Motions unanimes: le NPD derrière le Québec à 85%

Gilles Duceppe a fait campagne lundi, à Montréal, en compagnie de sa conjointe, Yolande Brunelle.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Gilles Duceppe a fait campagne lundi, à Montréal, en compagnie de sa conjointe, Yolande Brunelle.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a soutenu lundi que « personne ne se bat pour [le Québec] » à Ottawa depuis l’élection d’une majorité de députés néodémocrates en mai 2011. Mais un décompte réalisé par Le Devoir montre que le NPD a défendu à Ottawa près de 85 % des motions unanimes adoptées par l’Assemblée nationale du Québec depuis la dernière élection fédérale.

« Depuis 2011, le Québec subit défaite après défaite [à Ottawa] », a dénoncé M. Duceppe lors d’une conférence de presse tenue à Montréal en matinée. C’est là une ligne d’attaque que le Bloc québécois tient depuis que le parti a été renversé par la vague orange, il y a quatre ans.

« Le Bloc est le seul parti capable de porter les consensus québécois sans relâche et sans compromis », disait récemment l’ex-chef Mario Beaulieu. En juin 2011, Louis Plamondon — le seul député bloquiste à se représenter — soutenait pour sa part que « le NPD ne défend pas les intérêts du Québec, surtout lorsqu’il y a une motion unanime venant de l’Assemblée nationale ».

Dans les faits, le NPD a plutôt défendu une vaste majorité des dossiers ayant fait l’objet d’une motion adoptée à l’unanimité à Québec. Le Devoir a recensé 45 motions unanimes interpellant le gouvernement fédéral depuis la dernière élection fédérale, soit sous les gouvernements Charest, Marois et Couillard. Du lot, le Nouveau Parti démocratique (NPD) en a appuyé 39, soit un peu plus de 85 % (il n’a pas été possible de vérifier la position du parti pour quatre autres motions).

Celles qui n’ont pas été relayées concernaient des sujets plus sensibles d’ordre national. Ainsi, le NPD n’a pas appuyé des motions dénonçant la participation financière d’Ottawa dans le projet hydroélectrique du Bas-Churchill ; le rapatriement de la Constitution ; et, à divers degrés, l’abolition du registre des armes à feu. Une motion adoptée en mai 2015 ciblait par ailleurs précisément l’intention du NPD de créer un ministère des Affaires urbaines.

Par contre, le parti de Thomas Mulcair s’est fait le défenseur (par des interventions médiatiques ou en Chambre) d’une foule de dossiers ayant fait l’objet d’un consensus à Québec.

Les néodémocrates ont ainsi défendu des motions s’opposant au péage sur le pont Champlain, aux nouvelles règles de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance, à la réforme de l’assurance-emploi ou à la création d’une commission pancanadienne des valeurs mobilières ;

Ils ont demandé, à l’instar des élus québécois, une commission d’enquête dans le dossier des femmes autochtones disparues ; la protection des données québécoises du registre des armes à feu ; plus d’efforts pour libérer le blogueur Raif Badawi ; des services en français à Air Canada ; le report de la démolition de l’aérogare de Mirabel ; des indemnisations pour les victimes de la crise de pyrrhotite ; ou encore que soient respectées les règles de nomination des juges à la Cour suprême (dossier de Marc Nadon).

Le NPD a aussi relayé les préoccupations du Québec dans des dossiers allant du financement de Radio-Canada à la disparition du formulaire long obligatoire du recensement.

Toutefois, selon Gilles Duceppe, le Québec a payé le prix du résultat des élections de 2011. « Notre travail consiste à défendre nos intérêts et à aller chercher notre juste part, a lancé M. Duceppe. Ce n’est pas ce qui s’est passé depuis quatre ans : on s’est par exemple fait avoir avec les contrats des chantiers navals, où le Québec n’a pas obtenu un sou de contrat. »

 
Duceppe rappelle ses gains

Le chef bloquiste estime que la seule manière pour le Québec de faire des gains à Ottawa est d’élire un fort contingent de députés du Bloc. À preuve, a-t-il fait valoir : une liste de sept dossiers poussés par le Bloc au fil des ans et pour lesquels des résultats tangibles ont été obtenus. Loi antigang, protection de la gestion de l’offre, règlement partiel du déséquilibre fiscal, lutte contre le crime organisé, prestations pour enfants non imposables, M. Duceppe a soutenu que « l’idée qu’un parti d’opposition ne puisse rien obtenir de concret est un mythe ».

