Duceppe espère rallier les souverainistes à son panache

Au plus bas dans les sondages, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, continue de vouloir rassembler tous les souverainistes à son panache.

Poursuivant sa stratégie, M. Duceppe est allé parler pendant une quinzaine de minutes, samedi, aux présidents d’association du Parti québécois réunis à L’Assomption, dans Lanaudière, en présence du chef Pierre Karl Péladeau. Fidèle à lui-même, il a profité de l’occasion pour lancer un appel à l’unité des forces souverainistes québécoises, se posant comme le seul défenseur des intérêts du Québec.

Il a réaffirmé que les électeurs ne pouvaient s’attendre à ce que les trois chefs des principaux partis fédéraux défendent les intérêts du Québec, une situation qu’il juge « normale puisque chaque nation a la politique de ses intérêts ».

« Le problème n’est pas que [les chefs fédéraux] agissent en majoritaires, c’est qu’on n’agit pas en majoritaires. »

M. Duceppe a fait appel au vote stratégique, du moins à sa version du vote stratégique, qui ne consiste pas à appuyer le candidat le mieux placé pour vaincre le représentant conservateur dans chaque circonscription, mais plutôt à élire des députés du Bloc.

« Pour nous, il est important que ce vote stratégique se manifeste, que les Québécois et les Québécoises qui veulent se donner un pays se rendent compte que le seul parti qui en veut un à Ottawa, c’est le Bloc québécois », a-t-il déclaré.

Pour convaincre les souverainistes tentés de voter pour la troupe de Thomas Mulcair pour battre les conservateurs de Stephen Harper, M. Duceppe a tenté de placer les néodémocrates et les libéraux provinciaux dans le même panier. « Ils sont contre l’austérité de Harper mais pour l’austérité de Couillard. On voit qu’ils s’entendent bien », a-t-il lancé, avant d’accuser Philippe Couillard d’avoir « oublié plusieurs demandes » dans la liste que le premier ministre québécois a présentée aux différents chefs fédéraux.

Faire fi des sondages

Plusieurs autres activités figuraient samedi à l’agenda de M. Duceppe, qui a dit ne pas se préoccuper des sondages qui le placent très loin derrière le Nouveau Parti démocratique (NPD) dans les intentions de vote des Québécois.

Sur les ondes de Radio-Canada, M. Duceppe a dit qu’il ne fallait pas oublier les élections de 2011, alors que le NPD traînait de la patte au début de la campagne électorale. « C’était la même chose il y a quatre ans, mais à l’inverse. On est où était le NPD, et le NPD est où on était. Ils [les néodémocrates] ont renversé cela et on va le renverser aussi. Personne n’avait dit ça la dernière fois. On était rendu l’opposition officielle après deux semaines. »

Disant ne rien tenir pour acquis, le chef bloquiste assure que peu d’électeurs lui parlent des sondages et des sondeurs. « Ils me parlent de leurs problèmes concrets et c’est ce qu’on fait avec cette tournée », a-t-il dit.

17 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 30 août 2015 04 h 11

    Pour unir...

    Celles et ceux q'il faut unir, ce sont les Québécois.
    Pas que les indépendantistes.
    Le pays ne se fera que si un projet de société novateur, stimulant et digne des attentes québécoises voit le jour.
    Les Québécois ont dépassé le stade du déisme pour un ou une chef, ils n'attendent plus de messie politique mais un projet concret.
    C'est là-dessus que tous nous devons plancher pour rallier les indépendantistes, ceux de toujours comme moi et ceux plus récents, et ceux qui ne cessent d'accumuler des déceptions politiques aussi diverses que nombreuses...
    Le temps des grands discours faits de promesses entendues mille fois est passé et ne reviendra plus.
    Nos chefs politiques québécois doivent ne s'inscrire que dans l'action.
    Oeuvrer et présenter un projet de société concret aux électeurs du Québec est à mon sens la seule voie qui peut nous permettre de noud rassembles tous, ou presque, autour d'un vote déterminant parce que significatif.
    Il faut aller au-delà des déclarations d'intention vertueuses.
    C'est là que se trouvent la volonté des Québécois.

