Lutter contre la drogue, sans fléchir

Après le terrorisme et la liberté de religion, Stephen Harper a poursuivi sa série d’annonces susceptibles de plaire à sa base électorale, mardi, en promettant cette fois de bonifier la stratégie antidrogue du Canada.

Le Parti conservateur s’engage à augmenter de 20 % (environ 4,4 millions de dollars) le budget de la Gendarmerie royale du Canada pour traquer les laboratoires clandestins où se produisent les drogues synthétiques et la marijuana. Il promet aussi de mettre sur pied un service d’aide téléphonique à l’intention des parents pour les aider à détecter la consommation chez leurs enfants.

« Les drogues ne sont pas dangereuses parce qu’elles sont illégales. Elles sont illégales parce qu’elles sont dangereuses », a réitéré M. Harper. Il repousse ainsi du revers de la main toute allusion à la décriminalisation ou la légalisation qui serait, dit-il, « dangereuse et mal avisée ».

Dans la même veine, M. Harper a réitéré sa profonde désapprobation des sites d’injection supervisée tels que celui de Vancouver, Insite. Il a mis en doute toutes les études démontrant que ce genre d’endroits réduit les méfaits liés aux drogues injectables. « Je pense que les données sont très mitigées. Et ce qui rend ces sites attrayants, c’est le fait de penser qu’ils se trouveront dans le quartier de quelqu’un d’autre. » Selon lui, les « programmes qui n’offrent pas de traitement ne sont qu’une façon de faire un trait sur une personne. Essayer de gérer leur déchéance n’est pas ce que nous voulons faire ». Le gouvernement avait tenté de forcer la fermeture d’Insite, mais la Cour suprême l’en avait empêché. Depuis, Ottawa a établi une longue liste d’intervenants devant être consultés avant que ne soit approuvée l’ouverture d’un autre centre. Montréal attend d’ailleurs toujours son feu vert pour ouvrir le sien.

Le chef conservateur a aussi annoncé que le mandat de la Commission de la santé mentale du Canada sera mis à jour pour qu’elle concentre ses travaux sur les liens entre toxicomanie et santé mentale. Alain Lesage, professeur de psychiatrie à l’Université de Montréal, applaudit cette « excellente idée ». Selon lui, les gouvernements vont déjà dans cette direction, car il y a beaucoup de coprévalence de ces problèmes.

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