Le nouveau juge Brown maîtrise le français, dit la Cour suprême

Au lendemain de la nomination du juge Russel Brown, de nombreux groupes francophones ont cherché à savoir s'il pouvait entendre des causes en français.<br />
Photo: Université de l'Alberta Au lendemain de la nomination du juge Russel Brown, de nombreux groupes francophones ont cherché à savoir s'il pouvait entendre des causes en français.

Nommé par Stephen Harper lundi soir, le nouveau juge de la Cour suprême Russell Brown parle bel et bien le français, a assuré mardi le plus haut tribunal au pays.

Au lendemain de la nomination du juge d’origine albertaine, de nombreux groupes francophones de cette province et d’ailleurs avaient cherché à savoir si le juriste pouvait comprendre le français et entendre des causes dans cette langue. L’Association des juristes d’expression française de l’Alberta avait d’abord fait savoir que le juge Brown ne figurait pas parmi ses effectifs et qu’il n’apparaissait pas non plus dans une liste de juges provinciaux pouvant entendre des causes en français. L’organisme a par la suite été en mesure de confirmer que c’est bel et bien le cas, ce qu’a confirmé plus tard la Cour suprême.

« M. le juge Brown peut lire, comprendre et parler le français sans interprète », a indiqué un porte-parole de la Cour suprême au Devoir.

De nombreux groupes au sein de la société civile, de même que le Parti libéral du Canada et le NPD, militent depuis de nombreuses années pour que la maîtrise des deux langues officielles devienne une compétence de base essentielle pour être nommé au tribunal de dernière instance, arguant qu’il est primordial pour les juges de comprendre la langue d’usage des intervenants dans le cadre d’un procès. D’autres estiment au contraire que cette obligation aurait pour effet de réduire considérablement le bassin de candidats potentiels. Le NPD a présenté plusieurs projets de loi à cet effet au fil des années, en vain jusqu’à maintenant.

4 commentaires
  • Hubert Larocque - Abonné 28 juillet 2015 21 h 31

    Est-ce identique: Parler français et rendre justice au Québec?

    Certes, parler français a son importance symbolique, mais très peu pratique quand on sait l'usage et l'étendue à peu près complète de l'anglais dans le système juridique canadien et dans l'ensemble des institutions fédérales.
    Là n'est pas la question puisque parler français pour la façade n'assure aucunement que les causes concernant le Québec y seront entendues de façon plus favorable.
    C'est même une impossibilité. Tout le monde sait que le Fédéral nomme les juges unilatéralement. De plus il ne choisit à ce poste de juge que des ultra-fédéralistes. Le problème, c'est la juridiction "suprême" de ladite Cour qui la fait à la fois "juge et partie", étant donné son identité ultime avec le Gouvernement fédéral. Son rôle consiste à rendre des jugements en tous points conformes à la volonté du fédéral et à la subordination à peu près complète des provinces à celui-ci. Même les juridictions les plus irréfutablement propres aux provinces canadiennes, quand elles sont examinées par la Cour suprême en ressortent mutilées, amoindries et subordonnées au pouvoir centralisateur et anglais d'Ottawa. La chose est sans doute normale pour les provinces anglaises qui, avec le Fédéral, ne sont que les paliers d'un même gouvernement, mais, appliquées au Québec comme nation distincte, elle équivaut à la subordination coloniale de celui-ci et à sa négation progressive par une extinction calculée de son caractère distinct.
    Aussi, est-il bien secondaire qu'un juge parle français ou anglais ou les deux. Le problème est ailleurs, dans l'institution même de la Cour suprême et dans le Régime dont celle-ci est la gardienne totale. Le fait que le Gouvernement de M. Couillard ne conteste pas son pouvoir ne nous surprend guère. Que le Parti Québécois l'accepte passivement et n'émette aucune réserve, même critique, indique bien qu'il ignore totalement quel est le chemin de l'Indépendance. Et par où il faudrait commencer.

  • Charles Talon - Abonné 29 juillet 2015 07 h 04

    M. Couillard qui est allé jusqu'à recommander aux travailleurs des chaînes de montage de parler anglais au cas où un client éventuel se présenterait, ne devrait pas contester cette exigence pour les juges de la cour suprême...
    Cette exigence (de bilinguisme) empêcherait des compétents unilingues de siéger? C'est un argument assez fallacieux... Il y a, semble-t-il dans ce pays deux langues officielles... Il va donc de soi que les officiels de ce pays doivent être là pour tous les citoyens... De toute façon, pour des gens brillants, la maîtrise d'une deuxième langue ne devrait pas être un gros problême...?

    Charles Talon

  • François Dugal - Inscrit 29 juillet 2015 08 h 10

    Crédible

    "Le nouveau juge Brown maîtrise le français, dit la Cour Suprême" : really?

  • Colette Pagé - Inscrite 29 juillet 2015 13 h 06

    La langue française aux orties. Seul compte l'adhésion du nouveau juge aux valeurs conservatrices de la Loi et l'Ordre !

    La question qui se pose : le nouveau juge a-t-il une connaissance suffisante du français pour entrendre une cause en français sans interprète et peut-il rédiger ses jugements en français avec toutes les nuances qu'exigent la maîtrise de la langue française ? Et si la réponse à cette interrogation est négative il est raisonnable de penser que dans un Canada qui se prétend bilingue, une leurre et une tromperie, cette nomination n'aurait jamais dû être faite. Mais de cette exigence le PM n'en a cure. Seul compte l'adhésion de ce nouveau juge aux valeurs conservatrices.