Mulcair est contraint de corriger sa candidate

De passage à Vancouver, le chef du NPD, Thomas Mulcair, s’est bien défendu, dimanche, de vouloir faire cesser l’exploitation des sables bitumineux comme l’avait laissé entendre une de ses candidates vedettes, Linda McQuaig, lors d’un débat à Toronto, vendredi soir.

Mme McQuaig a affirmé, vendredi, au cours d’une discussion télévisée sur les ondes de CBC, « qu’une grande quantité de sables bitumineux pourrait devoir rester sous terre si le Canada souhaitait atteindre ses objectifs » en matière de lutte contre les changements climatiques. La déclaration de la candidate dans une circonscription torontoise a valu au NPD une volée de bois vert de ses adversaires.

Selon M. Mulcair, il est « clair » que son parti appuie le développement des ressources naturelles canadiennes à condition que cela soit fait sur la base du développement durable et en rétablissant un processus d’études environnementales crédible. Il a attaqué à son tour Stephen Harper, affirmant que c’est de la faute du chef conservateur si plusieurs grands projets énergétiques n’avaient pas encore vu le jour au pays. « Il a empiré les choses et le public ne fait plus confiance [aux projets] », a accusé le chef néodémocrate.

« Nous sommes en faveur de trouver de nouveaux marchés pour nos ressources énergétiques. Nous sommes en faveur d’exploiter [les ressources], mais on doit le faire en vue d’un développement durable. Le développement durable, ce n’est pas un slogan ; c’est quelque chose qui doit vraiment devenir la réalité », a-t-il affirmé.

Le chef néodémocrate a reproché au gouvernement conservateur de défendre un projet d’oléoduc — Keystone XL — qui provoquerait, selon lui, l’exportation de 40 000 emplois vers les États-Unis.

À Ottawa, Justin Trudeau s’est posé comme la voie du milieu sur les questions énergétiques, qualifiant les positions de ses adversaires d’« extrêmes ». « Au XXIe siècle, on ne peut pas faire un choix entre ce qui est bon pour l’économie et ce qui est bon pour l’environnement ; il faut faire les deux ensemble », a affirmé le chef libéral.

Thomas Mulcair s’est aussi engagé à se rendre à Paris cet automne pour participer à la conférence sur le climat et de refaire confiance aux experts scientifiques travaillant pour le gouvernement canadien. Il croit que le Canada devra nécessairement « faire sa part » dans la lutte contre le réchauffement de la planète et atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

Transport en commun

Avant de rencontrer les journalistes, M. Mulcair a réitéré dimanche les grandes lignes de son programme, insistant sur le programme national de garderie à 15 $, une stratégie nationale de transport collectif et la nécessité de rendre les maisons plus abordables.

M. Mulcair — qui n’est pas sorti des grandes lignes de son discours — a semblé s’adresser plus spécifiquement aux électeurs de la Colombie-Britannique pour défendre le programme électoral de son parti. S’indignant du fait que les deux tiers des enfants de cette province n’aient pas accès à une place en garderie ou qu’un trop grand nombre de parents n’aient pas les moyens financiers pour y envoyer leurs petits, il a fait la promotion du projet de son parti de lancer un programme pancanadien.

« [Un tel programme] est bon pour les familles, bon pour l’économie », a-t-il déclaré à ses partisans rassemblés dans une salle de la métropole britanno-colombienne.

Le chef néodémocrate a aussi promis d’adopter une stratégie nationale du transport en commun. Rappelant que la population avait besoin d’un système de transport efficace et abordable, il s’est engagé auprès des élus municipaux à être un bon partenaire et à investir 1,5 milliard par année pour assurer l’essor du transport collectif au pays. Ce programme serait financé en transférant une partie de la taxe sur l’essence.

7 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 août 2015 06 h 12

    Comprendre

    Si je comprends bien notre ami Mulcair est contre le projet Keystone XL qui ferait passer la plomberie aux États, mais pas contre le projet Énergie Est qui le ferait passer à travers combien de provinces déjà ?

