Justin Trudeau vient fouetter ses troupes à Montréal

Lundi matin, entouré de son équipe montréalaise, Justin Trudeau a lancé la campagne de son parti au Québec aux abords du canal Lachine.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lundi matin, entouré de son équipe montréalaise, Justin Trudeau a lancé la campagne de son parti au Québec aux abords du canal Lachine.

La caravane libérale a connu son premier grand rassemblement partisan, lundi soir à Montréal, pour stimuler les militants du parti au début de la plus longue campagne électorale de l’histoire canadienne.

En pleines vacances du mois d’août, le chef libéral, Justin Trudeau, a demandé à ses troupes de tout mettre en oeuvre pour défaire le gouvernement conservateur, décrit comme « usé, arrogant et déconnecté de la réalité quotidienne des gens ».

L’élection porte sur le changement, a fait valoir Justin Trudeau. Il a vanté son plan pour aider la classe moyenne et attaqué la crédibilité du Nouveau Parti démocratique (NPD) de Thomas Mulcair, devant 600 partisans rassemblés dans une salle du centre-ville. Une quarantaine de candidats accompagnaient le chef libéral sur la scène.

« Justin ! Justin ! Justin ! », a scandé la foule durant le discours d’une quinzaine de minutes. Le chef libéral est resté avare de détails au sujet de son programme. Il a répété les grandes lignes de son plan pour la classe moyenne, déjà annoncé plus tôt cette année. Il s’est engagé à étoffer ses propositions au cours des dix semaines de campagne qui restent d’ici au scrutin du 19 octobre.

« Après une longue décennie au pouvoir, les Québécois en ont assez des conservateurs. Les Québécois veulent se débarrasser du gouvernement Harper. […] Dans cette élection, on va leur offrir le renouveau. On va leur offrir la meilleure équipe. On va leur offrir un nouveau gouvernement », a lancé Justin Trudeau sous les applaudissements de ses partisans.

Le Parti libéral du Canada (PLC) a toute une pente à remonter, surtout au Québec : le parti n’avait remporté que sept sièges dans la province en mai 2011, avec 14 % des voix. La vague orange portée par le défunt Jack Layton avait mené à 59 élus et 43 % des voix pour le NPD au Québec. Le Bloc québécois, réduit à 4 députés en 2011, ne semble pas sur l’écran radar de Justin Trudeau, qui a lancé toutes ses attaques contre les conservateurs de Stephen Harper et le NPD de Thomas Mulcair — malgré le retour en scène de Gilles Duceppe, qui a fait gagner 10 points au Bloc, selon un récent sondage Léger.

En coulisses, un stratège libéral indique que l’événement de lundi soir visait à fouetter les troupes, alors que s’amorce la plus longue campagne électorale de l’histoire du pays. C’est un défi de stimuler les militants à faire du porte-à-porte en pleines vacances d’été. Le PLC a tout de même une longueur d’avance sur ses adversaires : le parti doit nommer ce mardi un 73e candidat sur les 78 circonscriptions québécoises.

Les électeurs restent à convaincre de la valeur de Justin Trudeau, mais les militants libéraux, eux, semblent séduits par leur chef. L’ancienne députée libérale provinciale Nathalie Rochefort, en tout cas, a rejoint les rangs du PLC l’an dernier, après avoir milité plus de 25 ans au NPD sur la scène fédérale. « J’aime les politiciens qui sont près des gens, comme Justin. Et il a la force de bien s’entourer », a-t-elle dit, lors du rassemblement de lundi soir.

Plus tôt dans la journée, Justin Trudeau avait lancé la campagne de son parti au Québec en concentrant ses attaques sur son adversaire néodémocrate, Thomas Mulcair, qui, à son avis, n’en a pas fait assez pour défendre les intérêts de la province.

Entouré de son équipe montréalaise aux abords du canal Lachine, M. Trudeau s’est dit troublé par le travail effectué par le NPD depuis le déferlement de la vague orange lors du scrutin de 2011. « M. Mulcair dit une chose au Québec [en français] et autre chose dans le reste du Canada [en anglais] et n’a pas de plan pour créer de la croissance économique », a-t-il affirmé.

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