    Merci de m'avoir lu.

  • Christian Montmarquette - Abonné 30 août 2015 12 h 13

    « Le panache en panique» ou « Le discours de détresse de Gilles Duceppe »

    L'actuel discours de Gilles Duceppe apparaît comme un véritable discours de détresse.

    Quand on est rendu à mettre le NPD et Harper dans le même panier, c'est qu'on a vraiment le panache en panique et qu'on est rendu au bout du rouleau. Puisque le NPD ne fait que ça, combattre les conservateurs et vouloir abolir toutes les lois scélérates de Stephen Harper.

    Et un tel discours apparaît encore plus comme une déroute et un discours de panique, quand Duceppe attaque l'austérité libérale, mais ne dit pas un traître mot de l'austérité péquiste!

    Une conclusion malheureusement s'impose..

    Autant le Bloc que Gilles Duceppe ont fait leurs temps. Le Québec est las d'être sans cesse pris en otage par la question nationale jusque dans les élections fédérales. Et il est plus que temps pour le Québec de remettre sur la carte l'important débat «gauche-droite» qui déterminera toutes les politiques économiques et sociales d'ici l'indépendance... Et ça., C'est si jamais l'indépendance arrive..

    Il n'y a pas que le pays virtuel qui compte, mais ce que l'ont fera du pays réel d'ici le Grand Soir. Et je suis désolé d'apprendre aux nationalistes de droite, que les citoyens du Québec n'ont rien de mieux à faire ni à espérer d'ici l'indépendance, que de cesser de se faire littéralement voler par les gouvernements néolibéraux du PQ et du PLQ, qui dépouillent le Trésor public qui devrait servir à financer nos services publics, pour engraisser les riches, les banques et les entreprises multinationales privées déjà riches à craquer.

    Christian Montmarquette

    Référence :

    LE BUDGET MARCEAU : «Austérité préélectorale à Québec» - Le Devoir
    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/400644/bu

    • Nicolas Bouchard - Abonné 30 août 2015 17 h 44

      À tiens donc M. Montmarquette, vous avez sorti votre bloc-notes anti-BQ cette fois, la prochaine fois sera celle de votre bloc-notes anti-PQ.

      C'est à s'y méprendre tellement vos messages se suivent et se répètent, avec les mêmes citations et les mêmes messages que vous tentez de passer.

      Alors, je vous pose la question encore une fois, à quand votre première critique contre un parti fédéraliste? Vous savez, celui qui porte une barbe et est prêt à viser le déficit zéro à tout prix s’il est élu (pareil comme Couillard, quel hasard).

      Laissez-moi deviner, aucune critique en vue de votre part, quel hasard encore une fois.

      Nic B.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 août 2015 18 h 14

      «À quand votre première critique contre un parti fédéraliste? Vous savez, celui qui porte une barbe et est prêt à viser le déficit zéro» -Nicolas Bouchard
      « Le NPD ou l'austérité bien ordonnée »

      Les néolibéraux comme les Trudeau et Harper au fédéral et le PQ et le Parti libéral au Québec, ont cette fâcheuse manie de ne vouloir regarder et couper que dans la colonne des dépenses, sans jamais envisager d'augmenter la colonne des revenus de l'État.

      Et si le NPD entend faire des coupures, il entend les faire dans la guerre, les subventions aux pétrolières, l'achat des F-35 etc. En plus d'augmenter les impôts des grandes entreprises et annuler le fractionnement de revenu.

      D'après ce que je constate, le NPD opte finalement pour le même genre d'approche que Québec Solidaire en matière d'équilibre budgétaire. Puisque n'en déplaise aux éteignoirs qui traitent tous les progressistes de rêveurs et d'utopistes. QS aussi préconise un budget équilibré malgré qu'il propose un vaste chantier social.

