Le Bloc a tout ce qu’il faut pour attirer les jeunes, soutient son chef

Le Bloc québécois n’a pas besoin de renouveler son discours pour attirer vers lui les jeunes électeurs, estime son chef, Gilles Duceppe. Les valeurs qu’a défendues et que défend toujours le parti n’ont pas perdu de leur pertinence, insiste-t-il.

« On a un discours qui est moderne, progressiste, réaliste, démocratique et souverainiste. Les autres partis ont un discours fédéraliste », a affirmé le chef bloquiste en marge d’un discours prononcé jeudi soir à Laval devant une centaine de jeunes participants de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde.

« L’environnement, ça concerne certainement les jeunes. La défense des intérêts du Québec, ça concerne certainement les jeunes. La sécurité et la liberté, ça concerne certainement les jeunes », a-t-il poursuivi en opposant le Bloc au NPD de Thomas Mulcair, comme il l’avait fait plus tôt en journée.

Prenant place sur une petite estrade installée pour l’occasion, M. Duceppe a fait face jeudi à un auditoire généralement attentif, mais réservé. Devant ces jeunes venus l’entendre, une bière à la main, il a rappelé les deux grands objectifs bien connus de sa formation politique : la défense des intérêts du Québec et la souveraineté.

« Il y a des gains à faire quand on se tient debout et qu’on ose parler des intérêts du Québec, a lancé le politicien après avoir dressé le bilan des réussites passées du Bloc sur les banquettes de l’opposition. Pour ceux qui se demandent ce qu’on fait à Ottawa, moi je pense que la démocratie, c’est de déléguer notre pouvoir de vote et de parole à des hommes et des femmes qui défendent les mêmes valeurs que nous. »

« Le Québec s’est trop longtemps effacé, a-t-il ajouté en évoquant le projet indépendantiste. Mais je pense que les jeunes n’ont pas le goût de s’effacer. »

Son allocution n’a suscité des applaudissements qu’à une seule reprise, lorsqu’il a suggéré de défaire le Canada de ses liens avec la royauté.

Dilemme

Aussitôt le discours terminé, plusieurs jeunes sont demeurés sur place pour échanger avec M. Duceppe ou évaluer la performance du chef. « On a vu l’expérience parler. On a vu quelqu’un de convaincant, qui sait de quoi il parle, juge Alexandre Gagnon, interpellé parmi un groupe d’amis. Le gros problème, c’est qu’on veut voter pour quelqu’un qui va bien nous représenter, mais on ne sait pas si notre vote va se perdre si on choisit le Bloc. »

Pour le jeune homme, la priorité est de chasser les conservateurs du pouvoir. « La question c’est de savoir comment on fait. Est-ce qu’on vote avec notre coeur ou en fonction du résultat ? On est un peu pris entre les deux. »

De l’autre côté de la table, Marianne Drouin était déjà séduite par l’idée de la souveraineté. « Pour moi, le discours souverainiste n’est pas celui d’une autre génération, même si ce n’est pas la majorité de ma génération qui est convaincue », dit-elle.

Elle a voté pour le Bloc québécois par le passé, mais pas en 2011. Comme plusieurs autres Québécois, elle s’est alors tournée vers le NPD. Et cette année, elle hésite toujours. « Je ne sais pas si le fédéral est le bon endroit pour voter pour un parti souverainiste. »

10 commentaires
  • Pierre Vaillancourt - Abonné 14 août 2015 05 h 10

    En attendant Paris...

    M. Duceppe : « Pour ceux qui se demandent ce qu’on fait à Ottawa, moi je pense que la démocratie, c’est de déléguer notre pouvoir de vote et de parole à des hommes et des femmes qui défendent les mêmes valeurs que nous. »

    Si voter stratégique, c'est voter pour des gens qui ne défendent pas les mêmes valeurs que nous, alors voter pour le Bloc c'est aussi, pour moi, un vote stratégique car avant d'être sourevainiste, je suis d'abord environnementaliste. Or, comme les deux autres grands partis fédéraux, le Bloc ne s'oppose pas au passage, sur le territoire québécois, des oléoducs transportant le pétrole des sables bitumineux.

    Je voterai avec mon coeur et mes valeurs, en attendant le Sommet de Paris sur le climat. Mon vote sera vert.

    • Ingrid Haegeman - Inscrite 14 août 2015 07 h 08

      Bonjour M. Vaillancourt, je ne comprends pas pourquoi vous dites que le Bloc ne s'oppose pas au passage sur le territoire québécois des oléoducs. Déjà avant la campagne on voyait le Bloc dénoncer ad nauseam l'oléoduc. Tous les candidats ont le même discours et M. Duceppe s'est prononcé on ne peut plus clairement contre l'oléoduc dans au moins deux conférences de presse dédiées à ce sujet. Leur site pululle de déclarations et d'images web pour dénoncer le passage de l'oléoduc ici.

    • Pierre Vaillancourt - Abonné 14 août 2015 13 h 38

      Non, le Bloc ne prend pas du tout position contre les oléoducs.

