La crise rattrape la campagne électorale

Alors que les yeux de la planète sont tournés vers l’Europe et sa crise des réfugiés, les politiciens en campagne électorale au Canada ont été obligés, eux aussi, de porter leur regard vers cette crise.


Depuis quelques jours déjà, libéraux et néodémocrates critiquent le peu d’empressement du gouvernement conservateur dans ce dossier. Et voilà que les images d’enfants noyés, de frontières bloquées par des clôtures et des barbelés, de camions devenus tombes d’immigrants clandestins forcent les politiciens canadiens à prendre des engagements ou, à tout le moins, à critiquer le manque d’engagements de leurs adversaires.


Mercredi matin, en Colombie-Britannique, le chef du Nouveau Parti démocratique a promis qu’un gouvernement néodémocrate « prendra cette crise humanitaire très sérieusement ».


« La crise humanitaire qu’on est en train de voir en Europe est la pire depuis la Deuxième Guerre mondiale, a rappelé Thomas Mulcair. Le Canada n’a pas fait sa part à cause des conservateurs », a-t-il accusé avant de promettre qu’un gouvernement néodémocrate ferait ce qu’il faut.


Le chef libéral Justin Trudeau a lui aussi fait des reproches aux conservateurs. Mais il a, lui, donné quelques précisions sur ce qu’il ferait autrement.


« Nous devons en faire plus », a dit M. Trudeau mercredi matin à Trois-Rivières, rappelant que son parti s’est déjà engagé à accepter, dans un premier temps, 25 000 réfugiés syriens au Canada. « Nous en ferions plus, plus pour les gens dans les camps [de réfugiés] », a-t-il également promis.


À North Bay en Ontario, le chef conservateur Stephen Harper maintenait que le Canada en fait déjà beaucoup pour les réfugiés et il voulait parler de lutte contre le groupe État islamique (EI) plutôt que d’accueil de réfugiés.


« Il y a des groupes comme EI […] qui font littéralement des millions de réfugiés et menacent de massacrer des gens partout dans le monde. Nous n’aurons pas une solution à ça en adoptant une politique sur les réfugiés. Nous devons prendre une position ferme, militaire, contre EI et c’est ce que nous faisons », s’est défendu M. Harper.


« Je trouve ça complètement inhumain », a jugé le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. Joint au téléphone alors qu’il faisait campagne en Abitibi, il a assuré qu’il n’est pas contre une action militaire contre EI, au contraire.


« Mais est-ce que cela nous dispense de nous occuper de la question des réfugiés, de développer des politiques en concert avec les Nations unies, particulièrement les pays d’Europe qui reçoivent des vagues immenses d’hommes et de femmes désespérés ? On ne peut pas s’en laver les mains de ça. On ne peut pas s’en laver les mains », a-t-il insisté.

La crise humanitaire qu’on est en train de voir en Europe est la pire depuis la Deuxième Guerre mondiale.

3 commentaires
  • Raymond Chalifoux - Abonné 2 septembre 2015 15 h 05

    L'Europe, au premier chef,

    et le reste du monde avec elle, visiblement, n'a rien compris.
    Y inclus Muclair ou Trudeau!

    Ces Syriens NE VEULENT PAS vivre en Europe, ils veulent vivre en paix et se refaire une existence!

    Que le taureau soit pris par les cornes comme cela a été le cas pour l'invasion irakienne du Koweit, qu'une force multinationale soit constituée, qu’elle investisse ce pays et y rétablisse l'ordre, et vous verrez à quelle vitesse ces désespérés rentreront chez eux sans qu’on les y pousse et à quelle vitesse ils rebâtiront!

    Un gigantesque chantier, donc, et qui profiterait tant à cette Europe dont l’économie, put, put, put, vivote depuis si longtemps… tout en réglant localement, ce qui n’est pas rien, cette plaie qu’est la barbarie nommée É I…

    • Bernard Terreault - Abonné 3 septembre 2015 08 h 11

      Comment savez-vous que les Syriens "ne veulent pas vivre en Europe"? Leur avez-vous tous parlé? Avez-vous accès à un sondage scientifique sur ce sujet? Il semble au contraire tout à vraisemblable que nombre d'entre eux qui auraient bien aimé immigrer dans un pays riche d'Occident, mais qui savaient qu'ils n'avaient aucune chance d'être acceptés comme immigrants réguliers, ont vu dans cette crise l'opportunité d'être acceptés à titre humanitaire.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 3 septembre 2015 04 h 20

    Source

    Le problème ne se règlera pas tant qu'il ne sera pas réglé à sa source. Il faut que soit éliminé l'élément destructeur.

    Cessez de faire semblant.

    PL