      La question est donc de savoir.. Un budget équilibré, oui..
      Mais fait sur le dos de qui? et de quoi?

      Et dans le cas qui nous occupe, des coupures faites aux bons endroits, pour récupérer l'argent pour les services publics et pour les citoyens.

      Et quand ont sait que le Québec gave les banques, les riches et les grandes entreprises de plus de 10 milliards par année avec des fonds publics et que le Canada laisse s'envoler plus de 170 milliards par année dans les paradis fiscaux. Ce n'est pas l'argent à récupérer qui manque pour financer les programme sociaux.

      Christian Montmarquette

      Références :

      « 170 milliards $CAN dans les paradis fiscaux » - Le Devoir
      http://www.ledevoir.com/economie/actualites-econom

      « Paul Martin et les paradis fiscaux - Quand un scandale en cache un autre» - Le Devoir
      http://www.ledevoir.com/non-classe/55327/paul-mart

  • Guy Lafortune - Inscrit 30 août 2015 13 h 01

    Tu vas en manger toute une Gilles Duceppe!

    Ça va être pire qu'en 2011, comme Mme Martin, caractère fétiche aux midis de Gilles Proulx jadis(en 2000), je vais la paraphrasé: On veut rien savoir!
    Vous les séparatistes, vous avez tous 60 ans et plus, votre fenêtre est passée.
    J'avais prédit en 2011 que Duceppe et sa gang passerait de 47 à 7 sièges, je m'étais même troupé de 3 car il en restait que 4.
    Cette fois-ci, ça sera de 2 sièges à 0, amen!

    • Yves Côté - Abonné 30 août 2015 14 h 51

      "Vous les séparatistes, vous avez tous 60 ans et plus, votre fenêtre est passée."
      Quel capacité d'analyse vous exposez, Monsieur Lafortune.
      J'en reste pantois.
      Je vous laisse quand même les mots d'un vieux nul : les vieux arbres ne donnent pas pour autant de vielles pommes.
      Le vieux en question s'appelait Félix Leclerc.
      Mais bon, vous ne le connaissez sans doute pas, tellement tout cela doit dépasser l'expérience des choses et la mesure dont vous démontrez l'ampleur ?

      Mes salutations, Monsieur.

  • François Chartier - Abonné 30 août 2015 13 h 13

    Ma priorité

    Je suis souverainiste dans le fond de mon ame .Cette année ma priorité est de mettre dehors Harper et de m'assurer que Trudeau ne prenne pas le pouvoir.
    Je suis dans l'obligation de voter NPD.Le Bloc de prendra pas jamais le pouvoir.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 30 août 2015 15 h 47

      @f. chartier Bien sûr que le Bloc ne prendra jamais le pouvoir à Ottawa...mais il est là pour défendre nos intérêts...ceux du Québec...alors que les autres partis tels les Libéraux, les Conservateurs, les NPD, etc etc... sont là pour le ROC c'est-à dire le reste du Canada... et devront répondre aux seuls besoins de leurs électeurs du ROC.

      Sur les 338 sièges à combler à Ottawa... le Québec, en entier, n'en aura qu'une possibilité maximale de 78 sièges (députés)...mais ils seront là pour NOUS...

      Un vrai souverainiste comme vous doit penser au pays du Québec...et dans trois ans, nous serons maîtres chez nous.

  • Sylvain Deschênes - Abonné 30 août 2015 14 h 17

    Duceppe vous fait peur

    À voir les pro NPD s'époumonner pour répondre à un entrefilet sur Duceppe, on voit qu'ils ont très peur de lui. Leurs attaques ressemblent de plus en plus à celles des libéraux. C'est vrai qu'ils veulent se donner bonne conscience de voter pour le libéral Mulcair...
    Sylvie Ménard