Justin Trudeau a le NPD dans sa mire

De passage au Cosmodome de Laval pour un événement de pré-campagne, Justin Trudeau a rappelé que son parti a l’intention de fournir un nouveau type de prestation.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir De passage au Cosmodome de Laval pour un événement de pré-campagne, Justin Trudeau a rappelé que son parti a l’intention de fournir un nouveau type de prestation.

Thomas Mulcair doit expliquer aux Canadiens pourquoi la barre du 50 % + 1 suffirait, s’il est élu, pour que le Québec accède à la souveraineté à la suite d’un éventuel référendum, croit Justin Trudeau.

Troisième dans les sondages à l’échelle canadienne, quatrième au Québec derrière le Bloc québécois de Gilles Duceppe selon un récent coup de sonde, le chef libéral s’attaque désormais directement à son opposant néodémocrate, après avoir répété à maintes reprises que son seul adversaire est Stephen Harper. Il s’en est pris à la position du Nouveau Parti démocratique à l’égard de la séparation du Québec, mardi, au cours d’un événement préélectoral au Cosmodôme de Laval.

Questionné à savoir si la popularité du NPD au Québec pouvait s’expliquer par le fait que la formation n’hésite pas à solliciter les appuis d’électeurs souverainistes, Justin Trudeau a répliqué que M. Mulcair devra préciser pourquoi son parti ne « partage pas l’avis de la Cour suprême » au sujet des critères pouvant mener à l’indépendance du Québec.

Après dix années d’un gouvernement en constante dispute avec la Cour suprême, les Canadiens n’ont pas envie d’un gouvernement qui contredirait une fois de plus le plus haut tribunal au pays, a-t-il ajouté. En 1998, la Cour suprême avait statué qu’un résultat référendaire devrait être dépourvu d’ambiguïté. Justin Trudeau laisse entendre qu’une majorité simple serait insuffisante afin que le Canada accepte de négocier la sécession d’une province.

« Je ne crois pas que personne ne va jamais accuser un libéral nommé Trudeau d’avoir peur de s’en prendre aux souverainistes », a dit le chef du troisième parti aux Communes, en anglais. « La réalité, c’est que les gens connaissent très bien ma position sur l’unité du pays », a-t-il ajouté en français.

Thomas Mulcair doit pour sa part « expliquer en quoi il est en désaccord avec la Cour au sujet de l’unité du pays », dit-il. En 2005, le NPD a adopté sa Déclaration de Sherbrooke, dans laquelle le parti endossait notamment le principe voulant qu’Ottawa reconnaisse un référendum gagnant au Québec avec une majorité simple (50 % + 1 vote) en faveur de la souveraineté, une position qui agace ailleurs au pays.

La veille, alors qu’il amorçait une tournée préélectorale de huit jours en Ontario, Thomas Mulcair s’était retrouvé sur la défensive pour cette raison. Il s’en était alors pris aux libéraux, les accusant d’avoir « abandonné » les Québécois et de vouloir alimenter de vieilles disputes.

Trudeau ne touchera pas sa PUGE

Pas de Prestation universelle pour garde d’enfants (PUGE) pour Justin Trudeau, a par ailleurs soutenu le chef libéral. Ce dernier n’a pas l’intention de bénéficier du chèque acheminé lundi par le gouvernement Harper aux familles canadiennes.

Le père de trois enfants a affirmé que sa famille et celle de Stephen Harper n’avaient pas besoin de cette nouvelle prestation, compte tenu de leur situation financière.

Il a affirmé avoir l’intention de « donner en charité » (sic) son chèque pouvant atteindre 420 $ ou 520 $, un « cadeau » qualifié de « Noël en juillet » par des ministres conservateurs au cours des derniers jours.

M. Trudeau a rappelé que son parti a l’intention de fournir un nouveau type de prestation, qui s’avérerait plus payante pour la plupart des familles. En contrepartie, celles ayant des revenus annuels supérieurs à 200 000 $ ne toucheraient pas un cent. La PUGE des conservateurs bénéficie à toutes les familles avec enfant, peu importe leurs revenus.

Libéraux en mal d’amour

Dans les rangs libéraux, c’est surtout l’impopularité croissante du parti qui retient l’attention au cours des dernières semaines. Justin Trudeau affirme ne pas s’en faire. « C’est l’été, les gens sont intéressés par autre chose, selon lui. Les gens passent du temps au chalet, en famille, ils ne sont pas branchés sur les détails de la politique fédérale. »

« Les sondages montent, et les sondages baissent », a-t-il ajouté au sujet des résultats peu favorables à sa formation. Il reste encore beaucoup de temps, à son avis, pour convaincre les électeurs. « Il y a vraiment un engouement sur le terrain », selon le candidat dans Papineau.

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