      Le Bloc dit que c'est au Québec de décider, de juger, de voir s'il acceptera le passage des oléoducs sur notre territoire après que des tests du BAPE auront été réalisés, il dit que c'est au Québec de voir quels avantages économiques il pourrait en retirer, après négociation avec Big Boss le fédéral. Affirmer cela, ce n'est pas prendre position contre l'oléoduc et contre le passage du pétrole lourd des sables bitumineux sur notre territoire, c'est simplement dire : « C'est au Québec seul de décider ce qu'il souhaite faire dans ce dossier et il n'a pas à se faire imposer une décision par Ottawa. »

      Ce discours est très nationaliste, j'en conviens, mais c'est simplement de dire : nous, au Bloc, on appuie le Québec et c'est au Québec de décider. Si le Québec veut de cet oléoduc, alors on appuiera cet oléoduc. »

      Pour ma part, je suis contre l'oléoduc 9B et je suis contre le développement de nouvelles infrastructures pour favoriser le développement de l'économie basée sur le pétrole, que cela soit payant pour le Québec ou pas.

      Je voterai pour sortir le Québec du pétrole et le seul parti qui a pris des engagements clairs et fermes en ce sens, c'est le Parti Vert.

      Avec tout mon respect, madame, chacun ayant droit à son opinion.

    • Pierre Vaillancourt - Abonné 14 août 2015 17 h 01

      @ madame Ingrid Haegeman

      Extrait d'une citation de Gilles Ducpeppe, telle que rapportée sur le site du Bloc :

      « Sur la question de l’oléoduc, le Québec doit être à la table de
      négociation. Ottawa n’a pas à décider de ce qui passe au Québec sans
      qu’on ait notre mot à dire. C’est là l’enjeu de cette prochaine
      élection : redonner voix au chapitre au Québec, à ses régions, à ses
      citoyens. »

    • Gilles Théberge - Abonné 14 août 2015 18 h 04

      À ma connaissance monsieur Vaillancourt, le Bloc place en tête de liste de ses priorités, l'acceptabilité sociale. À mon avis c'est ce qu'il veut dire en filigrane en disant que c'est aux québécois de décider.

      Vous le citez : «Ottawa n’a pas à décider de ce qui passe au Québec sans qu’on ait notre mot à dire. C’est là l’enjeu de cette prochaine élection : redonner voix au chapitre au Québec, à ses régions, à ses citoyens.» Il me semble que c'est clair qu'est-ce que vous voulez qu'il dise de plus?

      En revanche je pense que les libéraux et le NDP sont eux, d'accord avec le passage du pipeline sur le territoire Québécois.

      Je respecte vraiment votre opinion à l'effet que voter pour les vert soit un choix acceptable. Ce n'est pas mon option mais je pense que votre point de vue n'est pas insensé.

      Cependant vous dites je suis d'abord environnementaliste. J'ai beau me creuser les méninges je ne parviens pas à comprendre en quoi un vote pour le Bloc ne serait pas un vote en faveur de l'environnement.

      Par contre je suis d'avis qu'un député Bloquiste à Ottawa aurait passablement plus les mains libres pour s'opposer à ce projet insensé d'Énergie Est.

      Sur le plan stratégique vous avez davantage de chances d'avoir un député de votre bord avec un bloquiste qu'avec un libéral ou un NDP. Parce que vous savez très bien qu'il n'y aura pas de députés vert élu au québec.

      Je ne m'en réjouis pas mais je veux simplement vous faire remarquer que les meilleures stratégies sont les gagnantes. Et moi je crois que même s'il y avait 78 députés du NDP provenant du Québec, la somme des circonscriptions hors Québec l'emporte. Et ce ne sera pas le NDP qui va avoir la majorité dans le prochain parlement. D'ailleurs ses appuis s'effritent présentement à mesure que «Justin» les grignote.

      je reste convaincu que le meilleur choix demeure de voter pour des députés qui ont d'abord à coeur les intérêts du Québec et de son environnement. Le Bloc correspondà ça.

    • Pierre Vaillancourt - Abonné 15 août 2015 13 h 07

      @ Gilles Théberge

      Moi aussi, monsieur, je respecte ceux qui votent pour le Bloc, j'ai toujours voté pour le Bloc jusqu'à ce jour et je suis indépendantiste.

      Toutefois, le Bloc se pose en défenseur des intérêts du Québec. Cela veut dire qu'il va défendre ce que le Québec veut. Si les Québécois voulaient majoritairement, par exemple, qu'on installe des plateformes de forage pétrolier dans le golfe du Saint-Laurent, le Bloc défendrait ce point de vue. Pour ma part, je ne veux pas voter pour un parti qui se limite à revendiquer à Ottawa ce que la majorité des Québécois veulent. Je veux voter pour un parti qui a ses propres idées et qui milite activement pour que le Canada sorte d'une économie basée sur le pétrole.

      Le NPD, pour sa part, est carrément pour une économie axée sur les ressources naturelles (lire pétrole des sables bitumineux), surtout avec son nouveau candidat vedette qui fut un ministre des Finances NPD, en Saskatchewan si ma mémoire est exacte. Le NPD veut être élu et fera tout ce qui est souhaitable pour être élu, incluant accepter un développement accru des sables bitumineux (moyennant plein de belles promesses nous disant que tout ce développement sera fait de manière respectueuse de l'environnement...).

