Une campagne sur invitation seulement pour Harper

Il faudra obtenir un ticket 24 heures à l’avance pour assister aux événements de Stephen Harper.
Photo: Larry MacDougal La Presse canadienne Il faudra obtenir un ticket 24 heures à l’avance pour assister aux événements de Stephen Harper.

Ne pourra pas applaudir Stephen Harper qui veut. Le Parti conservateur a confirmé vendredi que seules les personnes qui auront préalablement obtenu un ticket, au moins 24 heures à l’avance, pourront assister aux événements auxquels le chef prendra part pendant la campagne électorale. Ces personnes seront en général des militants ou des bénévoles. Les badauds et les simples curieux seront refoulés.


« Pour assister à un de nos événements, ce sera comme lors de nos précédentes campagnes : il faudra avoir un billet. Vous devrez avoir été invité et si vous n’avez pas de billet, alors vous n’entrez pas », a expliqué le porte-parole de la campagne conservatrice, Kory Teneycke. Il a indiqué que s’il s’agit d’un événement visant à remercier les bénévoles d’un candidat, ce seront ces bénévoles qui seront invités. Si c’est un événement destiné aux militants, les militants seront invités. Et si l’événement a lieu dans une usine, ses travailleurs y assisteront. « C’est conditionnel à la nature de l’événement. Alors dire que c’est une règle unique serait faux. »


En fait, dans les coulisses conservatrices, on reconnaît que le parti n’aspire pas à attirer les quidams. Les simples électeurs curieux devraient plutôt se rabattre sur les médias, explique-t-on. En 2011, l’accès aux événements de Stephen Harper avait fait couler beaucoup d’encre. Awish Aslam s’était vu refuser l’accès à un événement auquel elle s’était pourtant enregistrée après que des photos d’elle et du chef libéral d’alors, Michael Ignatieff, ont été trouvées par les organisateurs conservateurs sur son compte Facebook. Le Devoir avait vu de ses yeux des personnes âgées se faire interdire l’accès à un événement dont ils venaient d’apprendre le matin même la tenue dans leur localité.


La campagne électorale devrait être lancée ce dimanche, pour une durée historique de 79 jours. Si Kory Teneycke ne confirme pas cet échéancier, il se défend d’engendrer des coûts supplémentaires pour les contribuables. Les dépenses des partis politiques encourues pendant la campagne sont remboursables à 50 % par l’État, et les dépenses autorisées augmentent en fonction du nombre de jours de campagne. « Si tout le monde fait déjà campagne à temps plein, je suis d’avis qu’il est dans l’intérêt des contribuables de ne pas voler avec les challengers du gouvernement et plutôt voler avec le Parti conservateur et être en période électorale pendant laquelle les règles sont claires. »

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