Candidats: le Bloc rattrape son retard

L’animatrice Sophie Stanké, à gauche sur la photo, avait décliné l’offre de Mario Beaulieu de se présenter pour le Bloc québécois.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir L’animatrice Sophie Stanké, à gauche sur la photo, avait décliné l’offre de Mario Beaulieu de se présenter pour le Bloc québécois.

Le Bloc québécois rattrape son retard dans la campagne électorale : des candidats sont désormais en lice dans 73 circonscriptions pour porter les couleurs du parti, le 19 octobre prochain.

Gilles Duceppe a confimé la nouvelle vendredi soir, alors qu’il était à Montréal pour le premier rassemblement bloquiste dans la métropole. Une centaine de militants du Bloc réchauffaient la salle et la terrasse bondée d’un bistro dans la circonscription d’Hochelaga, en attendant leur chef, qui revenait tout juste de la Gaspésie.

Dix candidats dans la grande région de Montréal étaient officiellement présentés, dont Sophie Stanké, qui tentera de ravir au Nouveau Parti démocratique (NPD) la circonscription de Châteauguay-Lacolle. Mme Stanké avait repris sa réflexion après le retour de l’ancien chef aux commandes de la formation politique. Elle assure, en entrevue au Devoir, que c’est « le duo Duceppe-Beaulieu, de l’expérience politique et du militant », qui l’a convaincue de retenter sa chance en politique, après deux défaites sur la scène provinciale.

Le chef du parti était fier de promettre à nouveau une carte électorale « pleine », soit des candidats dans l’ensemble des 78 circonscriptions du Québec, d’ici septembre. Aucune nouvelle candidature n’avait été confirmée depuis le 28 juin. Il a aussi déploré ne pas avoir été invité au premier débat des chefs, celui diffusé en anglais jeudi soir dernier.

« C’est tout simplement surréaliste, a-t-il pesté, en faisant allusion aux échanges entre les quatre autres chefs sur la clarté référendaire. Ce que j’appelle le bloc canadien n’arrête pas de nous dire que ce n’est pas important, la souveraineté, et ils prennent ensuite une demi-heure pour en parler ! » À ses yeux, leurs propos ont prouvé que le projet bloquiste était actuel et pertinent.

Double discours

 

Le chef du Bloc reproche aussi à Thomas Mulcair de tenir un double discours sur le projet d’oléoduc Énergie Est. Il affirme que M. Mulcair ne défend pas la même position au Québec qu’ailleurs au Canada, s’empressant d’ajouter que le projet n’est pas dans l’intérêt des Québécois.

Rassemblement indépendantiste oblige, la députée péquiste Carole Poirier s’est empressée de déclarer, à son tour au micro : « Nous avons un but commun, celui de faire du Québec un pays. »

Des dix candidats présentés, la moitié étaient des femmes, et quelques-uns, des nouveaux visages. C’est une circonscription ravie au Bloc par le NPD, lors de la vague orange en 2011, qui recevait l’événement. Le candidat dans Hochelaga, Simon Marchand, a d’ailleurs rappelé que son chef était né dans ce quartier. M. Marchand a salué le courage des jeunes qui se lancent dans l’arène politique, un élément que M. Duceppe n’a pas manqué de souligner également. « Je suis revenu au Bloc pour aider les jeunes à prendre leur envol », a-t-il déclaré.

« Je vais redonner au Québec sa voix à Ottawa »;« battez Harper au Canada et on va faire la job au Québec »;« c’est ensemble qu’on va réaliser ce pays » : Gilles Duceppe rodait les phrases-clés de sa campagne hier soir, décollant des blocs de départ.

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