La FTQ appelle au vote stratégique

Gilles Duceppe n’a pas paru ébranlé, mardi, par cette prise de position inhabituelle de la FTQ.
Photo: Clément Allard La Presse canadienne Gilles Duceppe n’a pas paru ébranlé, mardi, par cette prise de position inhabituelle de la FTQ.

La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) a pris position en faveur du Bloc québécois en 1993, 1997, 2000, 2006, 2008 et 2011… mais Gilles Duceppe ne pourra compter sur elle en 2015, prévient la centrale syndicale. Le plus important est de vaincre les conservateurs, et tout candidat à même de l’emporter sur le parti de Stephen Harper pourra recevoir son appui, dit-elle.

Les vieilles méthodes ont fait leur temps. La FTQ n’appuiera plus systématiquement le Bloc québécois comme elle l’a fait à maintes reprises par le passé, mais ne donnera pas pour autant son appui indéfectible au Nouveau Parti démocratique (NPD), a expliqué mardi le secrétaire général de la centrale syndicale, Serge Cadieux.

« C’est simple, c’est n’importe qui sauf les conservateurs », a déclaré M. Cadieux en entrevue au Devoir, remettant ainsi les pendules à l’heure à la suite de la publication d’un article dans La Presse laissant entendre que la FTQ se rangeait, pour la première fois de son histoire, derrière un parti fédéraliste, le NPD, plutôt que d’appuyer le Bloc québécois.

L’organisme a appuyé l’option du Oui aux deux référendums sur la souveraineté, en plus de prêter main-forte au Bloc à chaque élection depuis la création de la formation indépendantiste, à l’exception de celle de 2004. En dépit de cet appui de la FTQ, les conservateurs sont toutefois parvenus à se maintenir au pouvoir depuis 2006. « On a fait le bilan des neuf ans des conservateurs, et on constate que c’est le parti le plus à droite de l’histoire du Canada moderne, antitravailleurs, anti-environnement, antiretraités », a estimé M. Cadieux. Une nouvelle stratégie était donc nécessaire « On ne peut vivre un autre quatre ans de la sorte, et n’importe quel autre gouvernement serait une amélioration. »

 

Dix circonscriptions ciblées

La FTQ va donc se concentrer sur une dizaine de circonscriptions québécoises « où les conservateurs ont des chances de l’emporter afin d’appuyer le parti qui a le plus de chances de gagner contre eux. Notre position, c’est le vote stratégique », a insisté le porte-parole, réitérant une prise de position adoptée en 2014.

Les membres de la FTQ seront à pied d’oeuvre pour appuyer le candidat néodémocrate, bloquiste ou même libéral le plus susceptible de l’emporter. Dans les circonscriptions où les conservateurs n’ont que des chances minimes de devenir députés, les membres de la FTQ pourront voter librement, à leur discrétion.

Quoi qu’il en soit, il est plus envisageable que la FTQ offre son soutien à des candidats néodémocrates plutôt que bloquistes ou libéraux en raison du paysage politique en place depuis 2011, a reconnu M. Cadieux. Le NPD compte 54 députés au Québec, contre seulement 2 pour le Bloc québécois et 7 pour le Parti libéral.

Deux syndicats affiliés à la FTQ regroupant près de 10 % des membres de la fédération appuient ouvertement le NPD, a toutefois été forcé de reconnaître le chef de l’organisation syndicale. Il s’agit de la section québécoise de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA) et des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC). D’autres pourraient théoriquement s’ajouter à la liste.

Gilles Duceppe n’a pas paru ébranlé par cette prise de position inhabituelle de la FTQ. La formation n’a pu compter sur la centrale syndicale en 2004 et elle ne s’en est pas moins bien portée, selon lui. « Ce n’est pas une surprise, dit-il. Quand on a des appuis, on les prend, mais c’est le choix qu’ils ont pris. »

La FTQ est un organisme ouvertement et officiellement séparatiste. Ça m’aurait surpris qu’ils appuient un parti comme le Parti libéral, qui est un parti réellement fédéraliste.

16 commentaires
  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 12 août 2015 00 h 58

    N.P.D., non merci.

    Je suis membre de la F.T.Q., mais avant tout un québécois souverainiste. Alors jamais je ne voterai pour le grand fédéraliste Thomas Mulcair, l'ancien avocat d'Alliance Québec et ancien ministre libéral de Jean Charest.

    De toute façon, c'est le Canada hors Québec qui choisit son gouvernement. À la dernière élection fédérale, le Québec a envoyé 54 députés du N.P.D. à Ottawa. Résultat: un gouvernement Conservateur majoritaire, et pratiquement personne pour défendre les intérêts particuliers du Québec à Ottawa. Nous y avions envoyé juste des députés fédéralistes du N.P.D. préoccupés par l'ascenscion de leur parti au niveau national canadien.

    Ottawa ne s'est jamais autant peu soucié du Québec que depuis 2011.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 août 2015 05 h 35

    Syndicats

    J'ai été syndiqué pendant 50 ans et je n'ai jamais téléphoné à mon représentant pour lui demander la permission pour qui voter.

    PL

  • Richard Bérubé - Inscrit 12 août 2015 06 h 00

    C'est simple le Bloc a fait son temps!

    Ce que la FTQ a compris enfin, cela fait un bout que la population y était arrivé. Too Bad mais le Bloc c'est dépassé et cela ne donne rien à l'exeption d'avoir mis à jour des irrégularités criminelles dans la façon de faire des autres partis....maintenant Gilles Duceppe devra accepter de prendre sa douche et sa retraite....on n'a plus besoin de lui, un point c'est tout....

