La femme du journaliste confirme l’intervention d’Ottawa

La femme de Mohamed Fahmy, Marwa Omara (à gauche), a fondu en larmes samedi après avoir appris le verdict du tribunal égyptien.
Photo: Amr Nabil Associated Press La femme de Mohamed Fahmy, Marwa Omara (à gauche), a fondu en larmes samedi après avoir appris le verdict du tribunal égyptien.

Ottawa a officiellement demandé au président égyptien d’accorder le pardon au journaliste canadien emprisonné Mohamed Fahmy ou de permettre son renvoi au Canada, a déclaré sa femme, lundi, alors qu’elle implorait le premier ministre Stephen Harper d’obtenir sa libération.

Ce développement survient après qu’un tribunal égyptien eut condamné Mohamed Fahmy à trois ans de prison samedi, un verdict qui a choqué sa famille et incité plusieurs observateurs internationaux à demander sa libération.

« Personne ne comprend comment cela est arrivé », a déclaré sa femme Marwa Omara à La Presse canadienne depuis Le Caire.

« J’espère juste que le gouvernement canadien sortira Mohamed de là », a-t-elle ajouté.

Il s’agit de la seconde fois que M. Fahmy se retrouve derrière les barreaux pour la même affaire. Il avait été arrêté en décembre 2013 avec deux collègues alors qu’il travaillait pour la station anglophone du diffuseur par satellite Al-Jazeera et avait été accusé d’actes terroristes, ce qui a été dénoncé par la communauté internationale.

Le trio a passé plus d’un an en prison avant qu’un appel de leur condamnation mène à un second procès, bien que l’un d’entre eux, l’Australien Peter Greste, ait été abruptement renvoyé chez lui.

M. Fahmy et son collègue égyptien Baher Mohamed ont été libérés sous caution dans l’attente de leur nouveau procès qui s’est conclu par le verdict de samedi.

M. Fahmy a été condamné pour avoir fait défaut de s’inscrire auprès du syndicat des journalistes du pays, d’avoir apporté de l’équipement sans approbation de sécurité et d’avoir diffusé de « fausses nouvelles » sur le réseau d’Al-Jazeera.

Mme Omara a souligné que bien que les demandes de pardon et de renvoi aient été déposées par l’ambassade canadienne auprès des autorités égyptiennes, la pression d’Ottawa doit être maintenue.

« Il s’agit d’une occasion pour M. Harper de nous prouver qu’il n’accepte pas que des citoyens canadiens soient en prison injustement, a-t-elle dit. Nous sommes totalement épuisés de toute cette expérience, et c’est très dur pour nous de passer à travers cela à nouveau. »

Le ministère des Affaires étrangères ne voulait pas préciser quels efforts spécifiques étaient poursuivis dans le cas de Mohamed Fahmy.

 

Le gouvernement se défend

Une porte-parole du ministère a dit que des responsables du gouvernement canadien ont soulevé le cas auprès des autorités égyptiennes « au plus haut niveau » et continueraient de le faire.

« Le gouvernement du Canada continue de demander aux autorités égyptiennes d’utiliser tous les outils à leur disposition pour résoudre le cas de M. Fahmy et de permettre son retour immédiat au Canada », a dit Amy Mills.

Tant les néodémocrates que les libéraux ont critiqué le premier ministre de ne pas être intervenu plus tôt dans cette affaire et lui ont enjoint de téléphoner à son homologue égyptien pour lui demander personnellement de libérer Mohamed Fahmy.

Le ministre de la Défense, Jason Kenney, a toutefois défendu les efforts du gouvernement, affirmant qu’un « niveau de discrétion énergique » était parfois nécessaire dans des cas complexes comme celui de M. Fahmy.

Dans l’intervalle, l’homme n’a pas eu le droit de voir sa famille ni ses avocats depuis qu’il a été escorté à l’extérieur du tribunal samedi.

« Je n’ai même pas réussi à lui dire au revoir, a dit Mme Omara. C’est très dur pour nous, ce que nous vivons actuellement, mais nous essayons d’être forts. »

La famille de M. Fahmy est aussi préoccupée de la santé physique de l’homme de 41 ans qui se trouve en prison — il a besoin de médicaments pour l’hépatite C et pour une blessure à l’épaule.

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