La vague orange ne reviendra pas, croit Duceppe

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, invite les citoyens à délaisser le vote stratégique pour voter pour ceux qui «partagent leurs idées», a-t-il répété dimanche.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, invite les citoyens à délaisser le vote stratégique pour voter pour ceux qui «partagent leurs idées», a-t-il répété dimanche.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a confirmé dimanche sa candidature dans Laurier–Sainte-Marie. Il devra, comme plusieurs candidats de son parti, regagner un siège devenu orange aux dernières élections, après cinq victoires bloquistes. La députée actuelle, Hélène Laverdière, se montre toutefois confiante.

« On va travailler très fort. Je ne tiens rien pour acquis, a admis Gilles Duceppe lors de sa conférence de presse tenue pour le lancement de sa campagne. Mais j’ai une assez bonne moyenne au bâton […], j’ai remporté cinq élections sur six. »

Le chef bloquiste ne croit d’ailleurs pas que la vague orange reviendra. « Celui qui nous a fait perdre beaucoup de comtés, ce n’est pas Thomas Mulcair. C’est Jack Layton. »

Il dit avoir choisi de se représenter dans la même circonscription parce qu’il y est attaché. « J’aime ce comté. J’ai rencontré l’exécutif ce matin. »

M. Duceppe s’est justifié quant à l’annonce tardive de la circonscription dans laquelle il se présente. « Ç’aurait été un grand manque de délicatesse [d’annoncer ma circonscription] avant de rencontrer mon exécutif. »

Il souhaitait faire l’annonce en début de campagne électorale et n’imaginait pas qu’elle arriverait si rapidement.

Plutôt que de parler de sa lutte locale, Hélène Laverdière, porte-parole du NPD en matière de développement international et porte-parole adjointe en matière d’affaires étrangères, préfère insister sur l’importance de voter pour son parti afin de déloger les conservateurs.

Désir de changement

 

« Peu importe qui est le candidat du Bloc québécois dans Laurier–Sainte-Marie, ce que j’entends sur le terrain, c’est que les citoyens veulent du changement à Ottawa. Il s’agit de l’enjeu principal de cette campagne, a-t-elle indiqué au Devoir.Les citoyens peuvent faire confiance [au] NPD pour défaire les conservateurs et remplacer Stephen Harper. »

Gilles Duceppe, quant à lui, invite les citoyens à délaisser le vote stratégique pour voter pour ceux qui « partagent leurs idées ».

Les autres formations politiques ont déjà annoncé l’identité de leurs candidats. Au Parti libéral du Canada, c’est Christine Poirier qui tentera de remporter cette circonscription montréalaise. Daniel Gaudreau représentera le Parti conservateur, et Cyrille Giraud, le Parti vert.

Gilles Duceppe a été le premier député élu de l’histoire du Bloc québécois en remportant l’élection partielle de 1990 dans la circonscription de Laurier–Sainte-Marie. Cette élection avait été déclenchée en raison du décès du député libéral Jean-Claude Malépart, qui représentait la circonscription. M. Duceppe avait réussi à dépasser son plus proche rival, Denis Coderre, qui s’était présenté sous la bannière libérale.

Les élections de 2011 ont toutefois marqué un jour noir pour M. Duceppe, puisque son parti est passé de 47 à 4 députés et qu’il a lui-même perdu sa circonscription. Il avait alors décidé de quitter son poste, avant de revenir prêter main-forte au parti en juin dernier.

«Les Canadiens méritent un premier ministre qui a l’expérience et le leadership nécessaires pour réparer les dommages causés par Stephen Harper»
Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a réservé dimanche presque toutes ses critiques à celui qu’il considère comme étant son «véritable adversaire», à savoir l’actuel premier ministre et chef du Parti conservateur du Canada, Stephen Harper.
Il a tout de même profité du lancement de sa campagne à Gatineau pour décocher cette flèche à son rival libéral. Il s’agit de la seule mention du chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, qu’a faite Thomas Mulcair au cours de cette première journée à saveur électorale.

Le député de Papineau a répliqué à cette attaque en affirmant que les Canadiens ne veulent pas «remplacer un plan raté par un mirage. […] Le plan de M. Harper a échoué et le plan de M. Mulcair n’est qu’un mirage.»


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