Ignatieff évoque une collaboration PLC-NPD

L’ancien chef libéral Michael Ignatieff
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ancien chef libéral Michael Ignatieff

Advenant la réélection d’un gouvernement conservateur le 19 octobre prochain, les néodémocrates et les libéraux devront impérativement s’asseoir ensemble pour discuter de l’avenir, selon l’ancien chef du Parti libéral du Canada (PLC) Michael Ignatieff.

« Ultimement, les électeurs n’ont que peu de considérations pour les allégeances politiques, insiste M. Ignatieff. Ce qu’ils veulent, c’est du changement. C’est certain que je souhaite voir mon parti l’emporter, mais au final, il faut surtout se débarrasser de [Stephen] Harper. »

De passage à Montréal dans le cadre du premier congrès général de l’European Consortium for Political Research (ECPR) hors Europe, qui a réuni environ 600 personnes mercredi soir à l’Université de Montréal, l’ancien homme politique a laissé entendre qu’une importante décision pourrait bien attendre les chefs libéral et néodémocrate au détour de cette longue élection.

En effet, bien qu’il ne l’ait pas énoncé clairement, M. Ignatieff estime que si le prochain scrutin portait au pouvoir un gouvernement conservateur minoritaire, le PLC et le Nouveau Parti démocratique devraient peut-être considérer la voie de la collaboration.

« Si M. Trudeau est élu, il devra parler avec M. Mulcair et vice versa, a-t-il indiqué avec un regard entendu. Mais s’ils sont tous deux battus, il faudra absolument qu’ils le fassent ! »

Économie mondiale inquiétante

Interrogé sur les récentes déclarations de Justin Trudeau, à savoir que le Canada ne retrouverait l’équilibre budgétaire qu’en 2019, Michael Ignatieff s’est montré prudent. « Notre parti n’a pas besoin de faire ses preuves quant au maintien d’une bonne discipline budgétaire, a-t-il affirmé. Les gouvernements libéraux de MM. Chrétien et Martin, malgré leurs défauts, ont nettoyé la maison après le passage de Mulroney. C’est dans les veines d’un bon libéral. »

En refusant de se plier au dogme de l’équilibre budgétaire, Justin Trudeau se « laisse une certaine marge de manoeuvre », croit l’ancien chef libéral.

Il a cependant expliqué que le contexte économique mondial actuel est très particulier, avec l’économie chinoise qui périclite et le prix du pétrole qui peine à remonter la pente. « M. Harper, M. Trudeau et M. Mulcair n’ont aucune idée de ce qu’ils auront à affronter en 2016. Personne ne le sait », a-t-il ajouté, insistant sur la précarité de la situation courante.

Contrairement à ses prédécesseurs libéraux Jean Chrétien et Paul Martin, qui ont publiquement soutenu l’actuel chef libéral, M. Ignatieff ne compte pas faire d’apparition dans le cadre de la campagne électorale en cours. Aujourd’hui professeur à la Kennedy School of Government de Harvard, il a affirmé qu’il continuerait de se tenir loin de la politique. « Je suis ces élections attentivement, parce qu’elles sont très importantes, mais je n’ai pas d’intérêt à retourner là. »


 
10 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 28 août 2015 03 h 11

    Voilà peu

    Voilà peu de temps, cette idée de collaboration entre ces deux partis était, selon eux, inconcevable. Remarquez qu'ils y vont doucement. Ils nomment cela collaboration au lieu de coalition et c'est Michael qui en parle et non pas Just-un.

    Comme quoi l'adage ne ment jamais : Tout le monde aime un gagnant !

    Comment l'intéressé répondra à ces avances ? La question reste posée. (Sourire en coin, j'imagine).

    PL

  • François Dugal - Inscrit 28 août 2015 07 h 55

    "Has been"

    Le poids politique de Monsieur Ignatieff étant inexistants, ses propos sont nuls et non avenus.

    • Hélène Paulette - Abonnée 28 août 2015 10 h 21

      Peut-être un ''mea culpa''...

    • François Dugal - Inscrit 28 août 2015 15 h 54

      @Madame Paulette

      Oremus.

