Le Bloc québécois réclame une enquête du Bureau de la concurrence

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a rencontré des électeurs mardi lors de son passage sur la couronne nord de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a rencontré des électeurs mardi lors de son passage sur la couronne nord de Montréal.

Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, réclame une enquête du Bureau de la concurrence sur le prix de l’essence à la pompe, estimant que le prix actuel payé par les consommateurs ne peut en aucun cas être justifié avec l’effondrement des prix du pétrole brut sur les marchés internationaux.

« Je pense qu’on se moque de nous, carrément », a tranché le chef bloquiste en entrevue avec La Presse canadienne.

De passage à Saint-Jérôme, mardi, pour y présenter ses candidats, M. Duceppe a affirmé que la chute du dollar canadien n’est pas suffisante pour expliquer le maintien des prix élevés du litre.

S’appuyant sur les données de la Régie de l’énergie, Gilles Duceppe note que c’est la marge de raffinage qui permet aux pétrolières de maintenir un prix artificiellement gonflé, puisque cette marge, en date du 17 août, avait augmenté de 75 % par rapport à la moyenne des 52 semaines précédentes, étant passée de 14,6 cents à 25,6 cents le litre.

« Il faut que le Bureau de la concurrence enquête pour expliquer ces alignements assez semblables sur les prix et ces hausses de marge au raffinage, alors que le prix à la pompe reste à peu près le même et que le prix du baril a diminué énormément. Il y a quelque chose qui ne marche pas, là-dedans. »

M. Duceppe a profité de l’occasion pour demander à ses vis-à-vis des autres partis, Stephen Harper, Thomas Mulcair et Justin Trudeau, de s’engager à soumettre la question du prix de l’essence à un comité parlementaire dès la rentrée.

Leur attitude jusqu’à présent, selon le chef du Bloc, laisse croire qu’ils sont davantage préoccupés par les pétrolières que par les citoyens.

Regarder l’historique

Plusieurs analystes avaient prédit que la fermeture de la raffinerie Shell de Montréal-Est, en janvier 2010, entraînerait une augmentation des prix de l’essence puisqu’elle se traduirait par une baisse de l’offre nationale d’essence raffinée.

Selon M. Duceppe, la création d’un comité parlementaire sur la question des prix du pétrole permettrait d’évaluer de façon plus rigoureuse l’état de l’industrie pétrolière et cette question en particulier.

« Il faut qu’on regarde l’ensemble de l’historique, l’ensemble des hypothèses et qu’on se penche sérieusement, scientifiquement sur la question plutôt que de faire les béni-oui-oui devant les pétrolières, qui ont une situation fiscale plus enviable qu’au Texas, ce qui n’est pas peu dire », a-t-il opiné.

Interrogé sur l’hypothèse, dans ce contexte, d’un achat et d’une remise en service de la raffinerie Shell — qui était rentable au moment de sa fermeture — par le gouvernement du Québec, M. Duceppe n’a pas écarté cette idée, tout en demeurant prudent.

« Il faudrait que ce soit examiné. Je suis prêt à examiner toutes les hypothèses. Je ne mets pas celle-là de l’avant avant de l’avoir examinée ; ce serait fou de répondre oui à cela sans avoir fait tous les calculs et mesuré les conséquences que cela pourrait avoir. »

M. Duceppe n’a pas raté l’occasion de faire le rappel historique d’une décision prise il y a un demi-siècle qui avait beaucoup alimenté le discours souverainiste à l’époque et dont les conséquences se font toujours sentir, soit l’instauration de la ligne Borden en 1961, qui avait eu pour conséquence de freiner le raffinage du pétrole de l’Ouest canadien à Sarnia en Ontario et obligé le Québec et les maritimes à s’approvisionner à l’extérieur du pays.

« Il y avait beaucoup de raffinage dans l’est de Montréal avant la ligne Borden […] Aujourd’hui, il n’y a pratiquement pas de pétrole consommé au Québec qui vient de l’ouest parce que ça bloque à la ligne Borden. Là, ils voudraient changer cela parce qu’ils ont atteint le maximum là-bas. »

3 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 août 2015 06 h 47

    Pardon ???

    M. Duceppe s'occupe des problèmes subis par la population comme le prix de l’essence exagéré, la protection de l’environnement (bon… tout le monde la fait celle-là). Et quoi encore ???
    Mais quelle mouche le pique ? Ce n’est pas en temps d’élection qu’il faut relever de vrais problèmes, c’est le temps des promesses, le temps de l’esbroufe; pas le temps des choses sérieuses qui touche le vrai monde.

    C’est le temps de promettre des millions pour la protection de l’environnement, pendant qu’on subventionne à plein truck les compagnies qui creusent des trous partout (et ne payent pas leurs impôts).

    Vous manquez de farfelu, M. Duceppe, ça fait pas sérieux !
    Vous faites «contretemps»

    PL

  • Charles Talon - Abonné 19 août 2015 10 h 38

    Duceppe et le pétrole

    Je suis d'accord avec M. Lefebvre... Nous sommes en élections... Est-ce vraiment le temps de parler des "vraies affaires"?

    Charles Talon

  • Yves Corbeil - Inscrit 19 août 2015 12 h 56

    Bien voyons donc

    Va quand même falloir que vous trouviez autres choses pour faire le millage des 2 prochains mois M.Duceppe. Le transport et le prix du gas mais ça devient une obsession chez vous. Heureusement que vous avez pas à traversé le pays des rocheuses pour votre campagne.

    Aller mon cher Gilles, parle nous de pays, d'indépendance, de démocratie sociale, fait nous rêver à autres choses, ça nous changera de l'économie, la richesse, le terrorisme, la sécurité, l'homophobie, l'islamophobie, pis le pétrole et les tuyaux pour le charrier.