Paul Martin s’en prend au gouvernement Harper

L’ancien premier ministre libéral Paul Martin a condamné l’inaction du gouvernement conservateur pour le sous-financement des écoles autochtones, qui privent ces enfants de chances réelles de réussite.

« C’est moralement mal », a-t-il lancé lors d’un discours présenté à la réunion générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations (APN), qui s’est terminée jeudi à Montréal.

Selon lui, l’argent nécessaire pour avoir des écoles autochtones similaires aux autres au pays est bien moindre que ce que coûteront toutes les vies de ces jeunes gâchées par le décrochage scolaire, le chômage et le suicide.

Il est inadmissible que deux enfants de six ans vivant à quelques kilomètres de distance, l’un vivant dans une réserve mais l’autre non, n’aient pas les mêmes chances et que l’un d’eux reçoive beaucoup moins, a illustré l’ancien chef du gouvernement fédéral.

Son discours a été accueilli par une ovation. L’ancien premier ministre avait négocié avec les Premières Nations ce qui est devenu en 2006 l’Accord de Kelowna, qui comportait de nombreuses mesures pour réduire les inégalités entre les peuples autochtones et les non-autochtones, notamment en éducation. Le plan libéral de 5 milliards de dollars n’a pas été mis en oeuvre par le gouvernement conservateur qui a pris le pouvoir l’année suivante.

Le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, qui n’a pas assisté à l’assemblée annuelle de l’APN, a transmis un courriel pour dire que Paul Martin « y allait un peu fort ». Il a rappelé que c’est M. Martin qui avait imposé un plafond de 2 % en 1996 aux transferts fédéraux faits aux Premières Nations pour l’éducation. M. Martin avait expliqué plus tôt en journée que le plafond de 2 %, qui est dénoncé par les autochtones, ne devait être qu’une mesure temporaire.

5 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 juillet 2015 06 h 45

    Différence

    Où est la différence entre parquer les jeunes autochtones dans des «collèges» comme ça se faisait dans le temps et les englober dans des écoles avec des jeunes blancs ?

    Est-ce que quelqu'un a posé la question aux parents autochtones sur ce que «eux» désiraient pour leurs enfants ? Ont-ils pris la décision de «noyer» leurs enfants dans la «culture» des blancs et de faire «doucement» ce qu'ils ont subi «violemment» ? Ont-ils décidé de disparaitre «à petite dose» en se fondant dans la masse (comme certains québécois) ?

    Tant que le porte-parole sera un blanc, je douterai du message. Et tant que je n'entendrai pas un autochtone, je douterai de leurs intentions.

    PL

  • Micheline Dionne - Inscrite 10 juillet 2015 07 h 04

    quel mode de contrôle??

    J'aimerais savoir si le gouvernement fédéral possède le contrôle des fonds qu'il accorde aux Autochtones? Comme on disait à l'époque: OÙ va réellement l'argent???

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 juillet 2015 11 h 27

      «OÙ va réellement l'argent???»
      L'histoire nous apprend que lorsque l'argent est rendu au bout du processus, il en reste beucoup moins qu'au départ à cause de toutes ces mains (souvent de blancs) qui ont pigé dans le plat à bonbon.

      PL

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 10 juillet 2015 09 h 20

    M., Martin n'y va pas encore assez fort.

    Toujours le même discours d'un ministre conservateur: l'autre, le libéral d'hier, aurait fait quelque chose de semblable, lit-on. Mais, s'agit-il réellement de la même chose ? Plafonner temporairement de l'aide et ne pas appliquer un traité portant sur l'éducation? Ne pas appliquer un traité susceptible de réduire les inégalités de nations réellement inégales et confiées depuis des siècles à la protection du gouvernement fédéral. Quelle misère.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 11 juillet 2015 06 h 53

      Sur toutes les années où il y eu négociation entre le fédéral et les premières nations, combien d'entre elles avaient les libéraux au pouvoir ? Étrangement, les premières nations se plaignent de toujours la même chose : Être délaissée.

      Nous ne pouvons blâmer «un» des partis de ce que font ou ne font pas «tous» les partis. Bien sur ceux qui ne sont pas au pouvoir vont blâmer celui qui l’est, mais comme le pouvoir, les blâmes sont interchangeables selon la position occupée, mais les solutions toujours absentes.

      De toutes façon, faites de la politique tant que vous voulez messieurs les politiciens, les autochtones ne s’entendront que par «Traité» et qu’avec la reine, car ils dépendent directement du Trône. Ce sera toujours leur dernier argument : «Vous n’avez pas juridiction». Au pied de la lettre juridique, ils ne sont même pas canadiens, ils sont les «Premières nations».

      Ils ne sont «subordonnés» à aucun gouvernement. Ils font affaire directement avec la première autorité de «l’autre nation» : La Reine.
      Cet élément «fondamentalement historique», ils ne le laisseront jamais disparaitre.

      PL