L’Alberta dans la mire des chefs fédéraux

L’Alberta, considérée comme un bastion conservateur au niveau fédéral, est maintenant convoitée par les autres partis qui perçoivent une occasion de se démarquer depuis l’élection du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans la province, en mai dernier.

À la lumière des derniers scrutins, la province de l’ouest du pays semblait imprenable aux mains des conservateurs. Après tout, à l’exception d’Edmonton, le Parti libéral du Canada (PLC) n’y a pas fait élire de député depuis 1968. Aux dernières élections, le premier ministre Stephen Harper n’avait même pas mis le pied à Calgary, sa ville de résidence, jusqu’à la soirée électorale du 2 mai 2011.

La marge de victoire des conservateurs était si imposante chaque année que les chefs des autres partis ne se donnaient même pas la peine de visiter la province, a relaté le politologue David Taras de l’université Mount Royal à Calgary.

Or, selon M. Taras, cette fois-ci, la situation est différente. Les résultats s’annoncent plus incertains et il semble y avoir une ouverture pour les autres partis.

Le politologue croit que le NPD de Thomas Mulcair pourrait notamment faire une percée à Edmonton, où trois ou quatre circonscriptions conservatrices pourraient être menacées. Au moins deux sièges dans le château fort conservateur de Calgary pourraient aussi changer de camp, selon l’expert.

Promesses conservatrices

 

Le Parti conservateur a effectué plusieurs annonces à Calgary dans les semaines précédant le déclenchement des élections, dont plus de 2 milliards qui seront investis pour le développement du réseau de train léger et la construction d’une route périphérique autour de la ville.

Les ministres conservateurs martèlent toutefois que rien n’est anormal cette fois-ci malgré cette pluie de promesses pour la région.

Le ministre de la Défense, Jason Kenney, qui avait passé la majorité de son temps hors de sa circonscription albertaine à la dernière élection, affirme qu’il n’agira pas différemment.

« Je vais aider autant au niveau national. J’ai des responsabilités nationales aussi, mais je vais faire ce que je peux pour garder le contact avec mes électeurs. J’ai été honoré de récolter 76 % des votes à la dernière élection [...]. Le fait que je travaillais dans d’autres régions a été considéré positivement par mes électeurs, plutôt que négativement », a-t-il expliqué.

M. Kenney a indiqué que les Albertains étaient conscients que le premier ministre Harper ne pouvait pas passer autant de temps à la maison en étant chef d’un parti national.

« Aucun chef de parti ne passe beaucoup de temps dans sa propre circonscription lors d’une élection fédérale parce qu’ils doivent représenter tout le pays. Les électeurs de M. Harper peuvent le voir à la télévision chaque jour pour savoir ce qu’il fait, ce qu’il dit », a-t-il souligné.

La ministre de la Diversification de l’économie de l’Ouest, Michelle Rempel, a passé des mois à faire du porte-à-porte dans son comté de Calgary et elle ne croit pas que l’élection du NPD à l’Assemblée législative de l’Alberta aura des effets sur le résultat au niveau fédéral.

« Le gouvernement conservateur [provincial] avait déposé un budget avec des hausses de taxes et les gens ne votent pas pour des conservateurs qui augmentent les taxes. La différence avec notre gouvernement [...] est que nous avons réduit le fardeau fiscal à son niveau le plus bas depuis 50 ans », a-t-elle affirmé.

David Taras croit que la région d’Edmonton sera particulièrement populaire auprès des chefs fédéraux, bien que les libéraux se soient également concentrés sur la circonscription de Calgary-Centre.

« Calgary sera davantage une escale sur le chemin de la Colombie-Britannique, mais je prédis que tous les chefs y seront », a-t-il conclu.

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