Un deuxième débat en français aura lieu

Le lancement de l’autobiographie en français de Thomas Mulcair s'est déroulé sans anicroche lundi soir à Montréal, contrairement au lancement de la version anglaise de son livre qui a été perturbé par des manifestants s'opposant au projet controversé d’Énergie Est, lundi matin à Toronto.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le lancement de l’autobiographie en français de Thomas Mulcair s'est déroulé sans anicroche lundi soir à Montréal, contrairement au lancement de la version anglaise de son livre qui a été perturbé par des manifestants s'opposant au projet controversé d’Énergie Est, lundi matin à Toronto.

Thomas Mulcair laissait toujours planer le doute sur son éventuelle participation à d’autres débats des chefs, lundi soir, mais la tenue d’un second échange en français entre les leaders des partis fédéraux semble désormais acquise, après des semaines de pourparlers.

Radio-Canada a annoncé lundi sur Twitter la tenue d’un deuxième débat des chefs en français, présenté par un groupe de médias au sein duquel figurera notamment le radiotélédiffuseur public. Un autre débat, bilingue celui-là, pourrait également être organisé, précisait la société d’État.

Toute la journée, Thomas Mulcair avait refusé de préciser à quels échanges télévisés il participerait au cours de la présente campagne électorale, une dizaine de jours après avoir déclaré qu’il ne serait qu’à ceux auxquels il pourra croiser le fer avec le premier ministre Harper. « Je veux vaincre et remplacer M. Harper, alors il va de soi que je vais insister pour être à des débats où il sera là », a-t-il dit en fin d’après-midi, au lancement montréalais de son autobiographie, Le courage de ses convictions, auquel ont participé près d’une centaine de personnes. Il a également réitéré sa condition sine qua non : la tenue d’un nombre égal de débats dans les deux langues officielles. « On va avoir une réponse plus tard. Les choses vont bon train », a-t-il laissé entendre.

M. Harper avait pour sa part annoncé il y a quelques mois vouloir participer à un maximum de cinq débats — deux en français, et trois en anglais, tout en annonçait qu’il refusait de prendre part au débat traditionnellement organisé par un consortium de télédiffuseurs. Le premier des deux débats en français, produit par TVA, doit avoir lieu le 2 octobre. Outre le débat tenu la semaine dernière par Maclean’s, il a donné son feu vert à deux autres événements de langue anglaise, ceux pilotés par les Munk Debates et par un partenariat formé du Globe and Mail et Google Canada.

Nombre record

De passage en Ontario, Stephen Harper a répété s’attendre à un nombre record de joutes oratoires entre chefs des différentes formations politiques, par rapport aux plus récentes élections fédérales. « Les partis ont le droit de décider de leur participation dans les débats », a-t-il précisé.

En matinée, Justin Trudeau a quant à lui rappelé sa préférence pour des débats où « tous les chefs nationaux » seraient invités, et à ce que le nombre d’événements en français soit aussi nombreux que ceux se déroulant en langue anglaise. Il a accusé M. Mulcair d’être revenu sur sa parole, après avoir accepté de participer à certains échanges.

Selon le chef libéral, cela démontre qu’« encore une fois, c’est quelqu’un qui n’est pas conséquent dans ses propos, qui dit ce qu’il pense qui va plaire aux gens. […] Ce n’est pas digne d’un premier ministre. »

Le Bloc québécois n’est pas en reste, son chef Gilles Duceppe se disant « prêt à débattre partout où [il] sera invité ». Il sera notamment d’un débat en anglais sur la condition des femmes canadiennes, qui doit se tenir à Toronto en septembre. Elizabeth May, chez les Verts, a enjoint à son homologue du NPD de participer à toutes les activités du genre, pas seulement celles auxquelles il pourra échanger avec M. Harper.

Ces plus récents développements surviennent alors que Rogers Media, propriétaire de Maclean’s, dévoilait que le débat du 6 août diffusé sur le site du magazine et sur les réseaux CPAC, OMNI et CityTV avait rejoint 3,8 millions de Canadiens, soit moins de 40 % des cotes d’écoute et de la fréquentation Internet enregistrées lors du principal débat des chefs de la campagne électorale de 2011, organisé à l’époque par l’habituel consortium des télédiffuseurs.

Habituellement, je réponds en français à une question en français, mais pour cette fois, je peux le répéter

3 commentaires
  • Tristan Roy - Inscrit 11 août 2015 08 h 57

    De l'information sur le fond svp

    Le débat, le débat, le débat pour... les journalistes... Rien ci dessus sur le fond, sur les engagements et les propos de M. Mulcair sur l'élection.
    Heureusement il y a le site web du NPD ou on peut avoir de l'information sur le FOND.
    http://www.npd.ca/

  • Jean-François Trottier - Abonné 11 août 2015 09 h 00

    Sans rapport, mais quand même....

    Je viens de lire ailleurs un article en provenance de la Presse Canadienne : "Harper refuse dee traduire ses réponses en français".

    Le Devoir ne publie pas cet article.

    La question est que Harper refuse de traduire pour ne pas se piéger avrec des sens connexes aux résonnances différentes. Voillà voilà.

    Il répond en anglais au questions en anglais, idem pour le français. Ça pernet aussi, bien entendu, de mieux cibler son électorat. Entendu.

    Mais il y a pire : les médias ne couvrent pas cette longue campagne entièrement, question de budget, et demandent des rapports de journalistes en région. Jousnalistes qui, bien sûr, sont pour la plupart anglophones.

    Question de budget. Eh ben! Mais qui décide du budget, sinon Harper... en tout cas pour CBC. Ah, il y a aussi les patrons de CBC, qui décident de la répartition du peu de sous qui restent.

    Le budget de CBC a été réduit.
    À l'intérieur de CBC, Radio-Canada a la portion congrue. Quand on coupe, on coupe à part égale, ou à peu près, pour un territoire tout aussi grand de part et d'autre.

    On comprend un peu la question des coupes, sans l'approuver : qui regarde CBC au Canada ? Je veux dire, à part les amateurs de hockey le samedi soir ?

    Il en va tout autrement pour Radio-Canada, qui est au coeur de la culture. Mais ça, y a-t-il une chance sur mille pour que le ROC le comprenne ?

    Harper ne traduit pas. Aucun francopphone sur place. Mais qu'est-ce que je fais dans ce pays qui m'exclut un peu plus chaque jour, bout de pistolet ?

  • Luc Bertrand - Abonné 11 août 2015 16 h 41

    Le côté hypocrite de Justin Trudeau

    Justin Trudeau, avec son interprétation du sens des "chefs nationaux", démontre sa véritable hypocrisie. Quand on sait que, pour lui et le PLC, le seul "pays", le seul "peuple" et la seule "nation" est le Canada, ça signifie clairement que Gilles Duceppe ne devrait pas être invité aux débats, même en français.

    Les francophones hors-Québec sont l'électorat de prédilection pour le Parti libéral du Canada, car ce sont eux qui sont leurrés par la Loi sur les langues officielles du Canada et qui sont victimes des coupures et passe-droits dans les services en français depuis l'élection des conservateurs. C'est bien entendu que Trudeau ne souhaite pas la présence du seul chef qui pourrait donner l'heure juste sur ce qu'il en est vraiment sur le plan des droits linguistiques, juridiques et culturels réels de cet électorat, privé d'alternatives réelles pour se faire respecter.

    Luc Bertrand