« C’est faux de dire que nous n’avons pas fait de gains », a-t-il dit. Il a justifié son recours au passé du Bloc en disant qu’« on n’est pas les seuls à faire ça : j’ai vu Paul Martin revenir [aux côtés de Justin Trudeau], et j’entends Thomas Mulcair parler de Jack [Layton] à peu près tous les jours. »

Alors qu’on lui demandait pourquoi les Québécois semblent prêts à réélire massivement le NPD si ce dernier n’a pas obtenu de résultats, M. Duceppe a soutenu qu’« on n’entend pas que le NPD a fait du bon travail, mais que les gens ne veulent plus du gouvernement Harper. Moi je réponds que le Bloc a toujours battu Harper et, quand on l’a fait, il était minoritaire. Mais quand le NPD l’a fait, Harper est devenu majoritaire. »

45
C'est le nombre de motions unanimes interpellant le gouvernement fédéral depuis la dernière élection fédérale, soit sous les gouvernements Charest, Marois et Couillard. Du lot, le Nouveau Parti démocratique (NPD) en a appuyé 39, soit un peu plus de 85 % (il n’a pas été possible de vérifier la position du parti pour quatre autres motions).
46 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 1 septembre 2015 05 h 51

    Aucun risque

    Si je suis bien votre liste, le NPD a appuyé le Québec chaque fois qu'il ne risquait pas de perdre un seul vote à l'ouest de l'Outaouais.

    Bravo.

    • Cyril Dionne - Abonné 1 septembre 2015 20 h 42

      Et comme vous avez raison. Comme Franco-Ontarien, on a droit au double discours de l'aristocrate Thomas Mulcair. Si seulement les Québécois savaient que le "New Democratic Party of Canada" ne parle pas français hors Québec.

    • Raymond Labelle - Abonné 1 septembre 2015 22 h 03

      Les positions et actions du NPD énumérées ci-dessous satisfont-elles au critère "ne pas risquer de perdre un seul vote à l'ouest de l'Outaouais"?

      - Reconnaître le droit à l'autodétermination du Québec et qu'un vote de 50% à un référendum oblige le gouvernement fédéral à négocier la souveraineté.

      - Faire adopter par le Parlement une loi forçant les agents du Parlement à être bilingues, ou un autre forçant les juges de la Cour suprême à être bilingues.

      - S'opposer au port pétrolier de Cacouna (le NPD a été le seul parti à le faire).

      - Mener avec succès la lutte pour la sauvegarde du seul Centre de recherche et sauvetage maritime francophone au pays. Les conservateurs avaient annoncé la fermeture de ce centre situé à Québec.

      - Avoir travaillé à ce qu'une enquête soit tenue par l’ombudsman de la Défense nationale concernant l’explosion qui a coûté la vie à six cadets de Valcartier en 1974. Les conservateurs, de même que les libéraux avant eux, sont restés les bras croisés pendant 40 ans. Résultat: le gouvernement devra indemniser les victimes.

      - forcer le gouvernement conservateur à reculer quant à sa controversée réforme sur la formation de la main-d’œuvre, qui a mené à une entente avec le gouvernement du Québec.

      - s'opposer à l’instauration d’une commission unique des valeurs mobilières sans l’aval des provinces.

  • Richard Bérubé - Inscrit 1 septembre 2015 06 h 13

    Duceppe se bat avec l'énergie du désespoir!

