Trudeau nourrit des espoirs en Saskatchewan

Le chef libéral, Justin Trudeau, s’est arrêté pour la première fois de sa campagne, mercredi, en Saskatchewan, une province qui n’a fait élire que des députés conservateurs lors des deux derniers scrutins — mis à part le toujours populaire libéral Ralph Goodale.

En visite au marché fermier de Regina, M. Trudeau a soutenu que c’est en haussant le revenu disponible de la classe moyenne qu’il réussira à augmenter ses appuis en Saskatchewan. « Ce que nous proposons, c’est un plan fort et tangible, qui investit dans la classe moyenne, afin que notre économie croisse non pas du haut vers le bas, comme le souhaite M. Harper, mais du coeur vers le haut », a lancé M. Trudeau.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, s’est aussitôt moqué de cette déclaration. « On ne peut pas créer des emplois avec des slogans à l’eau de rose », a-t-il lancé à l’autre bout du pays, dans Lévis–Bellechasse.

M. Trudeau a soutenu de son côté que les néodémocrates donnaient de « faux espoirs » à la population en promettant de hausser le « salaire minimum fédéral », car cette augmentation bénéficierait seulement aux employés des secteurs de compétence fédérale — les banques et les transports, par exemple — et non à ceux qui touchent le salaire minimum. Le chef libéral a soutenu que les néodémocrates n’avaient rien à offrir à ceux qui travaillent à la sueur de leur front dans les restaurants, cafés ou supermarchés et qui peinent à s’en sortir.

Après ce discours orienté sur le plan libéral pour la classe moyenne, M. Trudeau a refusé de dire s’il avait commis une erreur de jugement lorsqu’il a été invité à revenir sur l’appui accordé au projet de loi antiterroriste C-51. La veille, le NPD avait mis en ligne une publicité dans laquelle on voit un extrait du débat des chefs de jeudi dernier, où le chef libéral dit avoir été « peut-être naïf » en ce qui a trait à cette mesure législative.

La Saskatchewan a fait élire 13 députés conservateurs sur 14 lors des deux derniers scrutins, mais un redécoupage de la carte électorale pourrait cette fois changer la donne. Huit circonscriptions « mixtes » — rurales-urbaines — de Regina et Saskatoon ont été remplacées par cinq circonscriptions plutôt urbaines dans ces deux villes, ce qui pourrait donner lieu à des courses serrées.

Les libéraux fondent aussi beaucoup d’espoir sur la circonscription nordique de Desnethe–Missinippi–Churchill River, qu’ils avaient remportée en 2006. Leur candidat cette fois-ci, l’ex-chef de la Fédération des nations indiennes de Saskatchewan, Lawrence Joseph, était arrivé bon deuxième en 2011 derrière le député conservateur sortant, Rob Clarke, élu avec seulement 800 voix de majorité — mais M. Joseph était alors candidat néodémocrate.

À Regina, M. Trudeau s’en est pris surtout à Stephen Harper, et a rappelé que les libéraux pourraient, eux, stimuler l’économie tout en protégeant l’environnement. Il a aussi rappelé qu’un gouvernement libéral maintiendrait le cap du déficit zéro, sans donner d’échéancier précis — cela dépendra de l’ampleur des « dégâts » laissés par les conservateurs, a-t-il dit.

« Le plan de Stephen Harper a échoué parce qu’il est fondé sur une erreur de jugement : croire que l’économie pourra croître si les plus riches s’enrichissent, a dit M. Trudeau, citant en exemple la récente Prestation universelle pour la garde d’enfants. Dans quel pays au monde le gouvernement envoie-t-il des chèques à des millionnaires, du seul fait qu’ils ont des enfants ? »