Le spectre de la récession fait ombrage à la violence faite aux femmes

Le chef néodémocrate, Thomas Mulcair, était de passage à Saskatoon lundi pour une annonce concernant la lutte contre la violence faite aux femmes.
Photo: Josh Schaefer La Presse canadienne Le chef néodémocrate, Thomas Mulcair, était de passage à Saskatoon lundi pour une annonce concernant la lutte contre la violence faite aux femmes.

Le chef du NPD affirme qu’un gouvernement qu’il dirigerait érigerait la lutte contre la violence faite aux femmes au rang de « premières priorités ». Thomas Mulcair s’est engagé lundi à investir dans la construction et la réfection de refuges, mais il a surtout dû essuyer les attaques du chef conservateur, qui lui reproche de ne pas dire comment il financera toutes ses promesses.

« Un gouvernement NPD fera de la lutte contre la violence faite aux femmes une de ses premières priorités », a lancé M. Mulcair alors qu’il se trouvait à Saskatoon. Soutenant qu’en avril l’an dernier, en une seule nuit, 338 femmes et leurs 201 enfants s’étaient fait refuser l’accès à un refuge par manque de place, M. Mulcair a promis d’injecter 10 millions de dollars par an pendant quatre ans pour améliorer l’offre d’hébergement d’urgence. Il estime qu’il pourra ainsi créer 2100 places supplémentaires ainsi que 350 autres en maisons de transition. Le NPD entend élargir ce programme fédéral qui ne s’adresse plus qu’aux réserves autochtones.

Le chef du NPD a surtout été obligé de répondre à ses adversaires qui lui reprochent de ne pas expliquer comment il financerait ses promesses. « Le NPD n’a pas encore dit combien il devra emprunter ou de combien il devra hausser les impôts, mais il promet une hausse d’impôt “modeste”», a raillé le chef conservateur, Stephen Harper. « Mais il n’y a rien de modeste à propos de ses promesses. »

M. Harper soutient que le NPD augmentera les dépenses gouvernementales de 14 milliards (environ 5 %) dès la première année et de 35 milliards au terme d’un mandat. (Ces chiffres ne sont que des estimations partisanes puisque aucun parti n’a encore dévoilé sa plateforme chiffrée complète.) Ce qui lui fait dire que, malgré l’engagement de Thomas Mulcair, un gouvernement néodémocrate enregistrera lui aussi un déficit, comme a promis de le faire le libéral Justin Trudeau.

Le chef conservateur y est alors allé d’une déclaration surprenante, affirmant que « l’équilibre budgétaire n’[est] pas une fin en elle-même ». « Nous, les conservateurs, empruntons quand nous le devons et remboursons tel que prévu. […] Les libéraux et le NPD empruntent pendant les périodes difficiles parce qu’ils le doivent, et pendant les bonnes périodes parce qu’ils le peuvent. » Dimanche, les libéraux avaient eux aussi prédit des déficits néodémocrates.

M. Mulcair n’a pas répondu directement aux attaques, si ce n’est pour rappeler qu’il n’a pas les mêmes priorités que les conservateurs. Il ne faut donc pas tenir pour acquis que toutes les dépenses actuelles d’Ottawa seront maintenues. Quant aux libéraux, a rappelé M. Mulcair, « vendredi, ils nous reprochaient de ne pas dépenser assez. Maintenant, ils nous reprochent de dépenser trop ».

Vous avez dit récession ?

La question économique restera à l’avant-scène de la campagne électorale alors que, mardi, Statistique Canada dévoilera les plus récentes données sur l’état de l’économie, ce qui permettra de déterminer si le Canada est officiellement entré en récession en 2015.

Stephen Harper a refusé d’offrir sa définition de « récession ». « C’est plus important de décrire la réalité que d’utiliser des labels [étiquettes] », a-t-il dit avant de rappeler que seul le secteur de l’énergie battait de l’aile. Une telle définition est pourtant incluse dans la nouvelle loi anti-déficit qu’il a fait adopter à toute vapeur ce printemps…

M. Mulcair s’en est tenu à la définition technique, à savoir deux trimestres consécutifs de croissance négative du produit intérieur brut. « Mais peu importe les chiffres de demain [mardi], le plan de Stephen Harper ne fonctionne pas. » Le chef libéral ne faisait pas campagne lundi.

La population totale des Premières Nations ressemble à la population totale d’Ottawa. Posez-vous la question suivante : si, dans la région d’Ottawa, il y avait eu 1200 femmes tuées ou disparues, pensez-vous qu’on aurait besoin des Nations unies pour demander une enquête ? On l’aurait eue depuis longtemps. La vraie raison pour laquelle il n’y a pas eu d’enquête, c’est du racisme.

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1 commentaire
  • Louise Gagnon - Inscrite 1 septembre 2015 07 h 26

    Et les paradis fiscaux ? Pourquoi on n'en parle pas?

    "... les attaques du chef conservateur, qui lui reproche de ne pas dire comment il financera toutes ses promesses."

    Je souhaite que M. Mulcair, une fois élu, se penche immédiatement sur ce problème de la plus haute importance et démontre ainsi comment on organise les finances sur une base équitable pour tout le peuple canadien.Combien de personnes utilisent les paradis fiscaux comparativement au nombre de citoyens qui travaille et paient leur impôts.