    Mais il semblerait qu'il accuse le NPD à tort...C'est désolant de voir un homme qui a très bien accomplit sa tâche, mais qui fût relègué aux oubliettes par les électeurs, dénigrer ses adversaires pour pouvoir revenir. Si Gilles Duceppe était réaliste il réaliserait bien que sa formation n'est plus désirable pour la très grande majorité des citoyens du Québec...des fois il faut savoir disparaitre....

    • Gilles Gagné - Abonné 1 septembre 2015 08 h 43

      Voyez-vous c'est ça la démocratie, donner des alternatives aux citoyens. Vous ne voudriez que des fédéralistes mais le statu quo ne plait à tout le monde et on le combat. Pour certains c'est dur à comprendre.

    • Michel Blondin - Abonné 1 septembre 2015 10 h 50

      Calcul bidon
      L’erreur de la bête addition de motions des intérêts sans distinction au clivage fédéraliste/ nationaliste ne rend pas justice à la réalité.
      Cette erreur d’addition oublie la trivialité que le NDP est fédéraliste dans le spectre extrême et opposé mordicus au nationalisme du Québec.
      On peut conclure aisément que le NDP défavorise l’émancipation du Québec dans son intention de se prendre en main.
      Il est contraire aux intérêts du Québec dans le dossier constitutionnel. Le dossier le plus occulté de cette élection fédérale. Et pour cause, les fédéralistes ne veulent entrevoir l’erreur béante de l’imposition de la constitution de 1982, de son coup d’État appréhendé et tous les torts faits au Québec depuis 150 ans de tromperie.
      Pour ceux qui aimeraient que le Bloc disparaisse, c'est qu'ils sont plus fédéralistes que progressistes. De cette nature disent-ils, qu'on est mieux servi par les autres.
      Le NDP est accusé, avec fondement des faits , qu'il favorise la centralisation des pouvoirs contre la volonté de toute l'Assemblée nationale du Québec.

  • Sylvain Deschênes - Abonné 1 septembre 2015 06 h 58

    Le Devoir prend position

    Cette première page montre que le Devoir prend nettement position en faveur du NPD. Plusieurs des dossiers énumérés ci-haut ne montrent aucunement le positionnement du NPD pour les grands dossiers nationaux du Québec. On ne parle pas non plus de l'assentiment de ce parti pour concurrencer Hydro-Québec avec l'électricité provenant de Terre-Neuve, ou de la question de l'oléoduc.
    Sylvie Ménard

    • Diane Germain - Abonné 1 septembre 2015 10 h 30

      Tout à fait d'accord.

    • Pierre Lincourt - Abonné 1 septembre 2015 11 h 31

      J'ajouterais que si la coloration orangée de la couverture de la campagne électorale fédérale par Le Devoir se confirme notre journal appuiera le NPD en page éditoriale à la veille du 19 octobre.
      Pierre Lincourt

    • France Massé - Abonnée 1 septembre 2015 13 h 41

      Tout à fait d'accord.

  • Brian Monast - Abonné 1 septembre 2015 07 h 36

    Merci

    Merci pour cette recherche et cette mise au point importante.

  • Jean Lapointe - Abonné 1 septembre 2015 07 h 50

    Pourquoi l'ont-ils fait?

    La question que l'on peut se poser c'est la suivante: s' il est vrai que le NPD a défendu près de 85% des motions unanimes de l'Assemblée nationale (je n'ai pas fait de vérification), pourquoi l' ont-ils fait?

    L'ont-ils fait pour défendre les intérêts du Québec ou l'ont-ils fait plutôt pour s'attirer l'appui du plus grand nombre de Québécois possible ?

    L'ont-ils fait par conviction ou l'ont-ils fait pour des raisons électoralistes?

    La raison se pose étant donné que le NPD est fortement opposé à l'indépendance du Québec.

    Tant mieux s'il arrive que ce parti soit prêt à aller dans le même sens que le Québec mais ce n'est pas évidemment suffisant parce qu' on ne sait pas jusqu' où ils sont prêts à aller, surtout si jamais ils sont éventuellement au pouvoir.

    Avec des députés en assez grand nombre au sein du parlement d' Ottawa, on serait plus sûr que les intérêts du Québec seraient bien défendus parce que ce serait des députés souverainistes et non pas des députés fédéralistes.

