Un parti qui se fait discret

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe
La campagne électorale fédérale en cours, la plus longue de l’histoire canadienne récente, a maintes fois été comparée à un marathon. Si cette analogie devait être prise au pied de la lettre, alors les politiciens dans la course en seraient aujourd’hui au kilomètre 19, presque à mi-parcours. Bien que ces cinq premières semaines de campagne se soient déroulées dans une relative indifférence, les électeurs étant encore trop accaparés par leurs projets de vacances et de BBQ, elles n’ont pas été sans événement. Au contraire. Les promesses ont plu, les milliards ont valsé et les positions se sont campées. Le Devoir propose un survol de ce que chacune des principales formations a proposé depuis le 2 août dernier.
 

Le parti de Gilles Duceppe s’est montré discret jusqu’à présent, délibérément à ses dires. Le parti a reporté à plus tard la pose d’affiches électorales pour, dit-il, ne pas défigurer le paysage estival.

Le Bloc a pris position contre la construction du pipeline Énergie Est au Québec, ainsi que du terminal pétrolier de Belledune au motif qu’il ne faut pas « transformer le Québec en autoroute à pétrole albertain ».

Le Bloc entend demander une compensation financière de 300 millions de dollars pour les producteurs fromagers du Québec affectés par le futur accord de libre-échange avec l’Union européenne, qu’il appuie par ailleurs. Il exigera aussi une compensation bonifiée pour les ravages causés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Le Bloc demandera une enquête du Bureau de la concurrence sur le prix de l’essence, puisque la chute du prix du pétrole ne se traduit pas par des économies à la pompe.

Le Bloc québécois a aussi demandé à Santé Canada de se « tasser du chemin » du Québec et de donner à Montréal l’exemption nécessaire pour que puisse être ouvert un site d’injection supervisée. Cette exemption se fait toujours attendre.

Le Bloc entend aussi faire la démonstration qu’il est encore vital sur l’échiquier politique pour défendre une perspective nationaliste. « Qui prend pays prend parti » est d’ailleurs un des cris de ralliement adoptés. À cet égard, il entend faire la promotion de l’indépendance comme moyen d’avoir une garde côtière fonctionnant en français, comme garantie que les installations portuaires régionales soient entretenues et comme moyen de donner des contrats de construction navale à des chantiers maritimes du Québec (ce qui n’a pas été le cas avec le dernier appel d’offres fédéral).

Cheval de bataille bloquiste par excellence, la caisse d’assurance-emploi revient au coeur du discours de la formation de Gilles Duceppe. Il entend faire campagne contre son pillage par Ottawa pour exiger que les cotisations soient utilisées pour les chômeurs et rien d’autre. La caisse a enregistré un surplus l’an passé et doit en enregistrer un cette année et en 2016-2017, mais Ottawa plaide que ces surplus compensent pour les déficits affichés pendant la dernière crise économique.

Enfin, Gilles Duceppe s’est attaqué de plein front à Thomas Mulcair et sa promesse d’équilibrer le budget, faisant valoir qu’en période de morosité économique, il faut plutôt réinvestir.

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