    • Emmanuel Lyng-Sabatier - Inscrit 12 août 2015 08 h 38

      Et tu ne crois pas que le concept de parti c'est démodé et anti-démocratique. Tu votes pour un parti mais pas pour la personne et ses idées. Et il y a peu de chance que le chef de parti soit dans ta circonscription. Il faut voter selon ses idées et la meilleure chose qui puisse arriver c'est que les partis soient tous minoritaires sinon ils se comporteront comme des dictateurs.

    • Bernard Dupuis - Abonné 12 août 2015 10 h 13

      Le problème c’est que les résultats que vous escomptez, je suppose, ne se réaliseront peut-être pas. Le vote stratégique devrait nuire au NDP-NPD au Canada.

      Justin Trudeau a déjà commencé à accuser le NDP-NPD de remplir ses rangs avec des cryptoséparatistes. Ce «shit word» fut beaucoup utilisé par son père avec succès auprès des canadianistes. Denis Lebel a déjà commencé à accuser le NDP-NPD d’utiliser les syndicats afin d’obtenir des appuis du côté des travailleurs québécois. Cet appui de la FTQ apparaît comme très suspect au Canada et au Québec et détournera beaucoup d’électeurs soit du côté des libéraux soit du côté des conservateurs.

      Par conséquent, plutôt que de favoriser la défaite des conservateurs, le vote stratégique devrait au contraire favoriser la victoire de ces derniers au Canada. La peur des cryptoséparatistes et des grandes centrales syndicales du Québec poussera les canadianistes à ne pas voter NDP-NPD.

      Le sophisme de la péremption du Bloc québécois se base sur une méconnaissance de l’histoire. Si le Bloc québécois est dépassé, alors c’est toute l’histoire du peuple québécois qui le serait aussi, ce qui n’est pas encore le cas. Ce n’est pas parce que les temps changent que l’histoire s’oblitère.

      Bernard Dupuis, 12/08/2015.

    • Richard Bérubé - Inscrit 12 août 2015 11 h 13

      Mme Lavallée Monsieur Dupuis, l'histoire du peuple québecois dépasse de beaucoup le spectre souvereiniste et séparatiste...vous semblez oublier qu'une partie seulement du peuple québecois est de nature séparatiste et que la majorité a décidé de rejeter cette option et ceci à deux reprises....je suis nationaliste mais non séparatiste et je me sens aussi québecois que vous pensez l'être. Le problème avec certains séparatistes c'est qu'ils croient qu'eux seulement détiennent la vérité. Tant qu'à moi Gilles Duceppe est à mon avis dépassé, la présence du bloc à Ottawa est allé au maximum qu'il pouvait, et il est temps de passer à autre chose. Les ''Has Been'' les Dupeppe, Larose etc. ces anciens des syndicats ne l'oublions surtout pas travaillaient pour des compagnies nommées CSN, FTQ, etc. dont la mission était de représenter des travailleurs moyennant retributions....un point c'est tout, et dans la démarche de la FTQ d'hier, on peut voir une manoeuvre pour se débarasser d'Harper, car il représente un danger pour les syndicats...Arrêtez de voir dans ces individus des sauveurs, on peut déterrer des fantômes qui ne doreront surement pas leurs anciennes actions...

    • Bernard Dupuis - Abonné 12 août 2015 21 h 20

      À M. Bérubé,
      Vous soulevez la question de l’histoire du peuple québécois, mais que connaissez-vous de cette histoire? Lorsque vous dites que certains personnages importants de cette histoire sont «dépassés», sont des «has been» est bien le signe de votre parfaite ignorance de l’histoire. Lorsque vous affirmez que les chefs syndicaux du passé et les grandes centrales syndicales ne sont que du menu fretin, vous démontrez à nouveau votre ignorance totale de notre histoire. Sans tous es «has been» et ces grands militants syndicaux, même vous les canadianistes ne seraient encore que des «scieurs de bois et des porteurs d’eau».

      Demandez-vous donc où en serait le peuple québécois sans les souverainistes? Que va devenir le peuple québécois aux mains des canadianistes? Ce peuple existera-t-il encore dans quinze ou vingt ans. L’anglomanie, la haine des syndicats et l’appauvrissement des travailleurs, l’appauvrissement des institutions de l’État par les mesures d’austérité radicales, est-ce le nouveau sens de l’histoire québécoise?
      Seul un ignorant peut affirmer que l’histoire ne sert qu’à déterrer des fantômes. Pour comprendre le sens de l’histoire, il faut au moins la connaître et l’analyser sérieusement. Évitez les sophismes simplistes et expéditifs.

      Bernard Dupuis, 12/08/2015

  • Denis Marseille - Inscrit 12 août 2015 06 h 42

    Lorsqu'on veut des résultats...

    On appuie ceux qui ont une chance d'avoir le pouvoir de le faire.

    P.S.: Monsieur Duceppe, n'oubliez pas de vous mettre de la 30 sur le visage. Imaginez-vous si la face commence à vous plumer durant le débat en français.

  • Michel Blondin - Abonné 12 août 2015 06 h 42

    4 ans ou 150 ans

    « On ne peut vivre un autre quatre ans de la sorte, et n’importe quel autre gouvernement serait une amélioration. » dit-il.

    On ne peut vivre un autre cent cinquante ans de la sorte, et n'importe quel autre gouvernement serait une amélioration dirons-nous.