    40000 emplois pour creuser le canal Keystone XL; coudons, ils le creusent-il à la main ce fameux dalot ?

    Et il envoie ce message dans la seule province qui refuse officiellement de voir ce tuyau chez eux. Étrange tout de même comment ces choses se présentent, trouvez-pas ?

    PL

    • Pierre Masse - Abonné 10 août 2015 13 h 34

      Il s'agit d'emplois de raffinage, et Énergie Est demeure au Canada. "Ne pas comprendre".

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 11 août 2015 11 h 09

      Pour avoir besoin de 40000 employés, ça prend combien de rafineries ?

  • Jean-François Trottier - Abonné 10 août 2015 08 h 06

    Et donc....

    Une bonne idée de ce qui arrivera avec le NPD au pouvoir...

    Aux prises avec une gérance économique pan-canadienne, et tenant à conserver son électorat en Saskatchewan tout en gardant son appui su tout nouveau gouvernement d'Alberta, Mulcair prend pour acquis le vote québécois, même s'il sait que ses appuis sont en majorité contre Énergie Est.

    Il sait aussi que beaucoup de Québécois sont convaincus qu'ils ont besoin de l'argent Albertain via la péréquation, ce qui est l'une des pires contre-vérités au sujet des "bienfaits" de la confédération. À force de répéter les mêmes âneries...

    Donc, dès la plus petite remontée du prix du pétrole, le mal hollandais reprendra de plus belle sous un gouvernement NPD, ou n'Importe lequel d'ailleurs. Le Québec restera condamné à un rôle de BS, position que semblent souhaiter bien des gens...

    C'est bien regrettable, mais voter pour le NPD signifie appuyer cette vision d'un Canada voué aux matières premières et aux jobs fluctuant selon le marché international.

    Ce n'est pas que pour des raisons de nationalisme que l'on doit voter pour un parti qui représente le Québec. En fait chaque région économique du Canada devrait le faire. Quand on réalise l'impossibilité d'un développement économique et écologique sain d'une mare à l'autre, on se voit dans l'obligation de repenser ses priorités.

    En tout cas, les priorités de Mulcair sont claires. Elles passent par l'Ouest. On comprend et on prend note.

  • Bernard Terreault - Abonné 10 août 2015 08 h 54

    La chèvre et le chou

    Mulcair, dans une longue formulation alambiquée mais vide de substance concrête, essaie de ménager la chèvre du développement économique de l'Ouest et le chou de l'environnement. Il va falloir que ses candidats québécois, pour la plupart des néophytes idéalistes mais naïfs, l'expliquent. Pour ma part, c'est le Québec qui m'importe, et si un pipeline doit y passer, il faudra que ça rapporte gros en redevances. En affaires, c'est donnant-donnant!

  • Alain Lavallée - Inscrit 10 août 2015 08 h 56

    Développement durable ????

    Le NDP est contre Keystone (export. du pétrole sale vers USA) il est contre Northern Gateway (export . pétrole sale via la B C) pour des raisons de développement durable .... et là il est pour le Energy East ... et il invoque le développement durable... Deux discours contradictoires. Mulcair prend le vote des Québécois pour acquis.

    il est bon de parodier Beau Dommage... ""Méfiez-vous du (développement durable de Mulcair)... il porte des habits trop grand pour lui"" Le NDP lui fait dire n'importe quoi.

    Pour Mulcair le pipeline est toxique pour BC , car la PM et la population sont contre, mais il serait bon pour le QUébec , même si la population est contre.... son ancien collègue au Conseild es Ministres le PM P Couillard est pour.

  • Sylvain Auclair - Abonné 10 août 2015 10 h 20

    Développement durable

    Comment peut-on extraire du pétrole bitumineux sans détruire de manière «durable» la nature au-dessus et sans ajouter de manière «durable» du CO₂ dans l'atmosphère? Aucune exploitation pétrolière ne peut être durable. En fait, on pourrait même dire qu'aucune exploitation minière ne peut être durable, parce que ce qu'on extrait n'est plus là pour les générations futures, que les mines vont nécessairement s'épuiser un jour.