supplémentaire. M. Mulcair a indiqué que le nouveau taux serait « bien en deçà du taux moyen » qui a été en vigueur pendant les dix ans de règne conservateur, soit 17,7 %. Le NPD s’engage à ramener deux ans plus tôt que prévu par les conservateurs le taux d’imposition des petites et moyennes entreprises de 11 % à 9 %.