Force jeunesse demande aux partis fédéraux de prôner un traitement équitable

Force jeunesse souhaite que tous les partis politiques se positionnent officiellement sur les clauses de disparité de traitement.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Force jeunesse souhaite que tous les partis politiques se positionnent officiellement sur les clauses de disparité de traitement.

Force jeunesse demande aux partis politiques fédéraux de s’opposer aux clauses de disparité de traitement, qui permettent aux employeurs de traiter différemment des travailleurs récemment embauchés. À l’aube de la campagne électorale fédérale, l’organisme souhaite voir quels partis se porteront à la défense des jeunes et des nouveaux arrivants qui « n’ont pas les mêmes acquis que leurs collègues ».

Ces employés sont les premiers touchés lorsqu’une entreprise vit des difficultés financières, déplore Nolywé Delannon, présidente de Force jeunesse.

« Nous avons été interpellés par de jeunes travailleurs à la fois au niveau provincial et fédéral, relate la présidente. Certains d’entre eux ont des salaires inférieurs à ceux de leurs prédécesseurs à leur entrée en poste, des échelles salariales moins avantageuses ou sont exclus partiellement ou complètement de certains régimes d’assurance collective. »

Force jeunesse estime que les entreprises se doivent d’être équitables envers tous leurs travailleurs, même en période de difficultés financières. Elles devraient donc réduire les régimes de retraite de tous leurs employés, ou d’aucun d’entre eux. Désavantager une seule catégorie de travailleurs, comme ceux embauchés après une date déterminée, est « discriminatoire » à ses yeux.

L’organisme demande que la partie III du Code canadien du travail soit amendée pour y ajouter une disposition qui interdit les clauses de disparité de traitement dans les entreprises de juridiction fédérale, puis que soit conçu et appliqué un plan d’action pour assurer le respect de l’amendement.

Les entreprises de juridiction fédérale représentent 135 000 travailleurs qui travaillent notamment pour des radiodiffuseurs, des banques et des entreprises de chemins de fer, tient à rappeler la présidente.

Réponses attendues

L’hiver dernier, Force jeunesse a remis au chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, un document présentant sa position sur les clauses de disparité de traitement.

« Il s’est montré réceptif, indique la porte-parole de Force jeunesse. Nous espérons que nos revendications donnent lieu à un positionnement de ce parti lors de la campagne. »

Marc-André Viau, porte-parole du NPD, a indiqué au Devoir que le parti est « ouvert aux revendications de Force jeunesse ». Il a ajouté que même si le parti n’a « pas encore pris d’engagement en ce qui concerne les clauses » de disparité de traitement, il a démontré sa « détermination » à « agir afin de favoriser l’essor économique des jeunes ». M. Viau fait référence à un projet de loi déposé par le député Andrew Cash en 2013 qui visait les emplois précaires et les stages non rémunérés.

Force jeunesse souhaite que tous les partis politiques se positionnent officiellement sur ce sujet. Chacun d’entre eux recevra le document remis au NPD. Mme Delannon indique que son équipe a abordé le sujet de façon informelle avec tous les partis.

Mme Delannon anticipe que certains partis ne seront pas facilement convaincus, comme le Parti conservateur du Canada. « Certains sont plus hostiles aux changements législatifs. Peu importe quelle méthode les partis préconisent, on veut des résultats. »

L’organisme souhaite rallier d’autres regroupements de jeunes Canadiens à sa lutte.

Le débat sur les clauses de disparité de traitement a battu son plein au Québec en 1998 et a mené à des modifications à la Loi sur les normes du travail en 2000. Tout n’est pourtant pas réglé, indique Mme Delannon, ce pour quoi l’organisme mènera en parallèle une lutte provinciale, notamment lors des consultations en vue d’une nouvelle politique québécoise sur la jeunesse.

En raison d’un flou dans l’interprétation du mot « salaire », une « discrimination » touche les régimes de retraite et d’assurance collective des plus jeunes,note la présidente, et ce, malgré l’interdiction législative.

Des statistiques dévoilées par la FTQ en 2013 montrent en effet que 14,3 % des 6746 conventions collectives étudiées comportaient des clauses de disparité de traitement.