Elizabeth May et les verts aspirent à une campagne pancanadienne

La chef du Parti vert, Elizabeth May, était au Québec, dans la circonscription de son candidat-vedette JiCi Lauzon, lundi, pour dévoiler quelques éléments de la politique agricole qu’elle entend mettre de l’avant.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La chef du Parti vert, Elizabeth May, était au Québec, dans la circonscription de son candidat-vedette JiCi Lauzon, lundi, pour dévoiler quelques éléments de la politique agricole qu’elle entend mettre de l’avant.

Présenter des candidats dans toutes les circonscriptions du Québec, peut-être même du Canada : Elizabeth May voit grand en vue des élections fédérales de 2015, quatre années après son élection « historique » à la Chambre des communes à titre de première députée du Parti vert.

La chef des verts était à Boucherville lundi pour mettre de l’avant la candidature de sa recrue-vedette dans Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères, l’animateur, comédien et musicien JiCi Lauzon, et dévoiler sa nouvelle politique agricole.

Le parti estime qu’il est urgent de renforcer et d’élargir le mandat de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, éclaboussée par quelques scandales au cours des dernières années. Mme May a soutenu que ces incidents, tels que la découverte de viande contaminée à la listériose dans des épiceries de la région de Toronto, sont dus aux compressions imposées à l’organisme par le gouvernement Harper. L’agence se trouve dans une situation de perpétuel conflit d’intérêts, selon elle, forcée d’assurer la salubrité des aliments tout en faisant la promotion des aliments canadiens, tant ici qu’à l’étranger.

Nouveaux débuts

Elizabeth May le sait, le défi de sa formation politique au cours des prochains mois sera de démontrer qu’elle est davantage qu’un club d’écologistes. Forte de son expérience de parlementaire acquise depuis quatre ans, la députée de Saanich–Gulf Islands, en Colombie-Britannique, rappelle que sa formation a été de pratiquement tous les débats d’importance tenus aux communes et s’est assurée de faire valoir l’opinion des citoyens ayant l’environnement, mais aussi l’économie du pays à coeur.

Quoi de neuf pour les verts depuis le scrutin fédéral de 2011 ? Bien des choses. « On a maintenant un bilan parlementaire, et nous avons deux sièges aux Communes. On a donné des résultats. On a aussi effectué des percées provinciales en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard. […] On est le seul parti fédéral à avoir été contre les pipelines de sables bitumineux, et le développement pétrolier dans le golfe du Saint-Laurent. Nous avons un engagement différent, profond », dit-elle, en français. Sa formation parviendra à trouver des candidats pour chacune des circonscriptions du pays. 80 % des circonscriptions auraient déjà trouvé preneur, notamment par quelques candidats bien connus du public, tels que l’environnementaliste québécois Daniel Green.

Une campagne en français

Certaines choses changent, mais pas pour le mieux. Avec deux députés — dont Bruce Hyer, un transfuge du NPD —, la formation se retrouve exclue du débat des chefs diffusé à TVA, alors que Gilles Duceppe, chef non élu à la tête d’un parti comptant deux députés, sera de la partie. Mme May, qui a demandé au diffuseur de revoir sa décision, a réitéré sa requête lundi, sans succès.

Vedette-devenue-candidat, JiCi Lauzon a longuement vanté, lundi, les progrès de Mme May en français. Un fait qui saute aux yeux. Depuis quatre ans, la députée a travaillé avec acharnement pour maîtriser davantage l’autre langue officielle. Son équipe compte également de nombreux francophones.

Quoi qu’il en soit, tout n’est pas réglé à ce chapitre au Parti vert. Ainsi, le document portant sur la position du parti en ce qui a trait au Sénat n’était pas disponible en français en date de lundi, alors que la formation a publié ce texte il y a plus d’un mois… le jour de la Saint-Jean-Baptiste.

Le PV croit que le Sénat devrait faire l’objet d’une réforme, soumise aux Canadiens par la voie d’un référendum. Elizabeth May rappelle que Stephen Harper a nommé pas moins de 59 sénateurs avant de s’imposer un moratoire, et détient le record du nombre de nominations survenues en un seul jour. « Il a nommé 18 personnes la même journée. Le même jour, il a nommé Mike Duffy, Pamela Wallin, Patrick Brazeau… »

Mais il y a plus pressant que le Sénat. Pour combler le déficit démocratique, il faut réduire le pouvoir du bureau du premier ministre et se défaire du mode de scrutin uninominal à un tour au profit du vote proportionnel, dit-elle. Des changements qui ne nécessitent pas que l’on rouvre la Constitution et qui peuvent se régler par un simple vote aux Communes. Ne manque plus que la volonté des autres formations politiques.

5 commentaires
  • Guy Lafond - Abonné 28 juillet 2015 04 h 20

    Mon ami J.C.


    M. J.C. Lauzon a de très bonnes raisons d'appuyer le Parti vert.

    L'ascension de ce parti est progressive et constante.

    Et en effet, bravo à Mme Elizabeth May pour la persévérance dont elle fait preuve dans l'apprentissage de la seconde langue officielle du Canada!

    • Jean-Claude Lauzon - Abonné 29 juillet 2015 00 h 31

      Merci M. Lafond pour votre appui! La vision verte est une vision d'avenir!

  • Eric Lessard - Abonné 28 juillet 2015 06 h 26

    Le vote proportionnel

    Il est vrai qu'il serait important d'avoir un vote proportionnel car le système actuel peut engendrer de grandes distorsions.

    Par exemple, le parti conservateur pourrait être élu majoritaire même si 2 électeurs sur 3 votent contre lui.

    En même temps, on peut penser que le vote vert va nuire beaucoup au NPD car si le parti vert n'existait pas, la grande majorité de ses votes irait vers le NPD.

    Le vote progressiste sera tellement divisé qu'on risque fort de se retrouver avec très peu de changement, c'est à dire des résultats semblables à ceux des dernières élections.

    • Daniel Bérubé - Abonné 28 juillet 2015 11 h 34

      ... "Le vote progressiste sera tellement divisé... "

      C'est ce que je crains fortement moi-aussi...

    • Luc Falardeau - Abonné 28 juillet 2015 11 h 58

      Il y a aussi la possibilité que le prochain gouvernement soit minoritaire, avec des élections à date fixe. Situation plutôt enviable ou une collaboration véritable peut émerger entre les pouvoirs législatif (parlement) et exécutif (gouvernement).

      Autrement, notre prétendu régime parlementaire est marqué par la «prépondérance du gouvernement» et la discipline partisane.