      Voilà pourquoi je voterai vert et voilà pourquoi je travaillerai à convaincre les gens autour de moi de voter vert.

      Nous n'avons plus le temps de remettre à plus tard le virage important qu'il nous faut négocier. Le Québec a besoin de quelques voix réellement vertes au Parlement fédéral.

      Joignez-vous à moi, monsieur Théberge !

  • Michel Blondin - Abonné 14 août 2015 08 h 38

    La stratégie toujours gagnante pour progressistes

    Si vous êtes progressiste alors votre vote n'a pas de secret moins bien gardé.

    Vous votez Bloc au Québec et NDP dans le ROC, vous êtes gagnant à tout coup!
    1- S’il y a un parti progressiste au Québec qui est non seulement indépendantiste, nationaliste et veille au Québec mais aussi défend le mieux les intérêts du Québec c’est bien le Bloc Québécois. Personne ne viendra me dire que c'est faux! Même les fédéralistes du Québec ne peuvent faire mieux.
    2- Et vous avez dans le ROC le NDP qui est progressiste.
    Personne ne viendra me dire que comme progressiste et fédéraliste vous avez de meilleurs choix. Il est centralisateur à souhait, progressiste et à demi social-démocrate puisqu’il veut des oléoducs à l’est, mais pas à l’ouest. À moins d'être vert au point de faire passer la faune et la flore avant l'homo sapiens, il n’y a pas de meilleur choix.
    Alors si le ROC est intéressé à avoir un parti progressiste qu'il le fasse, nous en serions heureux de l’absence des conservateurs au pouvoir.
    Au Québec, le Bloc Québécois progressiste a toujours œuvré pour la protection de nos intérêts.

    De cette façon, si le NDP est majoritaire, il a le meilleur des mondes avec le Bloc Québécois comme marge de manœuvre et appuie aux convictions communes.

    S'il est minoritaire et qu'il manque quelques têtes de pipe pour faire la majorité d’un vote sur un projet progressiste, d’évidence, le Bloc Québécois sera toujours là pour voter avec le NDP.
    Tous les Québécois progressistes conviennent que l’idéal serait le pouvoir du NDP grâce au Bloc du Québec.
    Je dis ça pour ceux qui votent stratégique et progressiste et qui se casse la tête.
    L’avantage, chacun défend ses intérêts sans se renier. Autrement, le sacrifice de ses convictions pour voter de façon stratégique du possible résultat, par prémonition ou grâce aux sondages pis aux vents de l’est, de l’ouest ou du sud nous fait perdre le nord de la démocratie.
    Alors, chacun est bien servi dans le meilleur des mondes progres

    • Raymond Labelle - Abonné 14 août 2015 11 h 40

      50 députés Bloc au lieu de 50 députés NPD au Québec, ça peut faire la différence entre un gouvernement conservateur et un gouvernement NPD.

      Un gouvernement conservateur, même minoritaire, ça peut faire beaucoup de dommages, comme on l'a vu avec ce gouvernement avant qu'il n'obtienne une majorité pour une première fois aux dernières élections.

    • Pierre Vaillancourt - Abonné 14 août 2015 13 h 40

      Trois ou quatre députés verts dans un gouvernement NPD minoritaire, ça aussi, ça peut faire une différence importante.

  • Raymond Labelle - Abonné 14 août 2015 11 h 44

    Le Bloc et le pipeline.

    Le Bloc a déjà défendu, avec constance et régularité, que l’amiante était un produit sécuritaire. Indéfendable. Pourquoi ? Pour appuyer le gouvernement du Québec (le gouvernement Charest) qui favorisait l’exploitation de cette ressource. Comme le Bloc justifie son existence en défendant les intérêts du Québec….

    Que ferait le Bloc si le gouvernement du Québec appuyait le pipeline, en arguant que ses conditions de sécurité ont été satisfaites? Le Bloc prendrait-il position contre le gouvernement du Québec? Même du PLQ et, à plus forte raison, du PQ?

    Tant que nous n'avons pas la réponse à ces questions nous ne pouvons être sûrs de la position du Bloc.

    Extrait du Devoir du 14 août 2015 :

    "« Je ne suis pas sûr que les Québécois soient pour l’oléoduc », a fait valoir M. Péladeau. Gilles Duceppe est quant à lui « clair, net et précis » à ce sujet, a-t-il poursuivi.

    M. Péladeau s’est toutefois abstenu de préciser jeudi s’il était lui-même « pour » ou « contre » tout projet de construction de pipelines servant à trouver des débouchés au pétrole issu des sables bitumineux, comme Énergie Est. « On ne peut pas aborder dans un point de presse des questions aussi importantes que les hydrocarbures. Je suis désolé, mais je ne peux pas vous donner une réponse qui va être un “ clip ” de 30 secondes. » »

    Tiré de: http://www.ledevoir.com/politique/canada/447611/ne