    On ne peut se fier au NPD pour défendre les intérêts parce que, quand ils donnent l'impression de le faire, ils peuvent très bien le faire par opportunisme plutôt que par conviction.

    Il ne faut pas oublier que cette fois-ci le Bloc se pose carrément en tant que parti souverainiste. C' est dans la perspective de faire du Québec un pays indépendant qu'il entend défendre les intérêts du Québec à Ottawa.

    Et c'est de la part de souverainistes qu'il espère avoir des appuis.

    Ce ne serait évidemment pas dans ce sens que le NPD pourrait le faire.

    Les choses sont plus claires maintenant.

    Ce sont les intentions qui comptent et qu'il faut prendre en considération, c'est-à-dire les objectifs poursuivis par chacun des partis.

    Les journalistes eux les objectifs des partis ils n'en tiennent pas compte.

    En tant qu'électeurs nous, nous devons nous prendre parti c'est-à-dire prendre position en faveur du parti qui la défend cette position.

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 septembre 2015 10 h 29

      «La raison se pose étant donné que le NPD est fortement opposé à l'indépendance du Québec.» - Jean Lapointe

      Vous me permettrez d'ajouer un bémol à cette assertion.

      Le NPD n'est pas si fortemen opposé à l'indépendance que ça, quand sait qu'en plus de l'abolition de la loi sur la Clarté référendaire des libéraux, le NPD a réaffirmer de «La Déclaration de Sherbrooke» qui respecte la droit à l'autodétermination du Québec et le retrait des programmes fédéraux sans condition avec pleine compensation.

      Christian Montmarquette

    • Charles Lebrun - Abonné 1 septembre 2015 14 h 50

      Monsieur Montmarquette, que vaut la "Déclaration de Sherbrooke" face à un jugement de la Cour suprême de Canada? J'attends votre argumentaire! Il est mieux d'être plus "solide" que d'affirmer qu'une formation politique s'est réunie et a décider démocratiquement de reconnaître le "50% + 1"... car ça ne jette nullement par terre le jugement de le Cour suprême, désolé pour vous, et en ce sens, M. Mulcair et bien malhonnête de laisser croire aux souverainnistes du Québec qu'il suffirait de 50% + 1 des votes pour le OUI à un éventuel référendum sur la souverainneté pour que le Québec soit indépendant! N'importe quel "tier" au Canada (un Libéral ou un Conservateur) pourrait porter le tout devant la Cour suprême!

    • Renaud Bélanger Wilson - Inscrit 1 septembre 2015 22 h 07

      Monsieur Montmarquette,

      Lachez-nous avec la déclaration de Sherbrooke!

      Le 6 mars 2013, tous le députés du NDP ont voté contre le projet de loi d'André Bellavance qui visait à abroger la loi de clarification. Si le NDP reconnait le droit à l'autodétermination du Québec qu'il le dise à son aile parlementaire. Le seul au NDP qui a eu le courage de ses convictions est Claude Patry et c'est pourquoi il a rejoint le Bloc.

      Vous me repondrez peut-être que ce jour là, votre candidate dans Ahuntsic a appuyé le projet de loi de Bellavance, mais c'était à l'époque où elle était indépendantiste.

    • Raymond Labelle - Abonné 1 septembre 2015 22 h 15

      M. Lebrun. La Cour prévoit les conditions où l'exécutif est obligé de négocier la souveraineté - ce qui n’empêche pas l'exécutif de négocier la souveraineté lorsque les conditions de la Cour où il serait forcé de le faire ne se produisent pas.

      Ce qui pourrait justifier un recours devant le Cour suprême, c'est un refus de négocier la souveraineté, si les conditions prévues par la Cour pour forcer la négociation étaient satisfaites.