  • Bernard Terreault - Abonné 28 août 2015 08 h 13

    Incohérence

    Ultimement, les électeurs n’ont que peu de considérations pour les allégeances politiques, insiste M. Ignatieff. Je dirais plus, ils ont peu de considérations pour les allégeances idéologiques. Comment expliquer autrement que la même classe moyenne québécoise qui plébiscite un NPD de gauche au fédéral vote conservateur avec le PLQ ou la CAQ au provincial? Au fond, on vote plus souvent contre des personnalités, des styles, qui n'accrochent pas (comme Harper ou Marois au Québec) que pour des orientations claires pour son pays.

    • Raymond Labelle - Abonné 28 août 2015 12 h 00

      "Comment expliquer autrement que la même classe moyenne québécoise qui plébiscite un NPD de gauche au fédéral vote conservateur avec le PLQ ou la CAQ au provincial?"

      Parce qu'une grande partie de la population québécoise ne veut pas absolument pas de référendum. En tout cas, ça explique le PLQ.

      Il a suffi que PKP le nouveau candidat-vedette lève le poing à la dernière campagne électorale pour que cette campagne tourne de bord. Comme PKP est perçu comme quelqu’un qui a du succès et qu’il a manifesté la volonté de faire l’indépendance, cela a polarisé le vote, créé un transfert de votes de la CAQ vers le PLQ, avec le résultat que l’on connaît. Avant cela, le PQ menait.

      L'ombre de la menace de la vague possibilité d'un improbable référendum a semé la panique, c'est dire...

      Cette question de référendum est un boulet dans notre vie politique. Ceci est d’autant plus absurde que si, par miracle, un parti souverainiste prenait le pouvoir, il ne pourrait pas faire de référendum gagnant. Et on préfère qu’il ne fasse pas de référendum perdant – je ne blâme pas le PQ au pouvoir de n’avoir pas fait ça.

      Le PLQ n’a qu’à promettre de ne pas faire de référendum pour être élu pour l’éternité.

      L’enfer est pavé de bonnes intentions.

      Pourtant, il y a tant de choses à faire (et à ne pas faire) dans la juridiction actuelle. Et dont plusieurs pressent, comme par exemple renforcer la protection de la langue et intégrer nos immigrants pour éviter l’érosion du Québec français.

      Et, comme on le voit au fédéral, sans ce boulet du référendum, les électeurs seraient sans doute plus ouverts à d'autres possibilités que le PLQ.

    • Raymond Labelle - Abonné 28 août 2015 12 h 27

      Réécriture plus rigoureuse de ma dernière phrase.

      On voit qu’au fédéral les Québécois sont ouverts à d’autres possibilités que les partis traditionnels, voire même à des partis de gauche: une telle ouverture pourrait s’exprimer plus librement sans le boulet du référendum, qui nous condamne au PLQ à perpétuité.

  • Loraine King - Abonnée 28 août 2015 08 h 21

    Grand parleur

    P'tit faiseur. C'est bien bon d'entendre celà de la bouche d'Ignatieff, lui qui est responsable de l'échec d'une coalition PLC/NPD en 2008-2009.

    Et même si vous aviez un intérêt à retourner là, Monsieur Ignatieff, vous avez manqué le bateau.

    • Raymond Labelle - Abonné 28 août 2015 11 h 41

      En effet. M. Ignatieff est celui qui a rompu l'accord de coalition que les autres signataires étaient prêts à respecter. Peut-être se rend-il aujourd'hui compte qu'il s'agissait d'une erreur.

    • Raymond Labelle - Abonné 28 août 2015 12 h 17

      Qu'est-ce qui serait différent dans le prochain Parlement par rapport à celui auquel M. Ignatieff participait?

      La coalition NPD/Libéral d'un prochain Parlement n'aurait pas besoin de l'appui du Bloc.

      Lorsqu'il était chef, M. Ignatieff ne voulait peut-être pas prendre le risque de vendre au ROC un gouvernement de coalition qui gouverne avec l'appui formel du Bloc.

      Pure spéculation de ma part.

      Quoiqu'il en soit, cette question pourrait ne pas se poser quant à une coalition NPD/PLC au prochain Parlement.