Le débat sur les débats est réglé: il y en aura cinq

Élizabeth May du Parti vert du Canada, Justin Trudeau des libéraux, le néodémocrate Thomas Mulcair et Stephen Harper du Parti conservateur du Canada lors du débat des chefs organisé par «Maclean's» le 6 août
Photo: Mark Blinch La Presse canadienne Élizabeth May du Parti vert du Canada, Justin Trudeau des libéraux, le néodémocrate Thomas Mulcair et Stephen Harper du Parti conservateur du Canada lors du débat des chefs organisé par «Maclean's» le 6 août

Les pourparlers se seront éternisés, les ultimatums se seront succédé, mais le débat sur les débats est enfin clos. Il y aura bel et bien cinq débats des chefs, le Parti conservateur ayant accepté la proposition francophone du consortium des médias. Résultat, le NPD accepte de participer à celui du Globe and Mail et de l’Institut Munk.

Depuis des mois, les partis fédéraux faisaient la valse hésitante quant aux joutes électorales auxquelles leur chef prendrait part. Le chef libéral Justin Trudeau a dit vouloir participer au plus grand nombre de débats possibles. Le leader néodémocrate a d’abord dit pareil, avant d’exiger — comme M. Trudeau — qu’il y ait un nombre égal de débat en français et en anglais. La participation de M. Mulcair est aussi devenue conditionnelle à celle de Stephen Harper. Ce dernier avait rejeté les débats traditionnels organisés par le consortium. Mais le Parti conservateur s’est ravisé tard mardi soir, en annonçant que son chef participerait à celui qui sera animé par les médias francophones Radio-Canada, Télé-Québec et La Presse, le 24 septembre.

« C’est le cinquième et dernier débat chefs accepté par le Parti conservateur du Canada pendant la 42e élection, a indiqué la formation politique dans un communiqué diffusé en fin de soirée. Ces cinq débats donneront aux Canadiens une occasion sans précédent d’entendre les chefs de parti. C’est une victoire pour le processus démocratique. »

MM. Mulcair et Trudeau avaient donné leur accord de principe aux débats du consortium. « Les chefs de tous les partis politiques invités ont exprimé le désir de participer à des débats en français, et nous les avons entendus », a plaidé le directeur de l’information de Radio-Canada, Michel Cormier. « Ce débat sera unique tant par sa portée d’un bout à l’autre du pays que par la diversité des voix qui y seront exprimées. »

Plus tôt dans la journée mardi, le chef du NPD avait annoncé avoir accepté de participer au débat bilingue de l’Institut Munk, qui portera sur la politique étrangère le 28 septembre. « L’Institut Munk a décidé, à notre demande, de faire un débat complètement bilingue, à égalité en français et en anglais. On est ravi. Et donc on accepte de participer », avait-il expliqué. MM. Harper et Trudeau avaient déjà accepté l’invitation de Munk Debates. M. Trudeau a cependant demandé que la chef du Parti vert, Elizabeth May, y soit aussi conviée.

S’il a dit oui au débat sur les affaires étrangères, M. Mulcair avait toutefois du même souffle prévenu qu’il ne serait pas du débat du Globe and Mail sur l’économie, prévu le 17 septembre, à moins que M. Harper n’accepte un second débat francophone (en plus du face-à-face du réseau TVA le 2 octobre) afin qu’il y ait un nombre égal de débats dans les deux langues officielles.

En acceptant celui du consortium en français, M. Harper a répondu à cette condition du NPD dont le chef ira donc au débat du quotidien torontois.

Les chefs fédéraux s’affronteront ainsi cinq fois, au fil de la campagne électorale de onze semaines : le magazine Maclean’s a tenu le premier débat en anglais la semaine dernière, suivront dans l’ordre ceux de l’Institut Munk, du Globe and Mail, du consortium en français, et du réseau TVA.

Le débat francophone du consortium sera organisé dans les studios de Radio-Canada à Montréal. La journaliste de la Société d’État Anne-Marie Dussault sera la modératrice, son collègue Patrice Roy et le journaliste de La Presse Vincent Marissal poseront les questions aux chefs conservateur, néodémocrate, libéral ainsi qu’à ceux du Bloc québécois Gilles Duceppe et du Parti vert.

Le débat sera diffusé en traduction chez les chaînes anglophones du consortium médiatique CBC News, CTV News et Global News. Celles-ci planchent toujours sur un débat anglophone, qui se tiendrait le 8 octobre. Le Parti conservateur a cependant stipulé dans son communiqué que le penchant francophone serait « le cinquième et dernier débat » de la campagne électorale. Ce qui semble clore ce débat qui dure depuis plusieurs mois.