      Analogie. La Cour suprême a forcé l'acceptation du mariage homosexuel, mais si le Parlement avait adopté une telle loi, la Cour suprême n'aurait pas pu l'invalider.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 2 septembre 2015 02 h 27

      Les partis fédéraux, hormis le NPD, ne reconnaissent pas, en pratique, le droit du Québec à s'autodéterminer. C'est le sens politique de la déclaration de Sherbrooke.
      Advenant que effectivement le Québec déclare son indépendance en s'appuyant sur la volonté d'une Constituante et d'un référendum majoritaire, qu'adviendra-t-il? Est-ce l'avis JURIDIQUE d'une Cour Suprême devenue illégitime qui empêcherait ce nouveau pays à s'autodéterminer? Et s'il advenant que le NPD était au pouvoir, c'est évident que ce parti entrerait en crise puisque les député.es du Québec perdraient aussi leur légitimité! Ce qui n'empêche que ce parti devrait reconnaître le droit démocratique du peuple québécois de se retirer de la Confédération des provinces.
      Un processus d'indépemdance et d'autodétermination est avant tout une affirmation politique unilatérale basée sur la volonté majoritaire d'un peuple.
      Dans ce contexte, si le NPD, comme parti, affirme qu'il reconnait la valeur du 50+i... Il faut s'en réjouir puisqu'il serait le seul parti fédéraliste qui reconnaîtrait la décision démocratique et poputlaire du Québec affirmant son autodétermination.
      En fait, j'ai déjà exprimé ce point de vue. Les adversaires les plus redoutables pour l'indépendance du Québec ne se retrouveront pas à Ottawa. Ce seront les mêmes après comme avant l'indépendance formelle: les fédéralistes québécois, soutenus par l'élite économique, financière et partisanne sont et seront les adversaires de l'indépendance du Québec. Évidemment, ces fédéralistes québécois, si minoritaires seront-ils vont se battre pour demeurer dans le giron Canadien et l'establishment canadien sera là pour appuyer cette minorité de loyalistes québécois!

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 septembre 2015 09 h 16

      À Charles Lebrun,

      À mon avis l'indépendance est une question bien plus «politique» que «juridique». Et le fait que le NPD se positionne «politiquement» contre la loi de la clarté est de bon augure. J'en comprends que le NPD se battrait sans doute politiquement contre l’indépendance, mais pas «juridiquement».

      Et selon ce que je sais, de toutes manières le droit international, reconnait le droit à l'autodétermination des peuples avec majorité simple. Il faut donc comprendre la position du NPD à ce sujet, comme une position politique d'ouverture et de respect du droit international.

      Christian Montmarquette

    • Raymond Labelle - Abonné 3 septembre 2015 08 h 20

      À M. Wilson. Un peu de contexte du vote du NPD contre la motion Bellavance. Le Bloc proposait l'abrogation de la loi sur la clarté, purement et simplement, sans quoi que ce soit pour la remplacer.

      Le NPD a voté contre et a répliqué en proposant son propre projet de loi, dans lequel on retrouve ce seuil de 50% + 1. Le Bloc déchire sa chemise car le projet de loi du NPD demande une question claire. Toutefois, le projet de loi énonce lui-même une question qu'il accepterait, et prévoit que toute autre question peut être posée en accord avec le gouvernement du Québec.

      En Écosse, le gouvernement indépendantiste s'était entendu avec le gouvernement central sur la question, laquelle était claire et simple.

      Voici une question que l'on retrouve dans le projet de loi du NPD, considérée comme acceptable:
      « Le Québec devrait-il devenir un pays souverain? »

      Ça semble tout à fait correct et raisonnable. Pouvez-moi m’expliquer pourquoi le fait d’accepter cette question serait un scandale innomable? En tout cas, c’était le motif de la démission de M. Patry.

      Ne reconnaissez-vous pas que ça prend un certain courage politique pour présenter un projet de loi au Parlement qui accepte un seuil de majorité simple?

      De toute façon, après deux référendums, il serait pratiquement impossible politiquement pour un gouvernement souverainiste de ne pas poser une question simple, claire et directe.

      M. Mulcair, encore tout récemment, a défendu cette position dans le premier débat en anglais. Je maintiens que c'est courageux.